Chapitre 58

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Il tourne la clé dans la serrure de notre chambre, dans ce petit motel trouvé au dernier moment avant de soupirer en jetant son arme et son téléphone sur le lit. Je soupire aussi, ravie à l'idée de dormir dans un lit et non sur un siège de voiture. Après toutes ces heures de route, il était temps qu'on s'arrête. Je jette un regard à Alec, qui semble infatigable et je me demande comme il fait pour toujours garder son sang-froid même quand les heures de sommeils sont inexistantes. Je m'avance vers la fenêtre pour voir la vue mais je déchante rapidement. La fenêtre donne sur l'arrière du motel, sur les poubelles et les pneus dégonflés. Alec m'a habitué à mieux, mais je suppose qu'il n'avait plus envie de rouler plus longtemps pour peut-être dormir dans un vrai hôtel. Je vais devoir me satisfaire de cette vue. J'allais faire une vanne sarcastique sur le motel mais la sonnerie du téléphone d'Alec me devance. Je me tourne vers lui et le voit froncer les sourcils en décrochant. Evidemment, il se met à parler portugais, et ma carence sur la connaissance de cette langue m'empêche de comprendre ce qu'il dit. Il passe sa main libre dans ses cheveux et fait tourner une bouclette autour de son doigt en hochant la tête. J'adore quand il parle portugais, son accent le rend ténébreux et incroyablement séduisant, bien que son accent américain n'est pas si mal non plus.

Quand il raccroche il se tourne directement vers moi.

-Finalement, c'était plus facile que prévu de trouver Pedro.

Je m'assois sur le bord du lit et le regarde s'avancer vers moi.

-Où est-ce qu'il est ?

-Dans un de ses clubs. Dit-il en retirant son t-shirt, encore. Du coup demain soir, on iras au "Hypnotica" et je me ferais passer pour un acheteur potentiel, je verrais comment ça se passe là-bas.

-Et moi, je fais quoi ? Dis-je en fronçant les sourcils, luttant tant bien que mal contre l'idée de passer mes mains sur ses tatouages qui subliment ses muscles.

Il me tend son téléphone sans rien et dire et mon regard dévie de son visage au portable que j'attrape. Je fronce les sourcils en faisant défiler les deux photos.

-Ce sont de faux passeports ?

Il hoche la tête et sourit légèrement.

-Plus vrais que nature, non ? Tu utiliseras ce nom demain soir, pour faciliter ta couverture.

-Alice Benetti ? C'est le faux nom de Leila. Et puis, j'aurais préféré choisir mon prénom, je n'aime pas trop Alice, je trouve que ça fait-

-Lors de la soirée masquée, Carbelo et moi avons parlés affaires, dit-il en me coupant la parole.

J'hoche la tête en me souvenant surtout d'avoir trop bu ce soir là. Je passe ma main dans mes cheveux en soupirant.

-Ouais vous êtes partis en pleine conversation, je m'en rappelle.

-Réfléchis bien à ce que je vais te dire. Tu te souviens m'avoir dis qu'Alessio avait vendu quelque chose à Pedro, sans trop savoir quoi exactement ? Et bien je suis prêt à parier que la réponse est sur la clé, et c'est pour cette raison qu'il voulait t'envoyer là-bas. Il voulait t'y envoyer seule pour que tu donnes cette clé à Pedro, mais tu as insisté pour que Taryn t'accompagne. Mais ce que tu ne sais pas, c'est que quelques semaines plus tôt, Taryn a été à l'origine d'une fusillade dans l'un des bars de Pedro sous le commandement de ton frère. Tout ce qu'il avait à faire, c'était de le menacer et le forcer à faire un pacte avec Alessio et Carbelo pour avoir la liste des potentiels clients de Pedro. Tu comprends ?

Je plisse le regard et tout s'assimile assez rapidement dans ma tête.

-Donc ils travaillent tous les trois ensemble. Par conséquent, si on touche à Pedro, on touchera indirectement Carbelo et mon frère.

INCANDESCENCEOù les histoires vivent. Découvrez maintenant