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PDV Charles

En rentrant dans ma chambre, j'avais essayé de me concentrer sur les gestes simples : ranger mes affaires, prendre une douche rapide, enfiler un short confortable pour dormir. Mais malgré la fatigue qui pesait sur mes épaules, mon esprit tournait à cent à l'heure.

La pression, les attentes, les regards... tout me semblait trop. C'était toujours pareil quand je courais ici, sur les terres de Ferrari. Les tifosi nous portaient comme des héros, mais leur admiration devenait parfois un poids insoutenable. La peur de les décevoir me paralysait plus que je ne voulais l'admettre.

Je me laissai tomber sur le lit, mais à peine les yeux fermés, l'angoisse montait encore. Une boule se formait dans ma gorge, et je savais que si je continuais à tourner en rond dans mes pensées, je finirais par exploser.

Mon téléphone traînait sur la table de chevet. Je l'attrapai sans trop réfléchir et ouvris ma conversation avec Max. Mon doigt hésita au-dessus du clavier, mais finalement, j'envoyai un message simple :

"Tu dors ?"

Sa réponse arriva presque immédiatement :

"Non. Qu'est-ce qu'il y a ?"

Il savait déjà. Il devinait toujours quand quelque chose n'allait pas.

Je tapai rapidement :

"C'est rien, juste la pression. J'arrive pas à tout gérer. Désolé de te déranger encore pour ça."

J'étais sur le point de poser le téléphone et de m'en vouloir d'avoir envoyé ce message quand il vibra. Un appel Facetime.

Je pris une profonde inspiration avant de décrocher. L'écran s'illumina, et le visage de Max apparut, un peu flou à cause de la faible lumière dans sa chambre. Il avait l'air fatigué, mais il souriait doucement, ce sourire qui me calmait toujours un peu.

"Charles," dit-il doucement, son ton apaisant. "Tu ne me déranges jamais. Qu'est-ce qui se passe ?"

Je haussai les épaules, sentant ma gorge se serrer. "Je sais pas. C'est juste... tellement. La pression ici, les tifosi, tout le monde qui attend que je sois parfait. Je veux faire bien, mais si je rate ? Si je les déçois ?"

Je détournai le regard, mais il resta silencieux, me laissant parler.

"Et puis, parfois..." Je pris une grande inspiration, hésitant. "Parfois, j'ai l'impression que je ne suis pas assez fort pour tout ça. Que je vais finir par tout gâcher."

Un silence s'installa, mais je pouvais presque sentir à travers l'écran l'intensité de son regard.

"Charles," dit-il enfin, sa voix calme mais pleine de certitude. "Tu es fort. Tu es plus fort que tu ne le crois."

Je relevai les yeux vers lui, incapable de répondre.

"Tu n'as pas besoin d'être parfait," continua-t-il. "Ce que les gens veulent, c'est te voir toi, avec tes forces et tes faiblesses. C'est ça qui fait de toi un grand pilote, et une grande personne."

Mes lèvres tremblèrent légèrement. "Tu crois vraiment que je suis assez bien ?"

Il eut un sourire, un sourire si sincère que ça en devenait presque douloureux. "Je ne crois pas, Charles. Je sais."

Un léger rire nerveux m'échappa, brisant la tension. "Merci... vraiment."

"Alors," dit-il en changeant légèrement de ton, "tu vas essayer de dormir maintenant ?"

Je haussai les épaules. "Je sais pas si j'y arriverai."

"Alors je reste avec toi," déclara-t-il simplement, comme si c'était la chose la plus évidente au monde.

"Max, tu n'as pas à—"

"Charles," me coupa-t-il doucement. "Je veux rester."

Et il resta.

L'écran éclairait faiblement ma chambre sombre. Au début, on parla un peu, de choses légères. Il me raconta une anecdote sur Lando qui avait essayé de se faire livrer des pizzas au mauvais hôtel, ce qui me fit rire malgré moi.

Peu à peu, ma respiration se calmait. Max avait ce don : il savait toujours comment me distraire de mes angoisses.

"Tu vas voir," murmura-t-il à un moment, sa voix devenant plus douce. "Demain, tout ira bien. Tu es Charles Leclerc. Et quoi qu'il arrive, tu sais que je suis là pour toi."

Je n'avais pas de réponse à lui donner. À vrai dire, je n'en avais pas besoin. Ses mots suffisaient.

Je sentais mes paupières devenir lourdes, mais avant de céder au sommeil, je l'entendis ajouter, dans un murmure presque inaudible :

"Bonne nuit, mon prince. Fais de beaux rêves."

Romeo save me ~ LestappenOù les histoires vivent. Découvrez maintenant