Chapitre 3- (2/2)

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✈️

Gabriel

Elle n'était vraiment pas du matin. Je n'étais pas du soir. Les contraires pouvaient-ils s'attirer ? Vu l'expression sur son visage, la réponse était " pas du tout".

L'hôtesse proposa au petit dragon un café. Elle la remercia en français. À ces mots, je me pinçai les lèvres.

Je n'aimais pas cette langue. Ma sœur aînée, ou demi-sœur pour être plus précis, Mathilde, l'utilisait sans arrêt et surtout, quand nous étions jeunes, pour se moquer de moi. La mère de Mathilde, Catherine, était la première épouse française de mon père. Ma grande sœur venait nous rejoindre un mois en été, le pire mois de l'année. Nous n'avions jamais eu de bonnes relations. Cela arrivait parfois dans les familles recomposées mais avec le temps, entre nous, rien ne s'était amélioré. Les rencontres familiales étaient très compliquées .Mon père se sentait coupable de ne pas l'avoir élevée comme ses deux autres fils. Elle avait fait des études de droit, et aujourd'hui, elle était responsable du pôle juridique du groupe Keys en Europe. Quant à mon tour, je fis mon entrée dans la société familiale, je devins assez rapidement le successeur naturel de mon père. L'animosité de Mathilde, de quatre ans mon aînée, s'en renforça. Ce week-end, elle serait là. J'espérais qu'elle ne ferait pas le lien entre la fille à mes côtés et la femme embauchée pour le dîner avec les Marceau. Je comptais sur le fait que c'était le nom de Diane sur les papiers du contrat, et non le prénom de Camille. Si elle me posait des questions, je lui dirais que je voulais tout d'abord présenter Camille à mon père avant de la faire assister à un repas d'affaires important. J'avais sorti le même mensonge à Sasha. Si elle m'avait cru, il en serait pareil pour Mathilde.

« Vous êtes addicte au café ?»

Elle reposa sa tasse à l'effigie de la société Keys, une clé ancienne en or sur fond blanc, et me scruta.

- Je ne suis pas du matin et pour me réveiller je cours une demi-heure tous les jours sans exception. Vous m'avez privée d'un réveil sain alors je vais effectivement vider tout votre stock de caféine. Cela ne me pose pas de problèmes. 

Je levai ma main en signe de résignation.

« Vous ne m'avez pas quémandée pour que je vous défende contre votre arriviste d'assistante. Qu'attendez-vous de moi ?

- Sasha n'est pas une arriviste, m'exclamai-je tandis que Camille fronçait les sourcils en guise de désaccord. Elle est très impliquée. Vos allusions sont hors de propos.

- Pourquoi suis-je ici Gabriel ? »

La voix de la jeune femme s'était légèrement faite plus douce. Comme à son habitude, elle venait de clore le débat tout en maintenant ses positions. Encore une preuve si nécessaire qu'elle serait parfaite pour le contrôler.

- J'ai besoin d'une baby-sitter pour le week-end. 

Elle faillit s'étouffer en avalant de travers une énième gorgée de café. De mon côté, je tentai difficilement de contrôler mon fou rire à la vue de ses yeux écarquillés.

- Vous allez me payer une fortune pour du baby-sitting. Êtes-vous sérieux ? cracha-t-elle.

J'étais ravi. Pour une fois, c'était moi qui l'avais déstabilisée. La louve avait sorti ses crocs mais dans cette espace clos, elle ne pouvait plus fuir.

- Je n'ai pas la fibre maternelle. Je n'ai pas d'enfants, je n'ai jamais aimé les marmots et je ne veux pas avoir de gamin. Je ne garderai pas votre gosse de riches.

- Vous serez parfaite. Vous arrivez à me tenir tête. Vous arriverez à le gérer.

- Faites demi-tour, tout de suite !

- Vous n'allez pas garder un nourrisson, Camille, mais un petit frère assez turbulent.

- Et j'aurai le droit de l'attacher devant la télévision pendant des heures.

Elle soupira. Puis soudain, elle éclata de rire comprenant son erreur. Mes yeux hilares lui donnaient raison.

- Votre frère a presque mon âge, s'exclama-t-elle. Vous m'avez bien eue. Il n'a pas besoin d'être gardé.

- Il en a grand besoin au contraire. Il est absolument nécessaire qu'il soit canalisé, qu'il ne fasse pas trop de vagues. Nous sommes tous réunis pour les soixante ans de notre père. Il y aura une petite fête demain soir. Je ne veux pas qu'il invite la moitié de l'île. Je souhaite aussi dimanche matin sa présence à une réunion, et non le retrouver à cuver dans un Night-Club ou sur une plage.

- Voilà une mission nettement plus intéressante. Je maintiens mes tarifs, plus une prime de réussite. Je continue à vous valoriser et je gère votre turbulent enfant. Les règles demeurent identiques : pas de rapprochements physiques entre nous, dit-elle en faisant allusion au baiser du hall de l'hôtel. Sinon, je vous abandonne.

- C'est vous qui m'avez embrassé la première.

- Je sais me retenir. Votre cou, ce n'est pas mes lèvres. Mes règles s'appliquent aussi à votre frère.

- Les hommes ne sont pas tous des pervers.

Elle me regarda dubitative. Soudain, elle se pencha et retira ses bottines. Elle se leva et défit son pantalon sous mes yeux ahuris, incapable de me détourner de ce spectacle. Son pull cachait encore ses fesses, mais j'avais une vue imprenable sur ses longues jambes.

- Mais que faites-vous ?

Elle ne me quitta pas du regard, retira son pull puis son top se retrouvant devant moi en sous-vêtements sexy. Un boxer à dentelle blanche soulignait ses courbes : des cuisses fermes, des fesses à caresser, un ventre plat à embrasser et cette poitrine. Une poitrine généreuse maintenue par un soutien-gorge en dentelle. C'était un appel à la luxure. Plus aucun mot ne sortait de ma bouche. Mon corps tout entier était tendu face à cette déesse, et mon souffle s'accéléra. Provocante, elle se retourna et se pencha pour attraper quelque chose dans son sac. Ses fesses musclées confirmaient son addiction au sport. Enfin, elle se couvrit d'un combi short mettant fin à cette délicieuse torture. Après ce strip-tease improvisé, elle reprit sa place et me fixa de son intense regard vert, ce regard castrateur qui me renvoyait à un statut de petit garçon pris en faute. C'était une maîtresse femme.

- J'ai un petit frère et quand je me change devant lui, il n'a pas les mêmes réactions que vous. Les hommes n'ont pas tous l'esprit mal placé. Enfin, je n'en connais que deux : mon père et mon frère. Quand je vous rappelle de respecter mes règles, je suis très sérieuse, Monsieur Keys.

Elle me provoquait et à dire vrai, j'aimais cela. J'étais trop souvent face à des personnes mielleuses. Cette fille était vraiment imprévisible. Raphaël allait l'adorer. Elle saurait le dompter. Ce week-end promettait d'être très intéressant.

Tiens-toi prêt, petit frère ! J 'ai trouvé ton maître.

🌹

Nous quittons le sol américain pour atterrir en République Dominicaine. Bon voyage !

Une dernier info: prépare toi à avoir chaud, très chaud !

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On se retrouve au chapitre 4.

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