Chapitre 7

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  Je passe mes mains sur mon visage et prends une grande inspiration pour essayer de calmer les battements effrénés de mon coeur. Dans quelle merde je me suis foutue ? J'ai pas signé pour ça moi.    Je regarde par la fenêtre et sursaute quand une branche tape violemment contre la vitre.

-Où est-ce qu'on va ? Tu pourrais au moins répondre à cette question.

  Il me lance un regard en coin et soupire.

-Je t'emmène dans un endroit où tu seras en sécurité.

-Mais pourquoi faut-il que je sois en sécurité ? Quelqu’un en a après moi, c’est ça ?

  Il ne me répond pas et j'ai compris qu'il ne servait à rien que j'insiste. Je ne fais que de penser à mon frère et j'espère juste qu’il est en sécurité là où il est. La mienne importe peu si celle de mon frère est menacée.

  Au bout d'une bonne heure à conduire dans cette fichue forêt il s'arrête brusquement et descend de la voiture. Qu'est-ce qu'il fout, là ? Il est au courant qu'on est au plein milieu d'une jungle et que j'ai peur des insectes ? Ces petites bêtes qui montent partout me foutent la chair de poule. Je le suis du regard et je me maudis intérieurement pour l'avoir suivie jusqu'ici. Je ferme longuement les yeux et prend une grande inspiration pour calmer la montée de lave dans mes veines.

-Tu viens ou quoi ?

  Je rouvre les yeux et soupire. Si je dois rester avec lui, il va falloir que je me mette au Yoga si je veux maintenir un équilibre mental sain. Je regarde tout autour de moi et remarque un petit chalet caché entre les grands arbres. J'espère juste que les petites bêtes n'ont pas élues domicile dans cet endroit. Mes yeux se posent sur Alec qui sort ma valise du coffre et deux autres sacs troués de partout. Son regard croise le mien et il ne me lâche plus pendant plusieurs secondes. Mon coeur bat à la chamade et je n'arrive pas à détacher le regard de ses yeux verts étincelants.

-Prend ces deux là, elles sont légères, dit-il en tendant deux armes.

  Il rompt le charme juste en ouvrant la bouche.

-Merci pour cette touchante attention, dis-je d'un ton ironique en attrapant les deux armes.

  Je le regarde prendre les deux autres et les planquer dans son jean noir. Il porte ma valise comme si elle n'était pas lourde et me frôle pour se diriger vers le chalet. Je soupire et le suis de près en baladant mon regard sur son corps. Et sur ses fesses galbées. Pourquoi faut-il toujours que les mauvais mecs aient de belles fesses ? Il a fallu qu'il se retourne, juste au moment où je regardais le bas de son dos. Il fronce légèrement les sourcils, réprimant un léger sourire et secoue sa tête. Quand je dis que j'ai une chance de cocue, c'est pas des conneries. Il doit me prendre pour une de ces filles qui se jettent à ses pieds à tout bout de champs. Hors de question qu'il pense une telle chose de moi, parce que c'est faux. Je ne me jetterais jamais à ses pieds et son expression pleine de suffisance m’agace au plus haut point.

  Il ouvre la porte en y donnant un grand coup de pied, ce qui me surprend d'abord, puis je me rappelle qu'il s'agit d'Alec et que ça ne devrait plus m'étonner. Je hausse les sourcils en voyant que ce lieu n'est qu'une grande pièce en bois, séparée par un vieux bar qui délimite la cuisine. Je tente de rester calme mais des tonnes de questions me passent par la tête. Je reste plantée dans l’entrée et regarde Alec s’activer dans la cuisine. Je me demande à qui appartient ce lieu d'apparence abandonné, même si Alec à l'air de le connaître plutôt bien. En promenant mes doigts contre le mur en bois, je suppose qu'il s'agit d'une planque.

-C'est quoi cet endroit ? Demandais-je en passant ma mon index sur une étagère poussiéreuse.

  Il ne répond pas et m'ignore totalement. Je soupire et me laisse tomber sur un fauteuil poussiéreux, observant Alec attentivement. Je ne sais pas ce qu'il se trame dehors ni dans sa tête d'ailleurs, mais j'ai l'impression d'être tenue à l'écart et ça ne me plaît pas. Je ne sais pas où est mon frère, ni pourquoi Alec a retourné son bureau tout à l'heure, et encore moins pourquoi nous fuyons. Qu'est-ce qu'on fuit, déjà ? Je fronce le sourcils en le regardant s'acharner à fouiller dans ses sacs.

INCANDESCENCEOù les histoires vivent. Découvrez maintenant