La verità - La vérité

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C'est une tradition de prendre des photos de la naissance, juste avant et juste après, sa question est donc légitime mais... Ma grand-mère sort de son état de nostalgie et ferme soudainement le livre en répondant :

Nonna: Non, il n'y en a pas.

Elle se lève et reprend le livre avec elle pour le remettre à sa place. Je vois le questionnement envahir le visage de Cristiano et je prie pour que sa curiosité ne prenne pas le dessus. Je sens que je me trompe quand sa bouche commence à s'ouvrir.

Cristiano: Pourquoi ta grand-mère a dit « les quatre »?

Il chuchote parce qu'il ne sait pas vraiment dans quel sujet il met les pieds, ce que je comprends tout à fait. Mais maintenant, c'est à moi d'assumer et je dois lui dire. Étrangement, je me sens prête et j'ai besoin de me libérer en lui disant la vérité.

Moi: Mon père, mon oncle et ma tante ont eu un petit frère en 1976, Felipe Cortesi. C'était le plus petit, le plus protégé mais cinq ans plus tard il a disparu. On l'a retrouvé trois jours plus tard après avoir tenté de faire chanter Nonno, près de l'ancien mausolée qui était vers l'entrée du cimetière. Il était mort, les ennemis de mon grand-père l'avait enlevé après l'école et déposé près des tombes pour atteindre la famille.

Il comprend mieux ce que nous risquons tous si il n'y a pas de sécurité, pourquoi je suis si pointilleuse, pourquoi je suis autant protégée par ma famille. Il est estomaqué et me regarde avec empathie. Je préfère ça à la pitié et ça me touche.

Cristiano: C'est pour ça que le mausolée a été déplacé dans un labyrinthe de tombes, au fond du cimetière ? Pour qu'on ne le trouve pas facilement ?
Moi: Comment tu sais ça toi ?
Cristiano: Il est très récent, on voit qu'il ne date pas de ton arrière grand père.

Je souris tendrement, heureuse de le voir compréhensif. C'est la première personne endors de la famille qui connaît si bien l'histoire de celle-ci alors ça me rassure qu'il ait une telle conduite. Je me retourne soudainement sur ma grand-mère qui est de retour. Malgré sa faiblesse qui se creuse de plus en plus à cause de la maladie, je vois qu'elle n'a pas l'air vraiment contente.

Nonna: Pourquoi tu lui as dit ?

Sa voix est posée, calme mais je sens son émotion tout au fond. Elle fronce les sourcils en attendant ma réponse sans m'accabler alors je m'efforce de la rassurer.

Moi: Il en est digne Nonna, crois moi.

Elle fait une pause un instant en regardant Cristiano encore plus attentivement qu'à son arrivée puis elle reprend en détendant son visage.

Nonna: C'est toi qui le connaît et si tu dis qu'il est digne, alors je te fais confiance ma fille.

Je suis à nouveau heureuse de voir qu'elle le prend bien et me fait totalement confiance. C'est à ce moment que mon grand-père fait son entrée en scène : il revient du jardin avec ses chaussures de jardinage. Il apparaît content de voir Cristiano vu le sourire qu'il affiche.

Nonno: Ah, mon garçon ! Tu manges avec nous ? Reina ne m'avait pas dit.
Cristiano: Elle a improvisé.
Nonno: Peu importe, ça nous fait plaisir. C'est très bien, ma femme a du faire quelque chose qui te plaît, elle ne t'a pas demandé ?
Cristiano: Si, elle a cuisiné un poisson mariné je crois.
Nonno: C'est le plat préféré de notre famille, même Reina mais elle préfère les pizzas.

Dit-il tout bas en pensant que je n'entendrais rien.

Moi: Nonno, je t'ai entendu.
Nonno: Ah ah tu vois mon garçon, ma petite-fille est très fine d'oreille, fais bien attention à ce que tu dis !
Cristiano: Ne vous inquiétez pas, je le sais déjà.

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