Un mois plus tard.
Nous sommes à Rome pour célébrer le mariage des jumelles avec leurs fiancés. Tout le monde est là, les familles du clan sont réunies pour cette grande fête de bonheur même si elle a été un peu précipitée. En effet, ma cousine Chiara est enceinte de presque trois mois. Le mariage était prévu à Rome en juin, son ventre en forme de dôme ne se voit presque pas mais par soucis de respect de la religion selon sa future belle-mère, Marica Vigoda, il a fallut avancer la cérémonie au mois d'octobre.
Nous avons la chance d'avoir une journée au temps clément pour voir qu'on est dans l'Italie du nord alors je porte une longue robe rouge pour répondre au code couleur choisi par les futurs mariés ainsi que des escarpins noirs vernis Giuseppe Zanotti et une étole en fine mousseline rouge brodée de cristaux gris, noirs et blancs. J'ai laissé mes cheveux détachés et j'ai régularisé leurs boucles avec des rouleaux chauffants. Cristiano et moi dormons dans la même chambre au Saint Regis Hotel et bien sûr, j'attends monsieur comme toujours. Dommage que la beauté de notre suite n'arrive plus à me distraire...
Moi: Grouilles toi maintenant Cristiano ou on va finir par être vraiment les derniers à l'église !
Cristiano: T'es culottée d'utiliser cette excuse sachant qu'on est obligé de te garder une place devant.
Moi: Pas faux. Mais ça empêche pas, je veux pas avoir honte à me pointer après tout le monde au mariage.
Cristiano: C'est bon, c'est bon je suis là, détends toi.
Il sort de la salle de bain, tout beau tout propre. Habillé d'un magnifique costume noir orné d'un mouchoir en soie blanche plié, les cheveux plaqués en arrière, rasé à la perfection, il est à croquer. Si je ne me retenais pas, je lui sauterais dessus. Au lieu de ça, je l'embrasse rapidement en tenant son visage entre mes mains. Puis il pose sa main dans mon dos et admire notre couple dans le grand miroir plein pied.
Moi: Aller, on s'en fout on va être en retard.
Je le tire par le bras et grâce à l'ascenseur, nous arrivons rapidement au parking de l'hôtel. Nous montons dans les voitures mais nous ne sommes pas les derniers : Anna Paolo et leur fils arrivent chargés d'un immense sac et d'une poussette dernier cri pliée d'une façon bizarre. Maintenant avec Apollonio qui ne manque pas d'en faire voir à ses parents, ils ne sont plus aussi ponctuels qu'avant. Ils finissent par grimper dans notre voiture et le cortège se met en place.
Devant nous, deux magnifiques voitures de luxe décapotables très apportent les futures épouses séparément à l'église dans un vacarme réjouissant. Les klaxons et les rires retentissent attirant les regards des romains. Nous traversons quasiment la moitié de la ville pour arriver à la Basilique Sainte-Marie-Majeure après un quart d'heure de route. Les familles Cazale et Vigoda sont déjà installées aux abords de la basilique. Les deux cent invités sont tous arrivés, parmi eux mes grands-parents, tous mes cousins paternels et maternels, ceux du côté maternel des jumelles, les enfants, les personnes âgées, les jeunes gens et les adultes se mélangent en attendant l'arrivée des mariées. Nos klaxons de voitures déclenchent la liesse de la foule qui nous salue avant de rentrer dans la basilique tandis que les futures épouses sont aidées pour descendre de leurs carrosses modernes. Tout le monde est entré pour attendre le début du cortège d'entrée et contrairement à ce que désirait Mesdames Cazale et Vigoda, nous allons faire cela à la sicilienne. Les mariées passent devant avec leurs parents puis les grands parents, les parrains et marraines et les témoins, Cristiano et moi.
La musique commence, déclenchant l'entrée du petit cortège dans la nef de l'église. Toutes les têtes sont tournées vers nous, les femmes ont leurs grands chapeaux ornés de plumes, tulles, perles et autres fanfreluches tandis que les hommes ont revêtu leurs plus beaux costumes et ont taille leurs plus belles barbes. Les deux sœurs ont choisi des robes très différentes : Chiara a une robe longue bouffante avec des voiles donnant un effet d'écailles sur toute la jupe et Gina a une robe sirène très serrée à mi mollet qui s'évase magnifiquement avec une explosion de tulles ondulés. Leur seul point commun à part leur physique sont les roses rouges accrochées dans leurs cheveux et dans les bouquets. Leurs parents sont très fiers de les guider jusqu'à l'autel même si je sais que leur jeune âge a été la source de nombreuses rumeurs et discordances au sein même de notre famille. Personnellement, je suis très fière et heureuse mais je ne peux m'empêcher de penser que c'est grâce à ce mariage que notre alliance avec Rome et Venise n'est pas brisée. Je ne peux m'empêcher de penser à Enzo également, surtout quand j'aperçois au loin le visage d'Apollonio : c'est sa mère tout craché et Anna est le portrait d'Enzo au féminin. Il lui ressemble tellement ! Je ressens une émotion très particulière d'un coup mais Cristiano perçoit immédiatement ma nostalgie. En fait, il me guette toujours du regard pour s'assurer en permanence que je vais bien, il le fait depuis que nous nous sommes connus quasiment.
Il pose sa main libre sur la mienne, celle qui tient son bras. Je le regarde en souriant puis je retourne mon regard droit devant moi. Je me rends tout juste compte que j'attire autant l'attention que les mariés, cela ne m'étonne pas plus que ça. La première fois que j'ai vécu cette situation j'avais trois ans et ma marraine Gina, la sœur de mon Nonno venait de mourir assassinée dans un centre commercial aux États-Unis, elle avait quarante ans. Mon père m'a emmenée à l'enterrement, j'ai pleuré mais c'est ma présence qui a choqué : il voulait me montrer dès petite qu'il ne fallait pas avoir peur de mourir et les gens savaient que ce serait moi la prochaine à diriger le clan.
Cependant, je suis fière d'être au bras de Cristiano, je ne peux pas le décrire mais j'ai l'impression d'être la reine du monde rien qu'en tenant son bras. Le cortège arrive près de l'autel et nous nous installons chacun dans les sièges prévus, aux côtés des mariés.
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Trono
Teen FictionRégner sur le monde, voilà ce que désire la moitié de la planète. Seulement quelques êtres sont capables d'accéder au trône. J'en fais parti, je suis née et j'ai été élevée pour ça. Je compte bien atteindre mon objectif malgré que ce soit dangereux...
