Cristiano: Comment cela a-t-il pu arriver ?
Moi: La grossesse s'était bien déroulée sans accrochage mais un jour de mai, alors que Nonna et Mama étaient aux chutes, ma mère a eu des contractions d'une rare violence. Nonno n'était pas loin avec sa voiture alors ils sont remontés au village le plus rapidement possible. Même si le trajet était court, ce fut un calvaire pour ma mère. Elle perdait déjà du sang, il était hors de question d'aller à l'hôpital.
Je reprends mon souffle très très lentement mais il resserre ses doigts autour de mes mains comme pour m'accompagner, me rassurer. Raconter l'histoire de ma naissance est horrible : elle est l'origine d'une immense phobie en moi et je m'imagine la douleur que ce fut pour ma mère. Mes grands-parents et mon père ont eu aussi tellement peur que je n'oses pas l'imaginer. Je m'efforce de sourire à Cristiano pour l'empêcher de voir cette peur et il me le rend directement. Il est réellement attentif alors je me reprends et continue.
Moi: Ils l'ont directement portée au lit, c'était la panique : elle ne travaillait pas encore mais le sang coulait à flot. Le médecin du village est arrivé et a cru que c'était ma mère qui perdait tout ce sang.
Cristiano: Ce n'était pas qu'elle, n'est-ce pas...
Je hoche la tête doucement. L'horreur que ma famille a vécu a longtemps été une source de culpabilité et manque de confiance en moi. Je ne suis pas née normalement, avec un défaut et j'ai causé la peur et le chaos. Mais aujourd'hui, c'est différent. Ma naissance est une légende et elle l'aurait été quoi qu'il arrive.
Moi: Tu as compris. Je ne sais pas pourquoi mais une déchirure profonde s'était faite dans mon dos, tout le long de ma colonne vertébrale saignant abondamment. Le docteur a finit par le voir quand je commençais à sortir, il comptait aider ma mère en me tirant par la tête mais avec cette déchirure, c'était impossible. Il ne pouvait rien faire d'autre que de piquer ma mère avec de la morphine et la soutenir dans son travail. Mes grands-parents priaient tandis que mon père assistait le docteur et Mama autant qu'il le pouvait. Une fois que je suis sortie, j'ai hurlé parce que je devais avoir mal et il fallut beaucoup de temps au docteur pour me soigner avant de me laver. Au total, un demi litre de sang a coulé ce jour là.
Un silence stoppe la conversation alors que j'ai la tête baissée et que je me remémore le jour où mon grand-père m'a expliqué tout ceci. J'étais si abasourdie. Ma mère et moi étions très mal en point, elle comme moi avions perdu beaucoup de sang. Cependant, Cristiano me tient toujours les mains et ça me réconforte.
Cristiano: Et après ?
Moi: Ma mère ne pouvait plus avoir d'enfant et moi, j'ai été recousue et j'allais mieux mais voilà pourquoi il n'y a pas de photos : ils étaient occupés à autre chose et je risquais de mourir, moi ou ma mère d'ailleurs.
Encore un silence. Il me regarde avec intensité puis il me prend dans ses bras. Il me berce et me réconforte tant qu'il le peut. Mais je ressens en moi comme une déchirure, un truc profond qui me rappelle que je risque de vivre la même chose. C'est ma phobie qui revient et je crois que ça se voit car il tire soudain sur mes mains pour me rapprocher de lui. Je finis donc par être obligée de m'assoir de son côté.
Cristiano: Je ne savais pas que tu avais tant frôlé la mort dans ta vie.
Sa petite plaisanterie me fait sourire, elle a pour but de détendre l'atmosphère. Ça me fait du bien de dédramatiser un peu tout ça. Je vois ses yeux briller et je n'ose pas vraiment les regarder. Je hausse plutôt les épaules.
Moi: Et bien, il faut croire que c'est ma destinée.
Cristiano: Au fait, c'est quand ton anniversaire ?
Moi: Demain.
Il me regarde un instant de plus, les yeux dans les yeux. Tout à coup, je sens ses bras m'enlacer largement et je me blottis dans le cocon qu'ils forment en passant mes mains dans son dos. J ne me pose pas de questions, je suis bien alors je me laisse faire pour une fois. Être contre lui en sentant son parfum me fait un bien fou et c'est la première fois que je m'en rends réellement compte. A ce moment là, je n'ai plus envie de trop me retenir, je le connais bien et il a prouvé qu'il était sincère et qu'il faisait les choses bien.
Alors, je me détache légèrement de son étreinte sans trop m'éloigner de ses bras pour entourer son visage de mes mains, sentant sous mes doigts les picotements de la repousse légère de sa barbe. Je le regarde profondément, ses yeux bleu-verts sont magnifiques et dégagent tellement de choses à la fois. Le moment est unique. Une minute ou peut-être deux passent comme ça jusqu'à ce qu'il reprenne la parole :
Cristiano: Tu me tortures là, princesse.
Moi: Pourquoi ?
Cristiano: Parce que j'ai envie de t'embrasser et que t'arrêtes pas de me défier.
Je prends les devants et lâche tout en déposant mes lèvres sur les siennes, d'abord tout doucement puis notre baiser s'intensifie progressivement. Sa langue entraîne la mienne passionnément et je me sens essoufflée, le cœur battant mais c'est si bien. Mes mains se baladent sur sa nuque et caressent la naissance de ses cheveux tandis que les siennes parcourent mon dos avant d'attraper mes fesses pour les déposer sur ses genoux. Je suis donc assise sur ses jambes quand notre baiser s'arrête. Il ne reprend pas tout de suite.
D'abord, Cristiano sourit et dépose un baiser sur ma joue avant de se lever. Je ne me montre pas impatiente et regarde ce qu'il fabrique. Il cherche la clé dans son pantalon. Mais il ne la trouve pas, il fronce les sourcils alors je lui demande :
Moi: Qu'est-ce qu'il y'a ?
Cristiano: Je ne veux pas qu'on fasse ça maintenant, je veux attendre, je veux te mériter...
Il parait en plein doute alors je ris légèrement. M'entendre rire le fait arrêter ses investigations et me regarder, perplexe.
Cristiano: Pourquoi tu ris ?
Moi: Je ne te demandais pas ça mais ce que tu cherchais.
Ses sourcils se lèvent dans un geste de gêne, il est confus d'avoir ramener ma phrase au sexe. Mais ça ne me pose aucun problème. Il est marrant.
Cristiano: Ah... et bien je cherches la clé. Mais j'ai du la faire tomber sans faire exprès...
Moi: Je vois... mais sinon, je comprends et saches que tu le mériterais si tu le voulais.
Il s'est mis à chercher partout, sous les lits, près de la fenêtre... Puis, je vois ses yeux se relever vers moi et se poser mille questions, est-ce qu'il m'a déçue en allant pas plus loin ? Absolument pas. Alors je le rassure en m'avançant jusqu'à lui et jen profite pour lui prendre la main.
Cristiano: Tu l'aurais voulu ?
Moi: Oui mais ça peut attendre. Et ce n'est pas du tout grave.
Cristiano: Je suis... content que tu sois heureuse de ce que je fais, j'espérais que tu te sentes respectée.
Moi: C'est le cas, ne t'inquiètes pas. Le temps ne nous manque pas. Mais pour l'instant, il faut régler notre problème de chambre.
Son sourire est si beau, presque céleste. Il a le don de me faire fondre et justement, je sens mon doux sourire fondre pour se transformer en sourire béat. Il y a deux lits séparés, posés parallèlement et nous ne trouvons plus la clé pour sortir. Il est déjà tard car l'air de rien, notre discussion a duré plus d'une heure et nous ne pouvons pas appeler mes grands-parents à l'aide, ça paraîtrait bizarre. Alors, je lui propose quelque chose :
Moi: On rapproche les deux lits et on dort ensemble, ce ne sera pas la première fois.
Cristiano: Bonne idée.
Moi: J'ai toujours de bonnes idées.
Dis-je en lui faisant un clin d'œil, déjà en train de pousser le premier lit vers l'autre. Il sourit doucement et pousse le deuxième lit vers le mien. Une fois qu'ils sont rapprochés, je me laisse tomber en travers.
Moi: Je n'ai même pas de pyjama.
Cristiano: Mais moi non plus !
Moi: C'est pas bien grave, il doit y avoir quelque chose dans les placards.
Je farfouille dans les placards et je tombe sur une de mes valises que mon grand père avait montée à l'étage pour ne pas encombrer l'entrée le jour de mon arrivée. J'en sors alors un ensemble en satin crème et pour Cristiano, le t-shirt large qu'il m'avait prêté une fois et que je lui avais pas rendu.
Il se change, moi aussi et nous nous glissons dans le lit. Il me prend entre ses bras et m'entoure en déposant parois quelques petits bisous dans mon cou, sur mes tempes ou mes cheveux.
Cristiano: Dans deux jours nous serons mercredi et tu auras vingt ans et tu seras à la tête du clan...
Je sens une pointe de déception dans sa voix.
Moi: Qu'est-ce qui te tracasses ?
Cristiano: Rien, tu seras simplement plus occupée, plus en danger.
Moi: Oui mais j'ai un excellent garde du corps.
Cristiano: Tu mens !
Moi: Ah ah non je ne mens pas ! Un garde du corps un peu émotif mais pas mauvais...
Cristiano: Décidément... mais ce qui m'ennuie c'est de voir qu'à tout moment ta vie peut être menacée.
Moi: Je sais que tu as du mal mais n'oublies pas que j'ai des gens autour de moi, que j'ai été élevée ainsi et que je t'ai toi. Fais moi confiance.
Cristiano: Je vais essayer, maintenant dors princesse.
Moi: Bonne nuit Cristiano.
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Trono
Teen FictionRégner sur le monde, voilà ce que désire la moitié de la planète. Seulement quelques êtres sont capables d'accéder au trône. J'en fais parti, je suis née et j'ai été élevée pour ça. Je compte bien atteindre mon objectif malgré que ce soit dangereux...
