Pdv Charles
Max était parti après le petit-déjeuner, me laissant seul dans cet appartement devenu bien trop silencieux. Avant, j'aimais ces week-ends de pause à Monaco. Ils étaient synonymes de détente, de moments pour moi-même, pour me recentrer. Mais en ce moment, cette solitude me pesait plus qu'elle ne m'apaisait.
Je passais une bonne partie de la matinée à tourner en rond, incapable de rester concentré sur quoi que ce soit. Mes pensées, comme toujours, tournaient autour de Max. De ses gestes, de ses mots, de ses silences. Et surtout, de ce foutu baiser.
Un mélange de culpabilité, de confusion et de colère me tiraillait de l'intérieur. À force de ressasser les mêmes idées, je décidai qu'il fallait que je fasse quelque chose pour mettre de l'ordre dans ce chaos. Écrire, c'était toujours ce qui m'aidait à clarifier les choses.
Je trouvai un paquet de post-it dans un tiroir et m'installai dans le salon avec un stylo. Chaque pensée, chaque peur, chaque doute trouvait sa place sur un petit bout de papier coloré.
"Pourquoi Max ?" écrivis-je sur le premier.
Puis vinrent les autres, dans un flot ininterrompu :
"Et si ce n'était qu'un moment de faiblesse ?"
"Je ne suis pas attiré par les hommes."
"Alors pourquoi je pense à lui sans arrêt ?"
"C'est dégoûtant de ressentir ça."
"Mais ce n'est pas dégoûtant avec lui."
Mes mains tremblaient parfois en écrivant certains mots. C'était comme mettre à nu des parties de moi-même que je refusais de voir.
Au fil des heures, les post-it s'accumulaient, recouvrant la table basse, puis le canapé, et enfin les murs autour de moi. À chaque question, je tentais une réponse. À chaque peur, une justification. Mais aucune ne semblait suffisante.
Je perdis toute notion du temps, plongé dans cet exercice cathartique. Quand je relevai enfin les yeux, le soleil avait déjà disparu derrière l'horizon, et mon appartement était un chaos de couleurs vives. Des dizaines, peut-être même une centaine de post-it couvraient chaque surface disponible.
Je m'assis au milieu de ce fouillis, fatigué, mais pas apaisé pour autant. J'avais vidé ma tête, mais le tumulte était toujours là, juste en arrière-plan.
C'est à ce moment-là que mon téléphone vibra sur la table. L'écran s'alluma, affichant le nom de Max. Un appel FaceTime.
Un frisson me parcourut. Une partie de moi voulait ignorer l'appel, mais mes doigts glissèrent sur l'écran avant que je ne puisse me retenir.
« Salut, » dis-je, tentant un sourire qui, je le savais, ne tromperait personne.
Le visage de Max apparut à l'écran, ses yeux bleu glacier brillant d'une chaleur inattendue. « Salut. Juste un petit check-in. T'as l'air... fatigué. Tout va bien ? »
Je tentai de me redresser un peu, balayant du regard les post-it autour de moi. Merde. J'avais complètement oublié ce désordre.
« Oui, oui, ça va, » mentis-je en bougeant légèrement le téléphone pour cadrer un mur vierge.
Max fronça les sourcils, son expression sceptique. « T'es sûr ? C'est quoi derrière toi ? »
Je baissai les yeux, feignant de ne pas comprendre. « Rien, juste... un peu de rangement. »
Mais il n'était pas idiot. Je voyais son regard essayer de capter plus de détails à l'écran.
« Charles, tu sais que je peux voir un bout de papier collé sur ta table, là ? »
Je roulai des yeux, tentant de rester calme. « Ce n'est rien, Max. Sérieusement. On peut changer de sujet ? »
Il hésita, mais hocha la tête, acceptant à contrecœur. « D'accord. Si tu dis que ça va... »
Sa voix s'éloigna légèrement, comme s'il tournait la tête pour parler à quelqu'un d'autre. Puis je l'entendis.
Une voix féminine, claire, chantante. Kelly.
Mon cœur se serra instantanément.
« Ah, tiens, » dit-elle en arrière-plan. « T'as bientôt fini, Max ? On doit y aller dans dix minutes. »
Mon estomac se noua, ma mâchoire se crispa. Pourquoi était-elle toujours là ? Pourquoi semblait-elle si... à l'aise avec lui ?
Max se tourna légèrement vers elle, hors champ. « Ouais, j'arrive, donne-moi deux minutes. » Puis il se remit à me regarder, comme si de rien n'était.
Mais moi, je n'arrivais plus à le regarder. Je sentais ma jalousie, ce poison insidieux, envahir chaque fibre de mon être.
« Charles ? Tout va bien ? » demanda-t-il, confus par mon silence.
Je secouai la tête, le souffle court. « Écoute, je dois y aller. On parlera plus tard. »
Avant qu'il ne puisse répondre, je raccrochai.
Je laissai le téléphone tomber sur le canapé, mon cœur battant à tout rompre. Qu'est-ce qui clochait chez moi ? Pourquoi est-ce que tout cela me mettait dans un tel état ?
Je passai une main sur mon visage, épuisé par mes propres réactions. Une chose était claire : j'avais encore beaucoup à régler. Mais pour l'instant, tout ce que je voulais, c'était fuir cette sensation de vide qui me rongeait de l'intérieur.
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Romeo save me ~ Lestappen
Roman d'amourCharles, le prestigieux pilote de la scuderia Ferrari cache en réalité homme au cœur brisé malgré les apparences depuis la mort de son père et son parrain. Mais que va-t-il se passé quand Max, son plus grand rival, va commencer a s'inquiéter pour...
