Pdv de Max
Je m'éveillai avant Charles, comme souvent ces derniers jours où mon esprit semblait incapable de profiter d'un repos complet. Mes bras étaient toujours enroulés autour de lui, son corps chaud pressé contre le mien. Il dormait encore profondément, sa respiration calme et régulière, et pour la première fois depuis que je m'inquiétais pour lui, il avait l'air apaisé.
Un soupir m'échappa. Le voir dormir ainsi, son visage détendu et dénué de toute trace d'anxiété, m'apportait un immense soulagement. Je laissai mes yeux parcourir ses traits. Il avait l'air si fragile, presque enfantin dans cet état. Sa bouche, légèrement entrouverte, semblait appeler un sourire que je ne voulais pas interrompre.
Je ne pouvais pas m'empêcher de le trouver adorable. Oui, adorable. Ce n'était pas un mot que j'aurais utilisé pour décrire Charles auparavant. Il était compétitif, passionné, parfois même impulsif, mais là, dans mes bras, il n'y avait rien de tout ça. Juste lui, vulnérable et réel.
Je me retrouvai à analyser chaque détail de son visage. La ligne nette de sa mâchoire, adoucie par le sommeil. Ses cils foncés, presque impossibles à discerner quand il avait les yeux ouverts. La légère ride au coin de son front, souvenir des nuits trop courtes et des pensées trop lourdes.
Je glissai doucement une main dans ses cheveux, écartant une mèche qui lui tombait sur le front. Il bougea légèrement, mais ne se réveilla pas. Une partie de moi voulait qu'il dorme encore, qu'il profite de ce moment aussi longtemps que possible. Il en avait besoin, et moi aussi, en quelque sorte.
Pourtant, rester immobile pendant des heures n'était pas dans ma nature. Mon esprit me poussait à bouger, à faire quelque chose. Mais pas aujourd'hui. Aujourd'hui, je préférais m'ennuyer plutôt que de bouger et risquer de le réveiller. J'avais le sentiment que ce sommeil réparateur était plus précieux pour lui que n'importe quel entraînement ou routine.
Le temps passa lentement. Je ne pouvais m'empêcher de me demander ce qui allait se passer après. Ce moment suspendu était une parenthèse, un instant de calme avant que nous ne devions affronter le chaos à nouveau. Mais comment serait-il, une fois réveillé ? Charles avait cette capacité à tout repousser, à tout ignorer, mais pour combien de temps encore ?
Soudain, il bougea légèrement. Ses doigts se crispèrent sur mon t-shirt, et il murmura quelque chose d'inintelligible. Je baissai les yeux, le voyant s'agiter doucement avant d'ouvrir les yeux, encore groggy.
« Hey, » dis-je doucement, mon sourire se voulant rassurant.
Il cligna des yeux plusieurs fois, luttant pour se réveiller complètement. Ses traits étaient encore marqués par la fatigue, mais il semblait plus serein.
« Salut, » murmura-t-il, sa voix rauque de sommeil.
Il ne bougea pas, ses bras restant fermement autour de moi, comme s'il refusait de me lâcher. Je ris doucement.
« Tu comptes rester là toute la journée, ou... ? » plaisantai-je, bien que l'idée ne me dérangeât pas du tout.
Il enfouit son visage dans mon torse, grognant faiblement. « J'ai pas envie de bouger. »
Sa sincérité me fit sourire. Ce n'était pas souvent qu'il laissait tomber ses défenses, et je voulais savourer ce moment.
« Ça me va, » répondis-je, glissant une main dans ses cheveux pour le rassurer.
Il se resserra contre moi, comme s'il cherchait encore plus de contact, et je pouvais sentir sa respiration lente contre ma peau. Nous restâmes ainsi un moment, dans un silence confortable, interrompu uniquement par les bruits étouffés de la ville qui commençait à s'animer à l'extérieur.
« Bien dormi ? » demandai-je enfin, brisant doucement le silence.
Il hocha la tête sans répondre, son front toujours posé contre moi. Je pouvais sentir qu'il n'était pas encore tout à fait prêt à affronter la journée, ou même à parler de quoi que ce soit de sérieux.
« Tu veux rester ici encore un peu, ou on se lève et je te prépare un café ? »
Il releva enfin la tête, ses yeux encore embués de sommeil. « Je sais pas. J'ai envie de rester, mais en même temps... » Il s'interrompit, cherchant ses mots.
Je hochai la tête, comprenant sans qu'il ait besoin de continuer. « Prends ton temps, Charles. On n'est pas pressés. »
Il me fixa pendant un moment, une lueur indéchiffrable dans son regard, avant de poser sa tête contre moi à nouveau.
« Merci, » murmura-t-il.
Ce mot simple, mais chargé de tant de significations, résonna en moi. Peut-être que pour lui, il ne s'agissait que d'une reconnaissance banale, mais pour moi, cela signifiait beaucoup plus. C'était sa manière de reconnaître ce lien fragile, mais indéniable, qui s'était formé entre nous.
Et à cet instant, tout ce que je voulais, c'était continuer à être là pour lui, peu importe combien de temps cela prendrait pour qu'il se sente vraiment mieux.
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Romeo save me ~ Lestappen
RomanceCharles, le prestigieux pilote de la scuderia Ferrari cache en réalité homme au cœur brisé malgré les apparences depuis la mort de son père et son parrain. Mais que va-t-il se passé quand Max, son plus grand rival, va commencer a s'inquiéter pour...
