Il suo istinto - Ses instincts

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Point de vue Reina

Cette nuit, je suis rentrée à deux heures et demi du matin de l'entrepôt indiqué par Fernando. On y a trouvé ce qu'on voulait, c'est à dire l'adresse exacte de Béné et ses collaborateurs les plus proches. Il a ensuite fallu taire les preuves de notre passage et forcément, il n'y a qu'une seule solution à ça. Donc après m'être douchée longuement pour effacer les éclaboussures de sang sur mon visage, je me suis couchée directement sans me soucier de Cristiano, étant réellement exténuée.

Mais ce matin alors que je me réveille doucement, je regarde vaguement en direction de son lit et me rends compte qu'il est vide, même pas défait. Je commence à me poser des questions et sors de mon lit en hâte. Je cherche dans la salle de bain, le dressing, la bagagerie mais je ne trouve aucune trace de lui. Je ne passe pas le pas de la suite au cas où des espagnols soient entrés dans l'hôtel. Il faut tout prévoir, et tout envisager quitte à passer pour une parano. Je reste prudente et appelle la réception pour me renseigner. Pendant que je suis en attente, je me dis que c'est totalement impossible que cet imbécile se soit fait prendre. Soudain, une voix agréable retentit au bout du fil:

Réceptionniste: Pronto, la réception à votre service !
Moi: Oui, Mademoiselle Cortesi à l'appareil. Dites moi, est-ce que mon colocataire, Cristiano Giovanelli est sorti hier soir ou ce matin tôt ?
Réceptionniste: Oui Mademoiselle, votre ami est sorti ce matin vers cinq heures. Voulez-vous que je vous prévienne lorsqu'il reviendra ?
Moi: Oui s'il vous plaît, mais il ne doit pas être au courant que je l'attends.
Réceptionniste: Entendu, bonne journée mademoiselle !
Moi: Merci.

Je repose le combiné en tremblant légèrement tellement je bouillonne. Pourquoi est-il sorti ? Où est-il allé ? Lui est-il arrivé quelque chose ? C'est vraiment pas possible de ne pas se servir de son cerveau à ce point sans deconner ! Mais attendez, peut-être qu'il n'en a pas...
Enfin, peu importe dans tous les cas je ne prends pas de risques donc je décide de rester cloîtrée dans la suite pour aujourd'hui. Je ne manquerais pas son retour pour lui passer un savon dont il se souviendra et si jamais il y'a du danger dehors, je suis plus en sécurité ici.

*******

Il est maintenant vingt heures passées et Cristiano n'est toujours pas rentré. J'ai passé ma journée à tourner en rond dans ce foutu hôtel à me faire monter du champagne ou des gâteaux. J'ai demandé à mes hommes de quadriller l'hôtel au cas où il y aurait une potentielle menace. Plus les heures passent plus je deviens folle d'impatience. Qu'est-ce qui est passé par la tête de cet illuminé que mon père m'a collé aux fesses ?

Je décide de m'installer devant mon ordinateur pour travailler encore sur ma mission contre les espagnols et cocher les visages de hommes abattus hier soir par mes hommes et moi-même. Je n'arrive pas à me concentrer plus de dix minutes d'affilée, ce qui m'énerve encore plus. Je me lève violemment de ma chaise, manquant de la faire tomber pour me servir une troisième coupe de champagne puis je la bois doucement face à une fenêtre. Le paysage apaise ma colère. Perdue dans mes pensées, je suis surprise d'entendre la porte de la suite s'ouvrir vsoudainement. Reflex, j'attrape un pistolet posé à proximité et le braque sur l'individu qui vient d'entrer.
Mon regard ne se radoucit pas en voyant que c'est Cristiano, bien au contraire. Il s'arrête au milieu de la pièce après avoir fermé la porte en la claquant. Il a le visage aussi dur que moi, le silence s'installant profondément entre nous pour plusieurs longs instants. Je me décide enfin à prononcer quelques mots.

Moi: T'étais où ?
Cristiano: Ça t'intéresse maintenant ?

Non mais quel culot ! Son air froid et fermé me donne l'occasion de voir une autre facette de lui. Après le Cristiano gentil, le Cristiano dragueur, voilà le Cristiano en colère.

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