Ti invito a ballare ? - Je vous invite à danser ?

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Cet homme paraît extrêmement sincère et bouleversé par cette rencontre même si elle a eu lieu depuis des années. Comme si cet héritier occupait une grande place dans sa vie. Je vois bien qu'il cache quelque chose. Qui est-il en réalité ? Que pense-t-il réellement ?

Moi: Cette personne a changé votre vie, n'est ce pas ?
Nino: Pas seulement la mienne, mon garçon.

Je termine mon verre à moi puis me lance dans un questionnement dangereux, mais tant pis. Je dois bousculer les choses si je veux avoir des réponses.

Moi: Connaissez-vous Maria Cortesi ?

Son regard se tourne vers moi soudainement sans que le reste de sa tête ne bouge. Il fronce infimement les sourcils et croise les bras sur sa chemise bleu ciel.

Nino: Tu connais Maria Cortesi ?
Moi: Je la cherches, à cause d'une disparition.
Nino: Une disparition ? Maria est incapable de capturer qui que ce soit.

Je marque une très courte pause, parler de Reina à un inconnu me fait tout bizarre. Mais au moins, celui-là ne me connaît pas et ne sait pas ce qui s'est passé entre nous. Pourtant, j'ai la vague impression que cet homme connaît la famille Cortesi plus qu'il ne le dit.

Moi: Oui. Je cherches aussi une, une femme. Je devais la protéger, j'ai échoué alors il est de mon devoir de la retrouver.
Nino: Comment est-elle ? Racontes moi mon garçon.

Je le regarde une seconde avant de déglutir et de me lancer dans une description en me rappelant les différents moments passés avec Reina.

Moi: Elle est née ici. C'est une femme de taille moyenne, des jambes interminables, des épaules larges et délicates, un dos droit, des mains douces et habiles, un visage aux traits marqués mais fins. Elle a la peau dorée, hâlée, qui sent les agrumes. Des yeux verts perçants et... envoutants, des pommettes saillantes, une bouche charnue et rosée. Ses longs cheveux noirs naturellement ondulés flottent et rebondissent quand elle marche.
Nino: Tu sembles épris de cette fille... Fais attention mon garçon si elle est née ici car les femmes de cette terre sont plus dangereuses que le diable... mais plus bienfaisantes que les anges.
Moi: Je veux la retrouver parce que c'est mon devoir mais aussi parce que je crois qu'elle compte pour moi.
Nino: Mon garçon, je comprends ta fierté et ta pudeur mais ce genre de sentiments n'en a nullement besoin. Débarrasses toi de cela pour vivre quelque chose de plus fort avec cette femme.
Moi: Déjà faudrait-il qu'elle le veuille.

Un silence s'installe petit à petit. Nino reste bras croisés sans me regarder. Je le regarde un instant mais fixe finalement un point droit devant moi. Le soleil descend encore sur les montagnes, je n'ai aucune idée de l'heure qu'il est.

Nino: Ce soir, c'est le soir de Pâques. Il y aura au centre-ville une veillée à partir de 21 heures. Tu pourrais venir, mon garçon. Tu ne comptes pas rester seul ce soir là.
Moi: Il faudrait déjà que je trouves où dormir.
Nino: Tu choisis l'hôtel que tu veux et tu dis que tu viens de ma part. Alors, tu viendras ?
Moi: Pourquoi pas, je n'ai rien à perdre.
Nino: Tu pourrais même y gagner.

Il se lève et me serre chaleureusement la main avent de partir du côté droit de la rue. Je regarde alors ma montre, il est dix-neuf heures.
Cet homme m'intrigue, quelque chose me fait penser qu'il sait des choses et qu'il a un rôle important dans ma mission. Mais ce qui est sûr, c'est que je commence à savoir ce que je vais dire à Reina lorsque je vais la revoir. Il est temps pour moi d'aller chercher un toit où habiter jusqu'à ce que je la trouve puis je pourrais me reposer avant d'aller à cette petite veillée.

*******

Vingt-et-une heures trente.
Je suis à peine prêt alors que la musique retentit déjà à l'extérieur. La soirée d'avril est agréable grâce à la température et à la science d'intempérie. De ma chambre, je vois un côté de la grande place, en effet une scène en bois à été installée sur les dalles. Des lampions colorés éclairent le parquet tandis qu'un feu flamboie au centre de la place. Dans un coin, un groupe joue de la musique traditionnelle agréable et entraînante. Il y'a déjà pas mal de monde dehors, les enfants jouent entre eux tandis que les adultes discutent en se balançant déjà au rythme de la musique. Tous les âges sont présents et tous sont bien habillés. Je cherche du regard une vieille femme ou une jeune femme qui pourrait correspondre à Reina. Mais je trouve Nino qui se rend compte que je l'observe alors il tourne sa tête vers ma fenêtre et me fait signe de venir en bas, dans la rue.
Je quitte la rebord de ma fenêtre et vérifie ma coiffure avant de laisser ma chambre après avoir fermer la porte. Je dévale les escaliers et arrive sur la place. Il y'a énormément de monde. J'essaie de retrouver Nino en jouant des coudes. Il m'accueille en me faisant une accolade amicale et me présente à ses amis qui ont tous à peu près son âge. Ils sont chaleureux avec moi et commencent à discuter gentiment.

Ricardo: Regardez-moi, il leur fait de l'effet aux petites jeunes !

Dit-il en montrant d'un geste du menton un groupe de filles discutant et gloussant ensemble en me regardant avec insistance. Il y'a deux blondes et même si elles ne sont pas désagréables à regarder, je ne fais qu'hausser les épaules.

Moi: Peu importe, ce n'est qu'un effet.
Nino: Très vrai mon garçon, rien ne sert de courir après des chimères.
Ricardo: L'héritier est là, il vient d'arriver.

Tous les hommes tournent leurs têtes mais il y'a tellement de monde que seuls deux d'entre eux arrivent à percevoir quelque chose. Personnellement, je ne peux rien voir même si je ne ménage pas mes efforts.

Carlo: Il est enfin là ! C'est la première fois que je le vois depuis son retour au pays.
Ricardo: Moi je penses qu'il n'est pas là par hasard.
Moi: Pourquoi dis-tu ça ?
Ricardo: Parce que son rôle est trop important maintenant pour qu'il arrive ici sans raisons.
Nino: Enfin, j'espère que la soirée sera bonne.

Nous passons plus d'une heure ensemble à discuter et à rire en buvant un peu d'alcool. Les autres personnes s'amusent et dansent sur la large scène installée, applaudis par ceux qui les regardent. Les petits enfants s'endorment sur des bancs tandis que les autres jouent encore et toujours. Plusieurs filles tournent autour de notre groupe en gloussant mais je n'en fais rien. C'est dans ces moments là que je me rend compte que c'est Reina qui dirige mes pensées à présent, et ce depuis longtemps sans que je le réalises dès le début.
Je ne vois pas vraiment le temps passer et lorsque la foule applaudit plus fort, je sursaute et me retourne vers la source de leur engouement. Nous sommes un peu loin de la scène alors on ne voit pas grand chose. Je m'approche sans vraiment faire attention à ce qui,y'a autour de moi, sans doutes le contre coup du peu d'alcool que j'ai bu. Soudain, une silhouette féminine apparaît debout sur le parquet. Je plisse les yeux pour ajuster ma vue et y voir plus clair. Sans que j'y fasses attention, Nino est à mes côtés en train d'applaudir, le regard rivé vers la personne qu'on ne voit pas. Il parait captivé mais surtout incroyablement fier et ému.

-: Bonsoir à tous ! J'espère que vous passez une excellente soirée ne présence de tous nos voisins.

Cette voix me rappelle de vagues souvenirs, je maudis alors les quelques verres que j'ai descendus trop vite sans avoir assez mangé. J'essaie de me concentrer sur les mots prononcés mais le temps consacré à ma tentative de concentration m'a fait perdre le fil.

-: ...Alors je vous souhaite une bonne fin de soirée, amusez vous !

La foule applaudit encore plus fort alors que je tente tout pour voir de qui il s'agit. Quand tout à coup, une voix masculine s'extirpe de la foule accompagnée d'un bras levé.

-: Je peux vous inviter à danser ?

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