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POV Charles

Hier soir, j'ai réussi à respirer. Juste quelques heures de répit, un instant où je pouvais oublier tout ce qui me ronge, me serrant à Max dans une bulle de sécurité. Mais aujourd'hui, tout s'effondre à nouveau. Dès le matin, dès l'arrivée au Qatar, tout a basculé.

Mattia a trouvé mon numéro. Je ne sais pas comment, je ne veux même pas savoir. Ce que je sais, c'est que ce n'était pas un hasard. Ce n'était qu'une question de temps. Et aujourd'hui, il a commencé à me faire comprendre qu'il a toujours ce pouvoir sur moi.

Il m'a envoyé un message ce matin. Pas un simple message. Des photos. Des photos de moi, des photos de ce qu'il me faisait. Des photos que je n'ai jamais voulu revoir. Des photos qui font remonter la douleur, la honte. Des photos de moi vulnérable, faible, brisé.

J'essaie de ne pas les regarder, mais elles sont là, sur mon téléphone, comme un poison, se glissant dans mon esprit. Chaque image me fait revivre ces moments que j'ai passés à fuir, ces souvenirs que je croyais avoir oubliés. Les mots de Mattia résonnent dans ma tête. « Si tu oses parler, je détruirai tout ce que tu as, tout ce que tu aimes. » Je sais qu'il est capable de tout.

Je suis là, dans cet hôtel, entouré de gens, mais je me sens plus seul que jamais. Max a bien remarqué que quelque chose n'allait pas. Je vois son regard inquiet, ses questions silencieuses. Mais je ne peux pas lui dire. Je ne peux pas lui expliquer. C'est trop... trop honteux, trop terrifiant. Et je ne veux pas qu'il me voie comme ça, brisé, effrayé.

J'ai trop honte. J'ai trop peur. J'ai peur que si je lui parle de Mattia, si je lui dis la vérité, il me regarde autrement. Je n'arrive pas à imaginer ce qu'il penserait, ce qu'il ressentirait. J'ai l'impression de le décevoir avant même de lui en parler.

Je suis dans ma chambre, essayant de faire semblant que tout va bien. Mais chaque fois que je ferme les yeux, les images reviennent, plus nettes, plus violentes. Et je n'arrive pas à les faire disparaître.

Max entre dans la chambre sans frapper, son regard scrutant la pièce, cherchant à comprendre. Il se tourne vers moi, et je vois qu'il sait. Il voit quelque chose dans mon regard, quelque chose qu'il ne peut pas ignorer.

— Charles, qu'est-ce qui ne va pas ? Il s'approche de moi, une inquiétude profonde dans ses yeux. Il sait que ce n'est pas simplement la fatigue, ce n'est pas simplement le stress de la course.

Je me redresse, me forçant à sourire, mais ça sonne faux. Je me tourne vers lui, essayant de masquer l'effondrement qui me ronge de l'intérieur.

— Ce n'est rien, Max. Je suis juste fatigué, c'est tout. Ça va passer.

Il fronce les sourcils, ne croyant pas un mot. Je vois dans son regard qu'il sent ma panique, qu'il sait que ce n'est pas juste de la fatigue. Mais il ne dit rien. Il me regarde, peut-être en attendant que je craque, que je lui dise ce qui se passe, mais je ne peux pas. Pas maintenant. Pas comme ça.

Je me lève rapidement, évitant son regard, et je me dirige vers la fenêtre. Le vent souffle à l'extérieur, emportant avec lui mes pensées. Je me sens perdu. Piégé.

— Tu sais, je vais juste prendre un peu d'air. Ça va aller, Max.

Il hésite, mais finit par acquiescer, même s'il ne semble pas convaincu. Je quitte la pièce rapidement, ne lui donnant pas le temps de poser plus de questions. Une partie de moi veut fuir, fuir cet instant, fuir cette vérité qui me ronge.

Je marche dans les couloirs de l'hôtel, mon téléphone toujours dans ma poche, mais je n'ose même pas le regarder. Les photos sont là, gravées dans ma tête, me harcelant à chaque pas. Je n'arrive plus à respirer normalement. La panique m'envahit à nouveau.

Il faut que j'arrête de penser à ça, mais je n'y arrive pas. Je n'ai plus de contrôle. Et je ne sais plus quoi faire.

Romeo save me ~ LestappenOù les histoires vivent. Découvrez maintenant