PDV Max
Je savais que Charles allait être de mauvaise humeur aujourd'hui. Entre sa gueule de bois et le calvaire des interviews du media day, il devait être au bord de l'explosion. J'avais même parié avec moi-même qu'il finirait par envoyer promener un journaliste avant la fin de la journée.
De mon côté, la matinée n'était pas mieux partie. J'avais un déjeuner prévu avec mon père, et comme à chaque fois, je savais à quoi m'attendre : critiques, remarques cinglantes et regards condescendants. Chaque rencontre avec lui était un rappel cruel que je ne serais jamais assez bon à ses yeux, peu importe mes victoires ou mes efforts.
"Max, tu te ramollis," lança-t-il après à peine cinq minutes. "Tu passes trop de temps à te distraire. Où est passé ton esprit de compétition ? Si tu continues comme ça, tu vas perdre ton avance."
Je serrai les mâchoires, m'efforçant de rester calme. J'avais appris à encaisser, à ne pas répondre, mais à l'intérieur, je bouillonnais. Ses mots ne visaient jamais juste, mais ils avaient le don de réveiller mes insécurités.
Finalement, après une heure interminable, je m'enfuis de la table dès que l'occasion se présenta. Je n'avais aucune envie de faire les interviews de l'après-midi, pas dans cet état. Je discutai brièvement avec Horner, qui comprit rapidement que j'avais besoin de temps pour moi. "Fais ce que tu as à faire," dit-il en hochant la tête, et je me sentis presque soulagé.
Je savais exactement ce dont j'avais besoin : voir Charles.
Je le trouvai dans son motorhome, affalé sur le canapé, l'air à moitié mort. Sa tête était enfouie dans ses mains, et il avait l'air d'un homme au bout du rouleau.
"Eh, toi aussi, journée de merde ?" lançai-je en fermant la porte derrière moi.
Il releva la tête, les sourcils froncés et un soupir déjà sur les lèvres. "T'imagines même pas..."
Je m'assis à côté de lui, posant une main sur sa cuisse. "J'ai passé une heure avec mon père. Tu veux vraiment qu'on compare ?"
Un sourire à peine perceptible passa sur son visage. Il leva la main en signe de reddition. "OK, tu gagnes. Mais moi, c'est rien de grave... juste un mal de crâne persistant et beaucoup trop de questions débiles aujourd'hui."
Je haussai un sourcil. "Tu ne dors toujours pas bien, hein ?"
Il haussa les épaules, détournant le regard. "Je dors, c'est juste... pas suffisant."
Je le regardai attentivement. Il essayait de minimiser, mais je pouvais voir la fatigue dans ses yeux, la tension dans ses épaules. Charles était bon pour cacher ce qu'il ressentait, mais pas avec moi.
"Allez, viens," dis-je doucement. "On fait une sieste, toi et moi. Trente minutes, pas plus. Après, on retourne affronter nos journées de merde, mais au moins, tu te sentiras un peu mieux."
Il me regarda avec hésitation, comme s'il voulait protester, mais il était trop épuisé pour le faire. Il finit par hocher la tête en silence.
Je m'allongeai sur le canapé, tapotant la place à côté de moi. Il se glissa contre moi, sa tête venant naturellement se poser sur mon torse. Je passai un bras autour de lui, et je sentis ses muscles se détendre un peu plus à chaque seconde.
"Tu sais," murmura-t-il après un moment, "t'es vraiment la seule chose qui me fait tenir, en ce moment."
Mon cœur se serra, et je déposai un baiser sur le sommet de sa tête. "Je suis là, Charles. Toujours."
Il ne répondit rien, mais ses doigts jouaient doucement avec le bas de mon t-shirt, un geste absent mais apaisant. En moins de cinq minutes, sa respiration s'apaisa, et il s'endormit contre moi.
Je restai immobile, écoutant son souffle régulier. Ces moments, bien que rares, étaient ceux qui me rappelaient pourquoi tout ça valait la peine. Peu importe les critiques de mon père, les tensions avec les équipes, ou les attentes incessantes... ici, dans ce petit cocon, il n'y avait que nous deux.
Trente minutes passèrent bien trop vite. Je caressai doucement ses cheveux pour le réveiller, murmurant son prénom.
"Encore cinq minutes," marmonna-t-il, sa voix ensommeillée et son visage enfoui contre moi.
Je souris. "Tu dis toujours ça. Allez, champion, on a des trucs à faire."
Il grogna, mais finit par se redresser, ses cheveux ébouriffés et ses yeux encore à moitié fermés. Avant de se lever complètement, il m'embrassa doucement, un geste rapide mais qui fit accélérer mon cœur.
"Merci," murmura-t-il avant de partir affronter le reste de sa journée.
Et moi, je restai là, un sourire idiot sur le visage, prêt à affronter le monde. Parce qu'avec lui, tout semblait un peu plus facile.
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Romeo save me ~ Lestappen
RomanceCharles, le prestigieux pilote de la scuderia Ferrari cache en réalité homme au cœur brisé malgré les apparences depuis la mort de son père et son parrain. Mais que va-t-il se passé quand Max, son plus grand rival, va commencer a s'inquiéter pour...
