pdv charles
Jeudi en Angleterre. Media day. Une journée interminable, remplie de conférences, d'interviews et de flashs de caméras. Carlos et moi passons notre journée à répondre aux questions des journalistes, à poser devant les objectifs, à sourire pour les photos. C'est une routine que je commence à connaître par cœur, mais aujourd'hui, quelque chose me perturbe. Mon esprit reste préoccupé par tout ce qui s'est passé avec Max ces derniers jours, ses blessures, sa douleur. J'essaie de me concentrer sur le travail, mais ça reste compliqué.
Les journalistes sont insistants, curieux de notre performance, de nos stratégies, de notre dynamique de course, mais à chaque question, mon esprit s'égare. J'essaye de cacher mon agitation, mais j'ai l'impression que tout le monde peut voir que quelque chose ne va pas. Carlos me lance parfois un regard amusé, probablement parce qu'il remarque ma distraction, mais il ne dit rien. Peut-être qu'il a l'habitude de me voir un peu ailleurs.
La journée tire enfin à sa fin, et je suis épuisé. J'ai juste envie de rentrer à l'hôtel, de m'allonger sur le lit, de fermer les yeux et de laisser la fatigue me submerger. Mais à peine suis-je entré dans le hall que je tombe sur Max. Il est là, adossé à un mur, son regard croise le mien, et il sourit légèrement.
"Alors, comment ça s'est passé ? T'as survécu au Media Day ?" me dit-il, l'air amusé.
Je roule des yeux. "À peine. C'est toujours un peu la même chose, tu sais. On répète les mêmes réponses encore et encore."
Max hoche la tête, comme s'il comprenait, mais son regard me scrute un instant de plus. "Tu veux manger quelque chose ? Je comptais aller à la salle de restauration, ça te dit de m'accompagner ?"
Je réfléchis une seconde. Je suis fatigué, vraiment fatigué, mais je n'ai pas envie de me retrouver seul dans ma chambre ce soir. Et puis, Max... Il a ce don de rendre les choses un peu plus légères, même dans les moments où je me sens le plus perdu.
"Ok, allons manger," je réponds finalement.
On se rend ensemble à la salle de restauration de l'hôtel. La soirée se déroule tranquillement, presque comme si de rien n'était, mais au fond de moi, je ne peux pas m'empêcher de me demander comment va Max. Ses blessures... Je n'ai pas pu m'empêcher de penser à lui toute la journée. Est-ce qu'il va bien ? Est-ce que tout ça n'a pas empiré ?
Au fil du repas, la conversation est fluide, presque facile. On parle de tout et de rien, mais je sens qu'une tension sous-jacente demeure, une question non dite qui flotte entre nous. Quand le dîner touche à sa fin, Max me lance un regard, et je vois quelque chose dans ses yeux qui me fait me sentir encore plus inquiet.
"Tu veux que je reste ce soir ?" me demande-t-il tout à coup, ses mots brisant le silence lourd qui nous entoure.
Je le regarde, surpris par sa question. Puis je réalise. Il a dû comprendre que je ne suis pas vraiment serein, qu'il y a quelque chose de plus qui se cache. Je hoche la tête, sans vraiment réfléchir.
"Oui, je préfère," dis-je, presque automatiquement.
On se rend dans ma chambre, et après avoir posé mes affaires, je me rends compte que je veux m'assurer qu'il va bien. Quand il se prépare pour la nuit, il enlève son t-shirt et se retrouve en boxer. Je n'arrive pas à détacher mes yeux de son dos. Je l'ai vu l'autre jour, quand il était dans un état presque critique, et maintenant, je veux être sûr que tout va bien, que ses blessures n'ont pas empiré.
Sans dire un mot, je me rapproche de lui. Ma main effleure délicatement sa peau, et je passe mes doigts sur ses cicatrices, comme pour m'assurer qu'il ne ressent pas trop de douleur. Il fronce légèrement les sourcils, mais il ne dit rien. Ça me rassure un peu, même si je sens la tension dans mes doigts.
"Tu es sûr que ça va ?" je demande, à voix basse, sans vouloir paraître trop insistant.
Max me regarde, une lueur d'hésitation dans ses yeux, mais il ne répond pas tout de suite. Il prend une profonde inspiration et se laisse faire quand je passe mes doigts le long de son dos, avec une douceur infinie. Je veux juste m'assurer qu'il ne souffre pas, qu'il n'y a pas de nouvelles blessures que je n'aurais pas remarquées.
"Ça va," finit-il par dire, mais sa voix est plus faible que d'habitude, comme s'il n'était pas tout à fait convaincu lui-même.
Je hoche la tête, rassuré mais toujours inquiet. J'espère qu'il a raison. Mais une partie de moi sait que, même si tout semble aller, il y a encore beaucoup de choses qu'il cache. Mais pour ce soir, je me contente de ça. Je veux juste qu'il se sente bien, qu'il sache qu'il n'est pas seul.
Et alors, tout doucement, je le laisse s'installer dans le lit, mes pensées flottant encore autour de lui. Ce n'est pas juste une question de protéger, de soigner... C'est plus que ça. Mais ce soir, tout ce que je peux faire, c'est être là.
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Romeo save me ~ Lestappen
CintaCharles, le prestigieux pilote de la scuderia Ferrari cache en réalité homme au cœur brisé malgré les apparences depuis la mort de son père et son parrain. Mais que va-t-il se passé quand Max, son plus grand rival, va commencer a s'inquiéter pour...
