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POV Charles

Je suis dans ma loge, seul, essayant désespérément de me concentrer avant le Grand Prix. Mais mon esprit refuse de coopérer. Tout est flou, étouffant. Les murmures de mes pensées s'entrechoquent, et une sensation de malaise s'insinue sous ma peau. 

La porte s'ouvre brusquement, sans frapper. Mon corps se tend immédiatement en voyant Mattia entrer. Mon souffle se bloque alors qu'il referme la porte derrière lui, son regard pesant glissant sur moi comme un poids que je ne peux éviter. 

— Charles, murmure-t-il en avançant lentement. Tu sais que je n'aime pas quand tu m'ignores. 

Sa voix est douce, presque amicale, mais chaque mot est chargé de menace. Mon estomac se noue alors qu'il réduit la distance entre nous. Mon instinct me hurle de bouger, de m'éloigner, mais mes jambes refusent de répondre. 

Il s'arrête devant moi, trop près, son souffle effleurant ma peau. Une main se pose sur mon bras, et je recule instinctivement. 

— Ne fais pas ça, murmure-t-il, son ton basculant dans une froideur glaçante. Tu sais que tu ne peux pas m'éviter. 

Avant que je puisse réagir, ses lèvres s'écrasent sur les miennes. Le choc me paralyse, et une vague de dégoût m'envahit. Je tente de me dégager, mais sa main serre mon bras avec une force brutale, m'immobilisant. 

Je lutte, mais il est plus fort. Il m'oblige à reculer jusqu'au canapé, me poussant pour que je tombe assis. Son genou presse contre le mien, empêchant tout mouvement. 

— Mattia, arrête ! protesté-je, ma voix tremblante, mais il ne semble pas entendre. 

Sa main glisse vers ma nuque, et son regard est froid, implacable. 

— Ce n'est pas la peine de résister, Charles. Tu me dois bien ça, non ? 

Sa main descend, et je sens mon souffle se couper. La panique monte, m'envahissant complètement. Mon esprit hurle, mais les mots ne sortent pas. Je me sens piégé, incapable de fuir. 

Soudain, un bruit sec retentit : quelqu'un frappe à la porte. 

— Charles, c'est Carlos. On doit partir pour le briefing, dépêche-toi ! 

La voix de Carlos résonne de l'autre côté de la porte, claire et ferme. Mattia se fige. Pendant une fraction de seconde, son emprise se relâche, et je profite de cette ouverture pour me dégager. 

Je me lève précipitamment, reculant vers l'autre bout de la pièce, les jambes tremblantes. Mattia me fixe, son expression oscillant entre frustration et colère. 

— Ce n'est pas fini, murmure-t-il avant de se détourner. 

Il ajuste sa veste, reprend son masque de calme calculé, et sort de la loge, ouvrant la porte d'un geste sec. Carlos, qui attendait derrière, lui lance un regard interrogateur, mais Mattia passe sans un mot. 

— Tout va bien, Charles ? demande Carlos en entrant, son regard scrutant rapidement la pièce avant de se poser sur moi. 

J'acquiesce rapidement, détournant les yeux pour cacher mon trouble. 

— Oui, je... je suis prêt, menti-je, la voix plus rauque que je ne l'aurais voulu. 

Carlos semble hésiter, mais il ne pose pas de questions. Il me fait signe de le suivre, et je le rejoins, le pas encore maladroit. Mon esprit est en ébullition, mais je serre les poings, essayant de garder le contrôle. 

Ce n'est pas fini, c'est vrai. Mais je refuse de laisser Mattia gagner. Pas cette fois.

Romeo save me ~ LestappenOù les histoires vivent. Découvrez maintenant