Épilogue

17 1 0
                                        

On m'aurait dit que je verrais la mer de mes propres yeux à l'âge de 16 ans, autant dire que je me serais bien foutu de la gueule de celui qui m'annonçait un truc pareil. Avant de lui dire : « Non mais attends, c'est quoi ton délire ? Redescends sur Terre, là, on n'est pas dans un livre. »

Et pourtant, ce que j'avais vécu, ce jour-là, était d'une beauté sans nom.

Depuis 743, aucun des habitants de l'île de Paradis ne s'y était rendu, après l'abandon du continent par Karl Fritz, le 145ème roi, qui avait utilisé le Titan Originel pour leur effacer la mémoire sur tout ce qui concernait l'extérieur (et pour changer son propre nom de famille en Reiss). Depuis cette époque, on en ignorait l'existence... jusqu'à l'année 850, où l'océan - appelé également la mer - avait été révélé par les carnets du père d'Eren, Grisha Jäger. Et avec ce que je savais du journal d'Elias, mon aïeul, les informations concordaient.

L'océan était une gigantesque étendue d'eau salée couvrant les trois quarts de la surface du globe, et contenait de nombreuses espèces aquatiques qu'on ne pêchait pas dans les lacs et les rivières de l'île de Paradis. Certaines de ses parties se montraient étincelantes ou d'autres glacées.

En tous les cas, personne parmi les quelques nouveaux du Bataillon d'exploration et l'escouade tactique - pas même le caporal-chef - ne pouvait nier la beauté de ce nouveau paysage.

Sasha, Conny, Armin, Jean, Mikasa et Cara avaient laissé échapper leur émerveillement face à cette magnifique découverte et s'en étaient amusés, de même qu'Anna, Hansi et l'escouade Akiko Eyre-Zacharias, qui comptait mon frère et Navin (le caporal-chef leur avait conseillé avec sècheresse de faire attention). C'était magnifique ! Cette beauté suffisait à m'arracher un de ces sourires que peu de gens ont vu dans leur vie - un grand sourire étiré jusqu'aux oreilles. Loretta et Annelies étaient aux anges lorsque je leur avais tout raconté en rentrant.

Malgré le véritable ennemi qui était désormais connu de tous - à savoir Mahr, et non les Titans comme nous l'avions toujours cru depuis plus d'un siècle -, nous prenions le temps de profiter de chaque minute comme si c'était la dernière. De souffler un peu avant la guerre qui s'annonçait. Car il faudra nous préparer psychologiquement et personne ne l'ignorait.

C'est pour cette raison que nous profitions un maximum du présent et de nos proches, comme si c'était la dernière fois.

Pourtant...

Pourtant, ç'aurait été trop beau pour être vrai.

Quant à Eren...

Lui qui rêvait enfant de liberté et de voir un jour la mer, il semblait tirer une tronche de dix mètres de long. Depuis la cérémonie des médailles, mon ami avait changé du tout au tout de comportement après avoir tenu la main d'Historia. Je le connaissais depuis suffisamment longtemps pour deviner un changement de personnalité - inutile non plus de naître de la dernière tempête de neige pour comprendre quand quelque chose n'allait pas.

Ça devait avoir un lien avec le Titan Originel, dont le pouvoir s'était activé dès l'instant où Eren avait touché la main d'Historia, dû à son sang royal.

Nos amis n'avaient pas du tout remarqué le changement brutal chez Eren.

J'aurais préféré que mon instinct se trompe, mais en temps que Métamorphomage et cheffe du clan, je ne pouvais ignorer qu'il fallait s'y fier. Si j'avais appris une chose, c'est que l'habit ne faisait pas le moine.

Et puis, Frock n'était pas non plus blanc comme neige dans toute cette histoire. Je sentais que son égocentrisme et son rêve de reconnaissance et de gloire, en mal évidemment, commençaient à germer. Tout comme une envie de violence, de saccager et massacrer aveuglément, sans état d'âme - et sans aucune distinction - le continent mahr.

« [𝓣𝓸𝓶𝒆 𝟐 𝓢𝓝𝓚] ℒ𝒆𝓼 𝓐𝓲𝓵𝒆𝓼 𝓭𝒆 𝓵𝓪 ℒ𝓲𝓫𝒆𝓻𝓽𝒆́ »Où les histoires vivent. Découvrez maintenant