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PDV Charles

Je n'arrivais pas à fermer l'œil. Peut-être que c'était l'idée de quitter Monaco le lendemain, ou peut-être juste l'idée de ne plus avoir Max à mes côtés. Je le regardais, allongé près de moi, son bras autour de ma taille, son souffle régulier. Il avait l'air si tranquille, si apaisé, et moi... j'étais un vrai chaos intérieur.

"Tu dors ?" murmurai-je doucement, espérant qu'il m'entende.

"Pas encore," répondit-il, sa voix grave et légèrement rauque, trahissant sa fatigue.

"Ah, ok," dis-je simplement, hésitant un instant avant d'ajouter, "Tu crois que les paddocks vont changer pour nous ?"

Il ouvrit un œil, visiblement intrigué. "Changer comment ?"

"Je sais pas. Est-ce que tu crois qu'on pourra vraiment continuer à être comme ça... nous, en cachette, sans que ça devienne compliqué ?"

Il se redressa légèrement, s'appuyant sur son coude pour me regarder. "Charles, écoute-moi."

Je levai les yeux vers lui, et son expression sérieuse me fit un peu paniquer.

"Ce qu'on vit là, ça vaut tous les risques. On trouvera une façon de gérer, je te le promets. Mais arrête de te torturer l'esprit pour ça, d'accord ?"

Je hochai la tête, même si les pensées dans mon esprit continuaient à tourner en boucle.

Pour changer de sujet, je me mis à lui parler d'un truc totalement futile. Les réglages qu'on avait testés sur le simulateur la semaine dernière, une anecdote drôle sur Carlos, n'importe quoi pour combler le silence. Et pourtant, à chaque fois que la conversation semblait se terminer, je relançais quelque chose.

Il finit par remarquer mon petit manège.

"Charles," dit-il doucement, coupant court à mon flot de paroles. "T'es fatigué, non ?"

"Non, ça va," mentis-je, détournant les yeux.

"Tu sais que t'es un terrible menteur, hein ?" dit-il avec un sourire amusé.

Je grognai, à moitié vexé, mais il se rapprocha pour m'embrasser doucement le front, ce qui calma immédiatement ma fausse irritation.

"Pourquoi tu fais ça ? Pourquoi tu refuses de dormir ?" demanda-t-il avec tendresse.

Je haussai les épaules, jouant avec un pli de la couverture. "J'ai pas envie que cette nuit se termine. Demain, on repart. Tu seras là, mais pas vraiment là. Et moi... j'ai peur qu'on perde ça."

Il resta silencieux un instant, puis sa main glissa doucement dans mes cheveux, me forçant à lever les yeux vers lui.

"On va rien perdre, Charles," dit-il, son ton sérieux mais apaisant. "Ce qu'on vit là, c'est juste le début. T'as pas à t'inquiéter de ça. Je suis là, et je te lâcherai jamais."

Je sentis une vague d'émotion monter, mais je me retins de pleurer. À la place, je me glissai encore plus près de lui, nichant ma tête contre son torse.

"Promis ?" murmurais-je, ma voix à peine audible.

"Promis," répondit-il sans hésiter, ses bras m'entourant fermement.

Cette fois, je laissai enfin mes paupières se fermer. Avec lui, c'était facile de croire en ses promesses

Romeo save me ~ LestappenOù les histoires vivent. Découvrez maintenant