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pdv Charles

Suivre Max jusqu'à sa chambre d'hôtel était à la fois excitant et terrifiant. Chaque pas que je faisais semblait amplifié par le silence des couloirs, mon cœur battant plus vite que jamais. Max marchait devant moi, confiant et tranquille, et moi, j'essayais de ne pas me perdre dans mes pensées.

Quand nous sommes arrivés, il a ouvert la porte avec une assurance qui me fascinait. La chambre était plongée dans une douce pénombre, éclairée seulement par la lumière de la ville filtrant à travers les rideaux. L'atmosphère était différente de tout ce qu'on avait vécu jusqu'ici : intense, électrique, et pourtant rassurante.

Max s'est retourné vers moi, son regard profond et calme, mais chargé d'une intensité difficile à ignorer. Sans un mot, il s'est approché, tendant une main pour attraper la mienne. Mon souffle s'est coupé quand il a effleuré ma joue. Puis ses lèvres ont trouvé les miennes.

Le baiser était lent, doux, mais terriblement brûlant. Mon corps répondait au sien, et tout en moi criait que je le voulais. Mais une peur froide m'a traversé. Pas maintenant. Pas comme ça.

Je me suis reculé légèrement, brisant notre étreinte. "Stop," ai-je murmuré, à moitié essoufflé. Max a levé un sourcil, surpris mais patient. "Je... je ne peux pas. Pas encore. Je ne suis pas prêt, et toi... tu es toujours avec Kelly et moi avec alexandra. Je ne peux pas faire ça tant que nous sommes en couple."

Un silence s'est installé, mais ce n'était pas un silence lourd. Max a hoché la tête, ses traits s'adoucissant. "Je comprends," a-t-il répondu calmement, sa voix basse et rassurante. "On n'est pas obligés de précipiter quoi que ce soit, Charles. Ce n'est pas ça qui compte pour moi."

Et c'était vrai. Je pouvais le lire dans ses yeux. Il ne m'en voulait pas. Il était simplement heureux que je sois là avec lui.

Il a doucement tiré ma main pour m'entraîner sur le lit, et on s'est allongés l'un à côté de l'autre. Il n'y avait plus de pression, plus d'attentes. Juste nous, dans le moment présent.

La chaleur de son corps à côté du mien me suffisait, et je me suis laissé aller contre lui, ma tête reposant sur son épaule. Il a passé un bras autour de moi, et j'ai senti sa respiration devenir régulière alors qu'il s'endormait.

Pourtant, le sommeil ne venait pas pour moi. Les ombres dans la pièce semblaient trop grandes, mes pensées trop bruyantes. Et au fond de moi, une peur grandissait : celle que Max se lasse. Que mon incapacité à avancer le pousse à partir, à m'abandonner.

Je me suis redressé lentement, m'asseyant au bord du lit, mes bras enroulés autour de mes genoux. Mon regard fixait le sol, mais mon esprit était ailleurs, tiraillé entre le désir de le garder près de moi et la peur de ne pas être assez.

Je n'ai pas entendu Max bouger derrière moi, mais sa voix endormie m'a tiré de mes pensées. "Charles... Qu'est-ce qui ne va pas ?"

Je me suis tourné pour le voir, encore à moitié plongé dans le sommeil, mais les yeux remplis de souci.

"Rien," ai-je menti, mais ma voix tremblait.

Il s'est redressé, s'asseyant à mes côtés. Ses doigts ont effleuré mon dos, me ramenant doucement à lui. "Hé... je suis là," a-t-il murmuré. "Tu n'as pas à avoir peur. Je ne vais nulle part."

Ces mots ont suffi à faire éclater quelque chose en moi. Je me suis retourné vers lui, laissant tomber ma tête contre son épaule. "Promets-moi que tu ne partiras pas," ai-je chuchoté, ma voix à peine audible.

Max a resserré son étreinte autour de moi, son menton reposant sur le sommet de ma tête. "Je te le promets, Charles. Peu importe combien de temps il te faut, je serai là."

Et à cet instant, dans ses bras, j'ai enfin réussi à respirer. Mon esprit s'est apaisé, et pour la première fois depuis longtemps, la peur a reculé, remplacée par la certitude qu'avec lui, je n'étais pas seul.

Romeo save me ~ LestappenOù les histoires vivent. Découvrez maintenant