POV Max
Je ne sais plus quoi penser. Charles n'est pas le même. Depuis quelques jours, il se renferme de plus en plus, et je sens la distance grandir entre nous, même si, au fond, il ne le montre pas directement. Il évite mes questions, me ment avec des sourires forcés, et je sens bien que quelque chose ne va pas. Mais il ne veut rien dire. Il garde tout pour lui, et ça me ronge de l'intérieur.
Il y a eu cette nuit, par exemple. Charles est revenu de sa promenade à trois heures du matin. Trois heures du matin, Charles. C'est bien trop tard pour être dehors, surtout dans son état. Quand il est revenu à l'hôtel, je l'ai vu épuisé, les yeux vides, comme si tout en lui était brisé. Il n'arrivait pas à trouver le sommeil, il se tournait et se retournait dans le lit, enchaînant les pensées sans pouvoir les arrêter.
Je n'ai pas pu le laisser dans cet état. Je l'ai pris dans mes bras, comme pour lui offrir ce que je pouvais, en espérant que ça suffirait. Je lui ai murmuré des mots tendres, lui assurant à quel point je l'aimais, à quel point je serais toujours là pour lui, même quand tout semble trop lourd. C'est là qu'il a craqué.
Il s'est laissé aller dans mes bras, pleurant silencieusement, sans pouvoir se retenir. Et moi, j'étais là, perdu, ne sachant pas quoi dire ou quoi faire pour le soulager. Il m'a serré fort, comme s'il avait peur que je disparaisse, que je le laisse seul. Je savais qu'il portait un poids énorme sur ses épaules, mais à ce moment-là, je me suis senti impuissant. Pierre non plus ne savait pas quoi faire. Aucun de nous n'a su comment le soutenir autrement que par notre présence. Mais j'ai l'impression que c'est insuffisant.
Et maintenant, ce matin, il est comme d'habitude. Il essaie de paraître calme, de garder son masque, mais je sais que ce n'est pas le cas. Je vois dans ses yeux qu'il est ailleurs, perdu dans ses pensées sombres.
Les qualifications arrivent, et je prends la pole position. C'est une bonne nouvelle, mais en réalité, ça me semble tellement insignifiant par rapport à ce qui se passe avec Charles. Je devrais être heureux, profiter de ce moment, mais au lieu de ça, mon esprit reste focalisé sur lui. Sur son silence. Sur sa souffrance cachée.
Quand je rentre à l'hôtel après les qualifications, je croise Charles dans le hall. Il n'a pas changé. Il semble toujours aussi distant, mais il me sourit, ce sourire qui ne trompe personne. Et là, c'est lui que je vois. Mattia. Il est là, au milieu du hall, comme si sa simple présence suffisait à me faire tomber dans un abîme de doute.
Je sais que Charles doit être heureux de le voir. C'est son ancien patron, et même si tout semble étrange, je suis persuadé qu'il y a une part de lui qui est soulagée de le voir. Mais je vois quelque chose d'autre dans son regard. La peur. Il essaie de la cacher, de dissimuler cette peur qu'il ne veut pas que je remarque, mais elle est là, dans ses yeux, derrière chaque mouvement.
Je me rapproche de lui, mais je vois bien qu'il est tendu. C'est comme s'il avait peur de ce qui pourrait se passer. Je n'arrive pas à m'empêcher de lui poser la question.
— Charles, ça va ? Je vois bien dans tes yeux... c'est Mattia, hein ? Tu as peur de lui, non ?
Il me regarde, un instant d'hésitation dans ses yeux, puis il détourne le regard. Et là, il me dit ce que je redoutais.
— Max, tu te fais des films. C'est rien. Je vais bien, vraiment. Il n'y a rien à craindre.
Mais je sais qu'il ment. Je sais qu'il me cache quelque chose. Il n'arrive même pas à me regarder quand il me dit ça. Je le connais trop bien pour ne pas le voir. Mais il insiste, il fait comme si de rien n'était. Et moi, je dois accepter cette version de l'histoire. Je dois accepter son silence, même si tout en moi me crie de creuser plus profondément, de savoir la vérité.
Je le laisse partir sans dire un mot, mais je sais que quelque chose ne va pas. Je vois la peur dans ses yeux, et ça m'empoisonne l'esprit.
Le soir arrive, et malgré le fait que je sois en pole position, je n'arrive pas à me concentrer sur la course. Tout ce que je veux, c'est être là pour Charles, mais il me fuit. Il ne veut pas parler. Et moi, je suis frustré, mais je ne peux pas le forcer. Je dois attendre qu'il soit prêt, mais chaque minute sans réponse me pèse.
Je sais qu'il essaie de tout garder pour lui. Il se protège. Mais ça me fait mal de le voir souffrir en silence, de le voir porter tout ce poids tout seul.
Quand la soirée touche à sa fin, Charles et moi retournons dans notre chambre. Il est plus calme ce soir, moins tendu, mais je sais que ce n'est pas tout à fait vrai. Il est là, près de moi, mais je ne peux m'empêcher de me demander si, dans sa tête, il est déjà ailleurs.
Je le regarde, cherchant un moyen de lui parler, mais il semble épuisé. Je ne sais pas quoi dire.
— Charles, je sais que tu ne veux pas en parler, mais... je veux juste que tu saches que je suis là. Si tu veux parler, n'hésite pas, ok ? Je serai toujours là pour toi.
Il me regarde avec une intensité que je n'avais pas vue depuis un moment, et j'y lis quelque chose que je ne peux pas comprendre. Mais il ne répond pas. Il se contente de sourire faiblement, comme s'il voulait me rassurer. Je n'insiste pas. Je me contente de lui caresser doucement les cheveux, essayant de lui montrer qu'il n'est pas seul.
Finalement, il s'endort contre moi, son corps se détendant lentement, mais moi, je reste là, les yeux ouverts, pensant à tout ce qu'il cache, à tout ce qu'il n'arrive pas à dire. Et je sais que je dois l'aider, mais je ne sais pas encore comment
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Romeo save me ~ Lestappen
RomantizmCharles, le prestigieux pilote de la scuderia Ferrari cache en réalité homme au cœur brisé malgré les apparences depuis la mort de son père et son parrain. Mais que va-t-il se passé quand Max, son plus grand rival, va commencer a s'inquiéter pour...
