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PDV Charles

Je me réveillai en pleine nuit, la gorge serrée, l'esprit tourmenté. Tout ce que Max m'avait confié quelques heures plus tôt revenait comme une tempête, des images, des mots, des blessures que je n'arrivais pas à digérer. Je me sentais impuissant, terrifié par ce qu'il avait enduré. Comment un père pouvait-il infliger ça à son propre fils ? Comment Max avait-il réussi à survivre avec tout ce poids sur ses épaules ?

Je passai ma main sur mon visage, tentant de calmer les battements désordonnés de mon cœur. Mais rien n'y faisait. Je me levai, incapable de rester allongé. Chaque détail de son récit défilait dans ma tête, comme un film que je ne pouvais pas arrêter. Ses mots. Sa douleur. Ces cicatrices sur son corps... J'avais toujours supposé qu'elles venaient de sa carrière, de chutes, de batailles sur les circuits. Jamais je n'aurais imaginé qu'elles portaient les traces de violences bien plus sombres, bien plus personnelles.

Je fis les cent pas dans la chambre, mon esprit en surchauffe. Je voulais l'aider, le sauver, réparer tout ce qui avait été détruit. Mais comment ? Ce n'était pas un problème que je pouvais résoudre d'un simple geste ou d'une parole. Je voulais être assez fort pour porter sa douleur, pour l'éloigner de tout ce qui le blessait. Je voulais qu'il sache qu'il n'était plus seul.

Mais, au fond de moi, une peur grandissait. Et si je n'étais pas à la hauteur ? Et si je ne réussissais pas à être la personne dont il avait besoin ?

Perdu dans mes pensées, je n'entendis pas tout de suite sa voix.

"Charlie... qu'est-ce que tu fais ? Il est tard."

Je me tournai, surpris. Max était assis sur le lit, ses cheveux en désordre, son regard endormi mais inquiet. Même dans cet état, il était magnifique. Pourtant, je voyais les cernes sous ses yeux, le poids qu'il portait encore malgré notre discussion.

"Je réfléchissais," murmurai-je, hésitant, m'approchant lentement du lit.

Il haussa légèrement un sourcil, visiblement pas convaincu. "À quoi ? Pourquoi tu ne dors pas ?"

Je m'assis au bord du lit, baissant les yeux. "À toi. À ce que tu m'as raconté. À... comment je peux t'aider."

Un soupir franchit ses lèvres. Il tendit une main vers la mienne, l'attrapant doucement. "Tu n'as pas besoin de m'aider, Charles. Je t'en ai parlé parce que j'avais besoin que tu saches, mais ce n'est pas ton rôle de tout réparer."

"Mais si, Max," dis-je, ma voix plus ferme que je ne l'aurais voulu. Je levai les yeux vers lui, cherchant son regard. "Je t'aime. Et parce que je t'aime, je ne peux pas rester là, à ne rien faire. Je veux te protéger, te montrer que tu mérites mieux. Que tu mérites d'être heureux, d'être aimé sans condition."

Il serra un peu plus ma main, mais je vis son regard vaciller, comme s'il essayait de cacher quelque chose.

"Tu crois vraiment que c'est aussi simple que ça ?" murmura-t-il, un sourire triste étirant ses lèvres.

"Non, ce n'est pas simple," admis-je. "Mais je suis prêt à tout. Pour toi. Parce que tu es tout pour moi."

Il ferma les yeux un instant, comme s'il essayait de retenir quelque chose. Quand il les rouvrit, une larme silencieuse roulait sur sa joue. "Je ne sais pas comment tu fais... Comment tu peux encore m'aimer après tout ça."

Je me rapprochai instinctivement, posant ma main sur sa joue pour essuyer la larme du bout des doigts. "Parce que c'est toi, Max. Tout simplement. Avec tes forces, tes faiblesses, ton passé, tout ce que tu es. Rien ne changera ça."

Sa respiration se brisa, et avant que je ne m'en rende compte, il éclata en sanglots. Pas les pleurs silencieux que j'avais vus auparavant, mais des sanglots profonds, presque désespérés. Mon cœur se serra, et je fis la seule chose qui me semblait juste : je l'enlaçai.

Il se laissa aller contre moi, tremblant, enfouissant son visage dans mon cou. Entre deux sanglots, des mots s'échappaient : "Je suis désolé... Désolé de te faire vivre ça... Désolé d'être comme ça..."

"Ne dis pas ça," murmurai-je, caressant doucement ses cheveux. "Tu n'as rien à te faire pardonner. Rien du tout. Je suis là. Je suis là pour toi, Max, et je ne partirai pas."

Il hocha la tête contre mon épaule, son souffle irrégulier se calmant peu à peu. Après un long moment, il releva la tête, ses yeux rouges et gonflés.

"Tu n'as aucune idée à quel point tu comptes pour moi, Charles," dit-il d'une voix rauque. "Aucune idée."

"Alors montre-le-moi," répondis-je doucement.

Il me fixa un instant avant de se pencher pour m'embrasser. C'était un baiser différent des autres. Lent, intense, chargé d'émotions brutes. Je sentais sa peur, sa douleur, mais aussi son amour. Et dans ce moment, plus rien d'autre n'existait.

Quand on se sépara, je l'enlaçai à nouveau, le gardant contre moi comme si ma vie en dépendait. "Répète-le-moi," murmura-t-il soudain.

"Quoi ?" demandai-je, surpris.

"Que tu m'aimes."

Je souris doucement, caressant son dos. "Je t'aime, Max. Je t'aime plus que tout. Et je te le répéterai autant de fois que tu voudras."

Il ferma les yeux, se blottissant un peu plus contre moi. "C'est tout ce dont j'ai besoin."

On se recoucha, et cette fois, il s'endormit paisiblement dans mes bras. Moi, je restai éveillé un moment, le regardant, mémorisant chaque détail de son visage. Et pour la première fois, je me sentis plus déterminé que jamais. Peu importe ce qu'il faudrait affronter, je serais là. Pour lui. Toujours.

Romeo save me ~ LestappenOù les histoires vivent. Découvrez maintenant