Chapitre 86 : Bavure & Titan Cuirassé

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*31 août 850 - très tôt*

Évidemment, c'était beaucoup trop beau pour être vrai, le truc complètement foireux de l'année. Et en même temps, c'était logique que ça ne fonctionnerait pas. N'importe quel idiot l'aurait deviné au premier coup d'œil. Comment avions-nous pu croire que ça marcherait, sans penser un seul instant que Bertholt ne se défendrait pas, avec son Titan Colossal ? Comment était-ce possible que ça ait pu autant foirer à ce point ? Toutes ces pensées et ces questions tournaient en boucle dans ma tête pour trouver une réponse.

Malheureusement, on avait été coiffés au poteau, comme dirait l'autre. On n'a pas su mettre les bonnes priorités à leurs places, et voilà le résultat.

Le Colossal continuait toujours à avancer jusqu'à la porte nord du District de Shiganshina quand on passa enfin à l'action. Jean ordonna à Eren de pousser un cri pour attirer l'attention de cette grande perche. Le hurlement de Titan de notre camarade résonna à des kilomètres. On avait bien vu Bertholt s'arrêter pour jeter un regard par-dessus son épaule, et nous regarder de haut. Et puis, comme indifférent, ou comme s'il n'en avait rien à foutre, ou s'il tenait réellement à mener sa mission jusqu'au bout, il se détourna de nous pour reprendre sa marche. Il nous ignorait complètement, ce bâtard, en plus !

Il n'avait pas mordu à l'hameçon. On devait absolument trouver autre chose pour l'arrêter. Jean demanda à Eren de foncer jusqu'à la position du Colossal, pour tenter de l'arrêter - ce qu'il fit. Nous nous accrochâmes tant bien que mal à tout ce que nous pouvions, sur le corps titanesque d'Eren, alors qu'il commença sa course pour se rendre à l'autre bout du District de Shiganshina.

Il était bien mignon, Jean, mais comment voulait-il qu'on abatte ce monstre ? Surtout qu'on ne pouvait pas s'accrocher à lui, avec la vapeur qui sortait de son corps. Il y avait eu des blessés, le 14 juin, à cause de cette botte secrète qui nous avait tous pris au dépourvu. (Anna, le caporal-chef et Jean étaient restés avec Erwin, le reste du Bataillon et le révérend Nick, mais pour avoir lu les rapports et en avoir entendu parler, ils s'étaient donc fait leur propre idée là-dessus.)

- Non, évidemment que je n'ai pas oublié, rétorqua Jean après la panique de Conny et Sasha. Mais ça ne change rien, on ne peut pas le laisser ravager toute la ville ! On doit déterminer son point faible et l'exploiter !

La première chose proposée pour le plan à exécuter, vint de Mikasa :

- C'est moi qui frapperai. Je vous laisse attirer son attention, avec Eren. Cara, Conny, je vais avoir besoin d'une de vos lances.

- Euh... d'accord.

- Ça marche ! Je t'envoie ça !

- J'accompagnerai Mikasa jusqu'au niveau de la nuque du Titan Colossal, annonçai-je aux autres. Qui sait ce qui peut arriver ? Il utilisera certainement sa botte secrète pour nous envoyer dans le décor, mais on doit tenter le tout pour le tout.

Mes amis hochèrent tous la tête pour confirmation de cette partie du plan.

Jean fit savoir à Armin que c'était là qu'il entrait en jeu ; le blond devait rester à l'écart du plan d'action et examiner la scène. Ce n'était plus le moment de jouer aux jérémiades. On comptait tous sur lui pour trouver une ouverture, et préparer un nouveau plan d'action. Je sais qu'on mettait beaucoup de pression sur les épaules frêles d'Armin, mais nous n'étions pas dans un monde de bisounours où tout était rose, beau, avec plein d'amis et de chatons mignons et tout doux. L'ennemi était en face, il fallait s'en débarrasser ici et maintenant.

C'est à cause du Cuirassé, du Colossal et du Féminin si notre vie à tous, y compris les habitants de tout le Mur Maria, avait basculé du jour au lendemain. Par leur faute, des centaines et des centaines de morts se comptaient par chiffres dans les rapports. Aucun des survivants du Mur Maria, réfugiés au sein du Mur Rose, ne savaient quand ils pourraient retourner chez eux.

« [𝓣𝓸𝓶𝒆 𝟐 𝓢𝓝𝓚] ℒ𝒆𝓼 𝓐𝓲𝓵𝒆𝓼 𝓭𝒆 𝓵𝓪 ℒ𝓲𝓫𝒆𝓻𝓽𝒆́ »Où les histoires vivent. Découvrez maintenant