PDV Alec
Quand je vois l'aéroport au loin, mon coeur se serre violemment. Je lance un regard à Drogo dans le rétroviseur, mais il dort toujours comme un gosse depuis que nous sommes parties de la Favela. Je soupire et tapote mes doigts contre le volant. Le sang bat dans mes tempes et j'ai cette perpétuelle tension sur la poitrine. J'essaie de rouler le plus lentement possible, mais je sais que je ne peux pas retarder son départ. Je tourne ma tête vers Sara et pose ma main sur sa cuisse. Elle observe l'aéroport bondé de monde par la fenêtre, l'air pensive. Sa peau se couvre de chair de poule au contact de mes doigts, mais je sais que j'en suis pas l'origine. Il est encore tôt et il fait frais à l'intérieur de la voiture. Elle ne réagit pas à ma caresse et je fronce les sourcils. D'habitude, elle aurait rougit ou réprimé un sourire, mais là c'est comme si elle était morte.
-Comment tu te sens ?
Elle hausse les épaules et sans détourner le regard de la fenêtre, elle dit :
-C'est plutôt à toi que je devrais demander ça.
-Pourquoi ?
Elle plonge ses yeux sombre dans les miens, me faisant détourner le regard. Je me concentre sur la route et cherche une place de parking.
-Tu ne voulais plus que je m'en aille, hier soir. Tu as déjà oublié ?
Je serre un peu plus mes doigts autour du cuir du volant. Du coin de l'oeil je la vois pointer du doigt une place vacante.
-Il y a une place de libre, juste là.
J'avais espérer qu'elle ne la remarque pas, pour que je puisse la garder encore un peu dans la voiture avec moi. Je soupire et me gare. Quand j'arrête le moteur, je reste assis, fixant droit devant moi. Est-ce que je vais vraiment faire ça ? Putain, elle va prendre l'avion dans moins de deux heures et elle ne sera plus là, près de moi. Est-ce que si j'appelle l'aéroport et dis qu'il y a un colis suspect dans la zone d'embarquement, Sara raterait son avion ? C'est sûrement une mauvaise idée et Sara flipperait. A moins qu'elle ne sache immédiatement que je suis la cause de ce chahut. Je suis pathétique.
-Alec, il faut qu'on y aille.
Sa voix me sort de mes pensées douloureuses. Je ne veux plus que tu y ailles. C'est elle qui me rend misérable quand je l'imagine dans ce foutu avion. Je hoche la tête et sors de la voiture, le coeur serrer. Je toque contre la vitre de la voiture pour réveiller Drogo, mais il dort toujours profondément, et ça m'énerve. Je tape plus fort et avec ma paume, mais Sara m'attrape le bras et me tire légèrement vers elle. Je ne me suis même pas rendu compte que tout le monde me regardait défouler ma frustration contre la vitre de ma propre voiture.
-C'est bon, laisse-le dormir. Tu lui diras au revoir de ma part.
Je ne voulais pas qu'il me laisse seul avec elle. Je ne sais pas ce que je suis capable de faire, je ne suis même plus certain que ça soit moi qui contrôle mon corps, ni mes pensées. Je lance un regard noir aux quelques personnes qui se s'ont arrêtées pour me regarder et suis silencieusement Sara jusqu'à l'intérieur de l'aéroport, à la zone où elle ne doit plus qu'avancer seule. Je regarde rapidement autour de nous, cherchant quelque chose sur quoi rapporter mon attention, mais les yeux de biches aux bords des larmes de Sara, m'en empêche. Quand sa petite main attrape la mienne, mon regard baisse vers nos mains liées. Mon pouce passe sur sa bague et je me rassure en me disant qu'elle aura une partie de moi avec elle quand elle sera en Californie. Putain, qu'est-ce que je fou ? Je dois profiter de ces derniers instants et pas chercher à la fuir. Elle a raison, qu'est-ce qui tourne pas rond chez moi ?
Je roule du regard et l'attrape par la taille pour l'attirer contre moi. C'est mon instinct qui me pousse vers elle, c'est plus fort que moi.
-Tu as toujours le téléphone que je t'ai donné ?

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INCANDESCENCE
RomanceOn s'est tous déjà demandé, si on devait changer quelque chose à notre vie, qu'est-ce que ce serait ? C'est la question que Sara, une jeune femme qui attire les problèmes, se pose tous les jours. Excédée par la vie qu'elle a en Californie où elle...