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PDV Charles

La Q3 était terminée, et je n'avais jamais ressenti une telle adrénaline en décrochant la pole position. Tout était parfait, la voiture répondait bien, le timing était juste. Mais alors que je levais les yeux vers les résultats pour voir qui était derrière moi, je me suis figé en ne voyant pas le nom de Max dans les deux premières places. Ça m'a fait un choc. Je n'avais pas entendu de bruit venant de son garage, mais là, c'était une autre histoire.

Je me suis précipité vers mon ingénieur. "Où est Max ? Qu'est-ce qui se passe ?" demandai-je, l'inquiétude me gagnant en voyant son absence dans les premiers rangs.

Lorsque l'ingénieur m'expliqua qu'il avait été percuté par Checo et que son aileron était cassé, je ressentis un poids dans ma poitrine. Max, toujours si fort, si calme, était sans doute en train de bouillonner de rage à l'intérieur. Je savais combien il détestait perdre cette manière-là, et je savais aussi à quel point il prenait tout cela à cœur. La frustration, la colère, je pouvais presque la ressentir de là, à des kilomètres de lui.

Mais il fallait que je fasse quelque chose. Je ne voulais pas qu'il se sente comme ça. Pas maintenant. Pas après une journée aussi dure. Il ne méritait pas de se laisser envahir par la colère et la déception.

Je me précipitai à la fin de mes interviews, évitant les journalistes aussi vite que possible. La célébrité, l'attention, tout ça ne m'intéressait plus. Ce qui comptait, c'était Max. Tout ce que je voulais, c'était lui dire qu'il n'était pas seul, qu'il n'avait pas besoin de se perdre dans ses émotions négatives.

Je passai rapidement dans ma chambre, cherchant dans mon sac une peluche que j'avais l'habitude d'emmener avec moi depuis des années. Elle n'était pas grande, mais elle avait toujours eu ce pouvoir de réconforter mes proches quand ils en avaient besoin. Je savais que c'était peut-être un geste simple, mais je voulais qu'il sache que je pensais à lui.

Je toquai doucement à sa porte. Il ouvrit, et je vis immédiatement la fatigue dans ses yeux, des cernes visibles et un regard rougi. Il semblait à la fois épuisé et en colère, son visage marqué par un mélange de déception et de frustration. Il ne disait rien, mais je pouvais tout lire dans son regard.

Sans attendre, j'ouvris mes bras. Pour une fois, ce ne fut pas moi qui me blottis contre lui, mais lui qui s'approcha de moi. Il enfouit sa tête dans mon torse, et je le laissai faire. J'étais là, je le tenais, et ça semblait être la seule chose qui comptait.

Je murmurais doucement à son oreille. "Tu es un champion, Max. Ça n'a pas changé, rien ne change. Ce n'est qu'un mauvais moment, mais demain, tu vas tout déchirer. Tu vas remonter et montrer à tout le monde de quoi tu es capable." J'avais les mots pour apaiser, mais je savais aussi que ce n'était pas si simple.

"Tu sais que je suis fier de toi, n'est-ce pas ?" Je continuai, caressant doucement son dos, tout en sentant ses muscles se détendre lentement sous mes mains. "Et tu vas rebondir, je n'en doute pas. Ce n'est qu'un obstacle. Ça arrive à tout le monde. Mais toi, tu as cette force en toi, cette rage de vaincre. Demain, tout ira mieux."

Je pouvais sentir sa respiration se calmer à mesure qu'il restait dans mes bras. Mais je savais que je ne pouvais pas rester indéfiniment. J'avais un debriefing d'équipe qui m'attendait, et je devais m'y rendre. Mais avant de partir, je pris la peluche que j'avais apportée et je la lui tendis, un sourire tendre aux lèvres.

"Je veux que tu gardes ça avec toi," lui dis-je. "Quand tu la regardes, tu sauras que je suis avec toi. Même quand je ne suis pas là. Ça me fait du bien de savoir que tu as quelque chose de réconfortant près de toi."

Il prit la peluche, un léger sourire aux lèvres. "Tu es vraiment un cas, tu sais ?" me taquina-t-il, mais je pouvais sentir l'émotion dans sa voix. Puis il s'approcha et m'embrassa, un baiser doux, presque timide, mais rempli de reconnaissance. Ses lèvres m'effleurèrent doucement avant qu'il ne s'éloigne à contrecoeur.

"Merci, Charles. Vraiment," dit-il en me regardant avec une intensité qui me fit fondre.

Je lui souris et me dirigeai vers la porte. "Je vais te laisser. Tu n'as qu'à te concentrer sur la course maintenant. Demain, tu vas tout déchirer. Je crois en toi."

Avant de sortir, je me retournai une dernière fois et le vis encore tenir la peluche dans ses mains. Un dernier sourire et je partis.

Le debriefing m'attendait, mais mon esprit était ailleurs, dans cette chambre, avec lui. J'espérais qu'il allait aller mieux, que mes mots et mon geste lui avaient apporté un peu de réconfort. Parce qu'au fond, ce qui comptait, c'était qu'il sache qu'il n'était pas seul, quoi qu'il arrive.

Romeo save me ~ LestappenOù les histoires vivent. Découvrez maintenant