De leur pas trainant, trois aristos descendaient un long corridor aux murs couverts de portraits de souverains des siècles passés. Ils avaient l'air totalement perdus. À l'autre bout du couloir, Ushijima les attendait, un garde à son côté. À part un léger voile rouge au niveau des pommettes, Ushijima était d'une pâleur à faire peur. Absolument livide.
Il leva la main et cira d'une voix claire et ferme :
- Stop !
Un des membres de la famille royale grogna. Le jeune homme avec la mine boursouflée. Un fils de duc. Connu jadis pour ses frasques et son goût immodéré de la fête, mais qui, aujourd'hui, n'était plus qu'une épave vacillante mue par un cortex à ce point rongé par le mal que l'on pouvait à peine encore parler de cerveau. Sa boîte crânienne ne renfermait plus qu'un inextricable enchevêtrement de terminaisons nerveuses, plus ou moins endommagées, qui s'activaient de manière aléatoire comme l'aurait fait un tableau électrique sur lequel quelqu'un aurait jeté un seau d'eau.
Il continua de marcher.
- Je vous ordonne de vous arrêter ! redit Ushijima, plus fort que la première fois et sans davantage de succès.
Les aristos poursuivaient leur chaotique marche en avant. Les jambes raides. Les yeux rouges. Un souffle chuintant s'échappant de leurs gorges.
Terrorisé, le garde se tourna vers son chef.
- Ils ne vont pas s'arrêter, dit-il d'une voix tremblante.
- Oh que si, coupa Ushijima.
Et il avança d'un pas. Pour toute réponse, le jeune aristocrate accéléra l'allure, les bras tendus, la bouche grande ouverte, la bave aux lèvres. Il en sécrétait tellement que sa chemise crasseuse était trempée de salive.
Une déflagration assourdissante secoua les murs du corridor, soudain envahi de fumée. Le jeune aristocrate s'effondra. Une balle dans le crâne.
- Crétin ! beugla Ushijima en arrachant le fusil des mains du garde. C'était le fils du Duc ! (D'un coup de crosse il envoya le fautif au tapis.) Espèce d'abruti, tu veux tous les buter ou quoi ? On a besoin d'eux vivants. Ils sont pas dangereux, bon sang !
Une duchesse d'une cinquantaine d'années attrapa Ushijima par la manche. Celui-ci la repoussa rageusement et elle alla s'emplâtrer sur un mur.
Attrapant son garde tremblant de peur par les épaules, Ushijima le força à se relever.
- Pour l'amour du ciel, refous-les dans leur chambre ! En essayant de pas te faire mordre.
C'est alors que Azumane et Satori apparurent au fond du couloir.
- Aucun signe des autres ? demanda ce dernier en se précipitant vers son chef.
- Pas encore. Mais c'est qu'une question de temps. Ils n'ont pas pu aller bien loin. Trop stupides. Ce qui m'étonne, c'est comment ils ont fait pour sortir.
- La porte a été forcée, expliqua Tendō.
- Personne n'était en faction ?
- Pas que je sache. Ils ne sont pas gardés en permanence. En plus, avec deux de nos gars en poste à l'infirmerie...
- Donc, quelqu'un les a fait sortir ?
- Il semblerait.
- Les squatteurs ?
- Comment savoir ? dit Satori avec une moue dubitative. Ça pourrait aussi bien être un coup des Holloway. Peut-être qu'ils préparent quelque chose.
- Tendō, je veux absolument que tu trouves qui a fait ça. Le ou les coupables ne resteront pas impunis, crois-moi. Ils seront châtiés comme il se doit.
- Entendu.
- Mais, bordel, où est passé Taichi ?
- La dernière fois que je l'ai vu, il allait à la salle de bal.
- Bon, très bien. Viens avec moi, dit Ushijima, et il remonta le couloir à grands pas.
- Où on va ? demanda Satori en trottinant à sa suite.
- À la salle de bal.
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ENEMY
FanfictionL'épidémie a frappé tous ceux qui avaient vingt-deux ans passés. D'abord elle les a rendus fous. Ensuite elle a ravagé leurs corps. Et les a transformés en zombis terrifiants. Attention, certaines scènes peuvent choquer. UA Haikyuu Histoire lon...
