Pdv Max
Après le FaceTime avec Charles, j'étais parti
dîner avec Kelly. Nous nous étions installés dans un restaurant qu'elle aimait beaucoup, un endroit chaleureux avec des lumières tamisées et une ambiance parfaite pour se détendre. Mais, pour être honnête, je n'étais pas vraiment là.
Charles occupait toutes mes pensées. Son silence, son regard fuyant pendant l'appel, cette tentative maladroite de cacher quelque chose... tout cela me hantait. Kelly parlait de ses projets pour la semaine, mais je ne l'écoutais qu'à moitié, hochant la tête de temps en temps pour faire semblant de suivre.
Quand nous avons fini de manger, j'attrapai rapidement l'addition avant qu'elle ne puisse s'en charger, puis je trouvai une excuse.
« Écoute, Kelly, je viens de me rappeler que Daniel voulait qu'on se voie ce soir. Un truc rapide, mais important. Ça te dérange pas si on rentre séparément ? »
Elle me regarda, un peu déçue, mais elle hocha la tête. « Pas de problème. On se voit demain ? »
« Bien sûr, » mentis-je avec un sourire.
Une fois dehors, je sautai dans ma voiture et me dirigeai directement chez Charles. Quelque chose n'allait pas, et je ne pouvais pas laisser ça comme ça.
Quand il ouvrit la porte, je fus immédiatement frappé par son expression. Ses traits étaient tirés, ses yeux rougis, et il avait cette tension dans la mâchoire qui indiquait qu'il était sur le point d'exploser.
« Qu'est-ce que tu fais là ? » demanda-t-il sèchement, mais sa voix tremblait légèrement.
« J'étais inquiet, » répondis-je calmement, tentant de ne pas l'agiter davantage.
Charles passa une main dans ses cheveux, visiblement à bout de nerfs. Puis, d'un coup, il explosa.
« Inquiet ? » dit-il, presque en riant nerveusement. « C'est marrant, Max, parce que t'as pas l'air très inquiet quand t'es avec elle. »
Sa jalousie était presque palpable, et malgré la douleur que je lisais dans ses yeux, une petite partie de moi ne pouvait s'empêcher de ressentir une étrange satisfaction. Il se souciait de moi, peut-être plus qu'il ne voulait l'admettre.
Je restai silencieux, le laissant vider son sac.
« Elle est partout, Max ! » continua-t-il en faisant les cent pas dans son salon. « Elle te colle, elle te regarde comme si t'étais son monde, et toi, tu la laisses faire. Alors pourquoi tu viens ici ? Pourquoi tu m'appelles pour vérifier si je vais bien, si c'est elle que tu veux vraiment ? »
Il s'arrêta enfin, face à moi, son torse se soulevant rapidement sous l'effet de sa respiration saccadée.
Je fis un pas vers lui et, doucement, posai mes mains sur ses épaules. Il tenta de reculer, mais je le retins fermement.
« Charles, » dis-je doucement, le regardant droit dans les yeux. « Je suis là. Pas avec elle. Avec toi. »
Ses traits se détendirent légèrement, et une lueur de soulagement traversa son visage, mais il semblait épuisé, vidé par ses propres émotions.
« Viens, » murmurai-je en l'attirant doucement contre moi. Il se laissa faire, son front reposant contre mon épaule. Je le sentais trembler légèrement, et cela me brisait le cœur.
Après un long moment, je murmurai : « Tu es épuisé, Charles. Viens, il faut que tu te reposes. »
Il hocha la tête faiblement, trop fatigué pour protester. Je l'entraînai doucement vers sa chambre, mais en chemin, quelque chose attira mon attention.
L'appartement.
Des post-it. Partout.
Ils couvraient les murs, la table, même les cadres photos. Des petits bouts de papier colorés, chacun marqué d'une écriture nerveuse et précipitée. Je compris immédiatement qu'ils étaient le fruit de l'esprit tourmenté de Charles, mais je savais que ce n'était pas le moment d'en parler.
Il avait besoin de dormir.
Je l'aidai à se coucher, lui parlant doucement pour l'apaiser. Une fois dans son lit, il murmura un faible « Merci, » avant de sombrer dans un sommeil lourd, sa respiration devenant régulière.
Je restai là un moment, assis sur le bord du lit, le regardant dormir. Ses traits, enfin détendus, avaient quelque chose d'innocent, de vulnérable.
Quand je fus sûr qu'il dormait profondément, je me levai et retournai dans le salon. L'envie de comprendre ce qui se passait dans sa tête était trop forte.
Je commençai à lire les post-it.
Les premières phrases étaient déjà un choc :
"Pourquoi Max ?"
"C'est dégoûtant de ressentir ça."
"Je ne suis pas attiré par les hommes."
"Alors pourquoi je pense à lui tout le temps ?"
Chaque mot était comme un coup de poing. Je parcourus les murs, lisant des fragments de ses pensées les plus sombres, ses doutes, ses peurs, et cette bataille intérieure qu'il menait seul.
Cela me fit mal. Plus mal que je ne l'aurais cru.
Il se détestait pour quelque chose qu'il ne contrôlait même pas, et je pouvais voir à quel point cela le rongeait. Ces post-it étaient un cri d'alarme silencieux, une fenêtre ouverte sur un esprit noyé dans un chaos émotionnel.
Je me laissai tomber sur le canapé, ma tête entre mes mains.
Pour la première fois, je comprenais vraiment à quel point il souffrait. Et plus que jamais, je savais que je devais être là pour lui, peu importe ce que cela signifiait pour moi.
Je retournai discrètement dans sa chambre pour vérifier qu'il dormait toujours. Il était là, paisible, complètement inconscient du poids qu'il faisait peser sur mes épaules.
En silence, je me jurai de ne jamais le laisser affronter ça seul.
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Romeo save me ~ Lestappen
RomanceCharles, le prestigieux pilote de la scuderia Ferrari cache en réalité homme au cœur brisé malgré les apparences depuis la mort de son père et son parrain. Mais que va-t-il se passé quand Max, son plus grand rival, va commencer a s'inquiéter pour...
