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pdv max

Je suis en plein entraînement, mes muscles chauffent sous la pression, mais c'est tout à fait supportable. Je suis concentré, enchaînant les exercices comme un automate. Puis, en plein milieu d'une série, mon téléphone vibre dans ma poche. Un message de Charles.

Je fais une pause, sortant le téléphone avec une main tremblante, pas sûr de ce que je vais y lire. Mais quand je vois son message, je ne peux m'empêcher de sourire. "Merci Max... vraiment. Je sais pas ce que j'aurais fait sans toi ces derniers jours. T'es là quand ça va pas, tu me supportes même quand je suis pas facile à vivre. Je voulais te dire que t'es vraiment important pour moi, plus que tu ne le crois. Tu es mon prince."

Mon prince...

Ce surnom me retourne le cœur d'une manière que je n'étais pas prêt à affronter. Un frisson me parcourt. Pourquoi ce mot me touche autant ? Pourquoi ça me fait aussi chaud au cœur, même après tout ce qu'on a traversé ? Je me retrouve à espérer qu'un jour, il m'appellera encore comme ça, à chaque message, chaque échange. Peut-être que ce n'est qu'un surnom, mais ce mot semble plein de significations non dites, et j'ai l'impression qu'il cache tout ce qu'il n'ose pas dire.

Je prends une grande inspiration, essayant de me concentrer à nouveau sur l'entraînement, mais je suis distrait, perdu dans mes pensées. Je tape finalement ma réponse, en me forçant à garder un ton léger pour ne pas me laisser emporter par la situation.

"T'as intérêt à m'appeler comme ça plus souvent, princesse 😉."

Je souris en envoyant le message. Et bien que je sois rassuré que Charles ne le prenne pas mal, un léger sentiment de nervosité m'envahit. Pourquoi ai-je choisi ce surnom ? Pourquoi ce surnom en particulier ? Est-ce que cela pourrait signifier quelque chose que je ne veux pas encore comprendre ?

Je soupire et me remets à l'entraînement, mais à peine quelques minutes plus tard, je suis interrompu par une voix familière. C'est mon père, qui arrive en trombe. Ses yeux se posent directement sur moi, son regard perçant comme toujours.

"Tu m'expliques où tu as passé la nuit ?"

Je m'arrête, un frisson me traverse. Pas maintenant, pas après tout ce qu'il a pu dire sur Charles et sur tout ce qui tourne autour de lui. Je prends une grande inspiration.

"Chez un pote, rien de spécial," menti-je, d'une voix aussi calme que possible.

Il me scrute longuement, ne semblant pas convaincu, mais il finit par hausser les épaules. "Fais attention, Max. T'es trop distrait en ce moment." Puis il change de sujet. "Allez, fais 100 pompes. Je veux que tu te concentres."

Je veux lui répondre que je viens de finir deux heures d'entraînement et que mes bras sont déjà morts, mais je garde le silence, ne voulant pas le provoquer. Alors je me mets en position et commence les pompes. Une, deux, trois... mais au bout de dix, je sens mes bras trembler, l'épuisement de l'entraînement me rattrape. Je tente encore quelques-unes, mais je ne peux plus.

"Ça suffit, Max ? T'es qu'un faible," grogne mon père.

Je lutte pour continuer, mais je n'arrive plus à faire un seul mouvement. À ce moment-là, je sens la douleur m'envahir quand il me frappe avec sa ceinture, me faisant perdre l'équilibre. Une claque douloureuse dans le dos. Mon corps se tend sous l'impact. Il me frappe encore. Une autre claque, et une autre. La chaleur de la douleur me fait perdre toute concentration.

Je serre les dents pour ne pas crier. Chaque coup me traverse comme une décharge électrique. Le feu dans mon dos me paralyse presque. Je suis à bout. Je suis à bout de tout. De cet entraînement, de ce qui se cache derrière ce regard, de ces mots qu'il me lance toujours sur ma façon de faire les choses. Je veux juste fuir.

Quand il me frappe encore, je lâche tout. Je ne peux plus supporter ça. Je me relève brusquement, mes jambes vacillant sous la douleur, et je m'échappe à toute vitesse, sans même attendre sa réaction. Je cours sans but, juste pour m'éloigner de tout ça.

Mes pieds me portent loin, sans vraiment que je m'en rende compte, mes pensées tournées vers tout sauf ce que je viens de fuir. Le temps semble flou, et je n'arrive pas à penser à autre chose que la douleur qui persiste dans mon dos. Je m'arrête enfin, haletant, et je réalise que je suis devant l'appartement de Daniel, sans vraiment comprendre comment j'ai atterri là.

Sans réfléchir, je monte les escaliers, poussant la porte sans frapper, et je m'effondre dans le canapé, épuisé.

Romeo save me ~ LestappenOù les histoires vivent. Découvrez maintenant