pdv max
Le jour des qualifications, je me sens épuisé. Mon dos me lance, à chaque virage, chaque freinage, chaque accélération. C'est comme une douleur sourde, constante, qui ne me quitte pas. La voiture semble encore plus étroite, le volant plus lourd, et je me concentre sur chaque mouvement comme si c'était le dernier. Mais malgré tout, je me donne à fond, comme toujours. Pourtant, à la fin, je termine seulement quatrième. Ce n'est pas catastrophique, mais ce n'est pas ce que j'espérais. Et je sais que la douleur a joué un rôle dans cette déception.
Je regarde les résultats sur l'écran, et je vois que Charles a pris la pole. Un sourire involontaire se forme sur mon visage. Ça me fait plaisir de le voir réussir, de le voir heureux. Ses yeux brillent, et je sais qu'il va être fier de lui ce soir. Mais au lieu de cette vague de frustration habituelle, je sens un léger apaisement. Parce que le voir réussir, c'est aussi voir une partie de moi réussir. C'est bête à dire, mais c'est ainsi. Ses succès, même si je n'ai pas toujours voulu l'admettre, comptent pour moi d'une manière que je ne comprends pas totalement.
Le moment suivant, pourtant, c'est comme si tout se refermait autour de moi. Les bruits des moteurs, les acclamations des autres pilotes, tout devient trop intense. Je suis frustré, non pas de ma performance, mais de l'immense colère qui m'envahit en pensant à mon père. La rage monte en moi, comme une vague prête à tout engloutir. Je veux être seul, j'ai besoin de calme pour laisser cette colère s'éteindre, pour trouver un peu de paix. Alors je m'échappe, m'éloignant des festivités, me réfugiant dans ma chambre d'hôtel. Je m'assois sur le lit, la tête pleine de pensées sombres, presque désespérées.
Une heure passe. Je suis là, figé, à essayer de me calmer. Mais la colère est toujours présente, toujours brûlante. Il est difficile de comprendre pourquoi il me traite ainsi, pourquoi il fait ça. Tout ce que je veux, c'est pouvoir être moi-même, sans avoir à craindre ce qu'il pourrait faire, ce qu'il pourrait dire. Mais rien de tout ça n'est simple.
Alors que je suis là, perdu dans mes pensées, j'entends soudain frapper à la porte. Je sursaute, interrompu dans ma spirale de colère et de frustration. Je me lève, un peu agité, et vais ouvrir.
Et là, je le vois. Charles. Il est là, dans le couloir de l'hôtel, seul. Il ne porte pas son uniforme de course, juste un t-shirt et un jean, mais il a ce regard déterminé, comme si quelque chose de plus le poussait à venir ici. Je le regarde, surpris de le voir. Pourquoi ne fête-t-il pas avec son équipe ? Pourquoi est-il ici, à ma porte, alors qu'il pourrait être entouré de tout le monde pour célébrer sa pole position ?
"Max..." commence-t-il, son regard se posant sur moi, une lueur d'inquiétude dans ses yeux. "Ça va ? Je... je voulais juste m'assurer que tu allais bien."
Je reste figé quelques secondes. Sa présence me surprend encore. Puis, lentement, je l'invite à entrer. Je n'ai pas besoin de mots pour comprendre qu'il a perçu ma souffrance, mon mal-être. Il a vu au fond de mes yeux quelque chose que je ne peux pas cacher, quelque chose que j'essaie de fuir. La douleur, la colère, tout ce que j'ai ressenti toute la journée.
Il s'assoit en face de moi, me regardant sans parler. Je ne sais pas quoi dire non plus. Alors je me laisse tomber sur le canapé, fatigué. La douleur de mon dos est presque insupportable, mais c'est cette colère qui me ronge encore plus. J'essaie de la refouler, mais elle est là, omniprésente.
Finalement, c'est Charles qui brise le silence. "Tu sais, si tu veux parler de ce qui ne va pas... je suis là," dit-il doucement, comme s'il ne voulait pas trop forcer les choses. Il n'a pas besoin de dire plus. Ses mots, simples mais sincères, me touchent.
Je le regarde, hésitant. Et au lieu de parler de mon père, de la douleur qu'il m'inflige, je décide d'éviter le sujet. Parce que parler de lui, c'est comme ouvrir une blessure qui ne se referme jamais. Alors je détourne le regard et, dans un souffle, je murmure : "Merci d'être là."
Il hoche la tête, son regard toujours ancré dans le mien. Et je sens une chaleur douce se diffuser dans mon cœur. Pour une fois, la colère semble un peu moins présente. Charles est là, et pour le moment, c'est tout ce qui compte.
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Romeo save me ~ Lestappen
Storie d'amoreCharles, le prestigieux pilote de la scuderia Ferrari cache en réalité homme au cœur brisé malgré les apparences depuis la mort de son père et son parrain. Mais que va-t-il se passé quand Max, son plus grand rival, va commencer a s'inquiéter pour...
