Chapitre 39

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-Qu'est-ce que tu fous, putain ?

La voix rauque de Kaï parvient jusqu'à mes oreilles et avant que je ne puisse dire quoi que ce soit, je me retrouve plaquée contre le mur du couloir.

-C'était censé être fermé, comment t'as ouvert ? Qu'est-ce que t'as vu ?

Je fronce les sourcils en essayant de le repousser.

-Elle n'était pas verrouillée. Je n'ai rien fait de plus que de l'ouvrir.

Il me lance un regard noir et jette un coup d'oeil à l'intérieur de la porte avant de me relâcher brusquement et de la refermer.

-Explique moi ce que j'ai vu, Kaï. Ce qu'il y a là dedans, ce n'est pas normal.

Il passe ses mains sur son crâne et fait les cents pas, l'air dépassé. La peur emprisonne les traits de son visage et je me met à culpabiliser de le voir dans cet état.

-Je ne dirais rien à Alessio, tu peux me faire confiance. Je veux juste que tu me répondes.

Il se tourne vivement vers moi.

-T'étais juste censée retourner dans ta putain de chambre, tu n'aurais jamais dû ouvrir cette porte.

-Je suis perdue Kaï, donne moi une explication, ou dis-moi que ce n'est pas ce à quoi je pense.

Il me regarde dans les yeux et semble hésiter un instant avant de soupirer.

-Tu n'as rien vu, c'est ça la vérité. Tu entends ? Tu n'as rien vu. Maintenant retourne dans ta chambre et attends que ton frère vienne te chercher.

Son ton est menaçant mais je ne perds pas la face. Je reste plantée devant lui, les bras croisés contre ma poitrine.

-Fait ce que je te dis, putain ! Crie-t-il subitement.

Je sursaute et recule d'un pas. Je le regarde un instant avant de retourner dans ma chambre. Je la verrouille et me laisse glisser contre la porte. Kaï n'est pas seulement un trafiquant d'arme, il est aussi mercenaire. Je me masse les tempes. Tous ces plans gribouillés, ces armes, ces photos accrochées au mur, tout ça est trop étrange. J'ai l'impression d'être prise au piège entre l'incompréhension et l'interprétation de ce que j'ai vu. Je n'arrive plus à réfléchir de façon rationnelle. Je me frotte les yeux de mes poings, essayant de convaincre la partie de moi qui veut enfoncer cette putain de porte de résister. Et puis merde.

Je me lève et me rue jusqu'à la porte voisine. J'essaie de tourner la poignée mais Kaï l'a verrouillée à clé. Je donne un coup de poing dans le mur pour me défaire de ma frustration et me passe les mains dans les cheveux. Il faut que je l'ouvre, ça m'obsède. Je descends les marches en trombe et me dirige vers la cuisine en survolant le sol. J'ouvre un tiroir au hasard, espérant trouver un couteau, mais encore mieux, je trouve un pistolet. Je pensais que Kaï cacherait mieux son arsenal que ça, pour un trafiquant d'armes. Enfin, s'il est vraiment ce qu'il prétend être. Je la saisie et la charge. La froideur du manche dans ma paume brûlante me provoque un long et désagréable frisson, qui m'avait presque manqué. Au même moment, Kaï débarque dans la cuisine, l'air furieux. Quand son regard croise ce que je tiens dans les mains, sa mâchoire se serre et son regard passe à mon visage. Il raccroche son téléphone sans détourner le regard de mes yeux. Je brandis l'arme vers lui.

-N'avance pas Kaï, je n'hésiterais pas à tirer.

-Qu'est-ce que tu fous, putain ? Dit-il entre les dents.

Je souris en penchant légèrement ma tête sur le côté. Ça y est, je deviens folle. La perte d'Alec aura finalement eu raison de moi. Je ne peux pas faire face à sa mort, c'est aussi simple que ça. Faire semblant n'a fait qu'empirer ma situation.

INCANDESCENCEOù les histoires vivent. Découvrez maintenant