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POV Charles

Je marche aux côtés de Max, en silence, notre pas résonnant sur le pavé. Il est là, près de moi, et même si on ne parle pas, sa présence est rassurante. Il marche d'un pas tranquille, comme d'habitude, mais moi, je suis un tourbillon d'émotions, chaque seconde plus lourd à porter. J'ai l'impression d'être à la fois là et ailleurs, un simple corps en mouvement, tandis que mon esprit erre à mille lieues d'ici.

Nous avançons vers le circuit, et je sais que je dois me concentrer sur la course. Mais aujourd'hui, ce n'est pas la piste qui me fait peur. C'est autre chose. Ce n'est même pas Max, même s'il semble ressentir la tension qui flotte entre nous. Il garde un silence respectueux, ne cherchant pas à briser le mur que je mets en place, et je lui en suis reconnaissant.

C'est alors que nous croisons son père et... Mattia. dès que je vois la silhouette de Binotto, un frisson glacial me traverse. Max et son père échangent quelques mots, des banalités, tandis que je me sens comme pris dans un étau. La tension monte instantanément, et une vague de panique m'envahit. Mon cœur bat à tout rompre, et je suis certain que si je laisse passer un mot, il va dérailler.

Le père de Max commence à faire ses reproches habituels, mais cette fois, c'est différent. Je n'arrive plus à cacher ma panique. Chaque parole du père de Max me fait l'effet d'un coup de poignard. Je sens mes mains trembler, mes jambes flancher sous le poids de la situation. Je serre les dents, mais je sais que ça ne va pas tenir. Ça m'étouffe, et je ne peux plus rien contrôler.

Max semble sentir que quelque chose ne va pas. Il se tourne vers moi, son regard inquiet croisant le mien. Je tente de détourner les yeux, mais c'est trop tard. Il voit. Il voit que quelque chose m'échappe. Il le sait.

Sans un mot, Max prend ma main et nous éloigne doucement de la conversation. Son père continue de parler, mais il nous laisse partir sans insister. Je ne peux même pas lui en vouloir. C'est Mattia qui me fait réagir de cette manière, mais je ne peux pas le dire à Max. Pas encore.

Max m'amène dans sa driver room, et une fois la porte fermée, je laisse échapper un souffle lourd de soulagement. Je suis enfin loin de cette scène, loin de cette atmosphère qui m'étouffait. Mais je sais qu'il faut que je parle, que je lui dise ce qui ne va pas. Il le mérite. Je lui dois la vérité. Mais je ne sais pas comment.

Il me regarde, ses yeux remplis de douceur, comme si tout allait bien. Il croit que mon état est lié à son père et à ses critiques. Il n'imagine même pas que ce n'est pas ça. C'est Mattia, ce retour en force dans ma vie, cette emprise qu'il a sur moi. Je ne peux pas lui dire. Pas comme ça. Alors je lui donne ce qu'il veut entendre.

— C'est juste... ton père. Ses critiques, tu sais comment il est, je réponds d'une voix un peu tremblante.

Max hoche la tête, sans aucune méfiance. Il semble soulagé de l'entendre, et j'ai l'impression d'avoir évité le pire. Mais ça ne change rien à ce qui se passe dans ma tête. Je suis encore sous l'emprise de Mattia, mais je préfère qu'il croit que c'est son père qui me met dans cet état. C'est plus simple comme ça.

Il s'approche de moi et prend mes mains dans les siennes. Il me regarde droit dans les yeux, et quelque chose dans son regard me fait fondre. Il comprend. Il n'a peut-être pas tous les éléments, mais il sait. Il sait que je suis fragile. Et il est là, prêt à m'aider, à me soutenir.

— Tu vas bien, Charles. Tout va bien se passer, dit-il doucement.

Je hoche la tête, cherchant à m'apaiser. Puis il me prend dans ses bras, et je me laisse aller. Il ne dit rien, il me serre juste contre lui, me permettant de souffler un peu, de retrouver une petite part de sérénité.

Ses mains dans mes cheveux, ses lèvres effleurant mon front... c'est tout ce dont j'ai besoin. Pas de mots. Juste lui. Je ferme les yeux, et pendant un instant, je me laisse porter par le calme qu'il m'apporte.

Puis il se recule légèrement, me souriant.

— Tu veux qu'on se prépare pour la course maintenant ?

Je souris à mon tour, un sourire sincère, bien qu'encore marqué par la tension.

— Oui, on doit y aller.

Avant de partir, je me tourne vers lui, et sans réfléchir, je l'embrasse, un baiser léger mais significatif, un baiser qui montre tout ce que j'ai du mal à exprimer. Il répond doucement, puis se retire, ses yeux toujours fixés sur moi avec une inquiétude évidente. Mais il ne dit rien. Il me laisse faire, me laisse respirer à mon rythme.

— Bonne chance pour la course, Charlie, me dit-il, sa voix douce mais pleine de soutien.

Je hoche la tête, encore un peu ébranlé par tout ce qui vient de se passer, mais plus calme maintenant, plus prêt à affronter ce qui m'attend. Je sais qu'il sera là, peu importe le résultat. Et ça, c'est tout ce qui compte.

Nous partons tous les deux, mais cette fois, je suis plus serein. Il est avec moi, et pour aujourd'hui, cela suffit.

( un peu bancal le chapitre )

Romeo save me ~ LestappenOù les histoires vivent. Découvrez maintenant