pdv daniel
En rentrant chez moi, je sens un étrange pressentiment mêlé à une sensation d'inquiétude qui m'envahit. Ce n'est pas la première fois que Max se présente chez moi dans cet état, mais cette fois, c'est différent. Je pousse la porte de mon appartement et me fige un instant en voyant la scène. Max est là, étendu sur le canapé, dans un état que je connais bien : son t-shirt est en sang, probablement à cause des coups de ceinture de son père. Il dort profondément, épuisé, ses traits tendus et sa respiration lourde.
Je sais exactement ce qui s'est passé. Je n'ai même pas besoin de poser la question. À chaque fois que son père reprend ses mauvais comportements, Max trouve refuge ici, chez moi. Il fuit, et je ne peux que l'accueillir, l'aider, essayer de le protéger, mais c'est toujours la même histoire. J'ai essayé de lui faire comprendre que ce n'était pas normal, que son père ne pouvait pas le traiter de la sorte, mais c'est peine perdue. Max est trop attaché à l'idée de préserver une relation familiale, même si elle est toxique.
Je m'approche lentement de lui, un mélange de tristesse et de colère m'envahissant. Il n'est qu'un enfant, coincé dans cette spirale de souffrance. Je le réveille doucement, posant une main sur son épaule pour le sortir de son sommeil agité. Il grogne, ouvre les yeux, un regard confus et fatigué se posant sur moi.
"Max... Hey, réveille-toi," murmure-je, en essayant de ne pas le brusquer. "Ça va aller. Je vais te soigner, t'inquiète."
Il fronce les sourcils, puis se redresse lentement, ses yeux croisant les miens avec une expression de douleur. Il se masse le dos, sans doute encore sous l'effet de la violence de l'altercation avec son père. Je soupire et me penche vers la trousse de premiers secours, cherchant les produits nécessaires pour soigner les éraflures et les marques laissées par la ceinture.
"Daniel..." Il murmure mon nom d'une voix rauque, puis il se laisse retomber contre le canapé, épuisé. "Je... je suis vraiment fatigué, mec. C'est encore plus difficile cette fois."
Je sais que ce n'est pas la première fois qu'il me dit ça, mais je hoche la tête et commence à lui désinfecter les plaies. Il fronce de nouveau les sourcils, visiblement en train de lutter pour garder son calme, mais il me laisse faire, se laissant soigner sans un mot. Je termine rapidement, puis je m'assois près de lui, me penchant en avant.
"Tu veux en parler ?" demandai-je doucement, une question que je sais inutile. "Je sais que ce n'est pas facile... mais tu sais, tu n'es pas obligé de porter ça tout seul."
Max soupire et secoue la tête, comme si toute la frustration et la douleur qu'il porte en lui se déversait dans ce simple geste. "Il ne comprendra jamais, Daniel. Il ne changera pas. J'ai essayé, crois-moi. Mais je peux rien y faire."
Je me tais, préférant ne rien dire. Je sais qu'il a raison. Il a essayé. Je sais aussi qu'il a raison d'être fatigué, de se sentir pris au piège dans ce cercle vicieux. Mais je ne peux pas le laisser sombrer dans la noirceur de tout ça. Il a besoin de se changer les idées, de penser à autre chose. Je cherche une solution.
"Tu sais, Max," dis-je en posant ma main sur son bras, "je vais te poser une question. Parle-moi de quelque chose qui te rend heureux, quelque chose qui te fait oublier tout ça, ne serait-ce qu'un moment."
Max reste silencieux pendant quelques instants, son regard vagabondant dans la pièce, comme s'il cherchait quelque chose à quoi se raccrocher. Puis, tout à coup, il sourit faiblement, comme une lueur dans l'obscurité. Je sais déjà ce qu'il va dire.
"Charles..." dit-il doucement, un soupir s'échappant de ses lèvres. "Il m'a envoyé un message ce matin. Il m'a appelé 'mon prince'."
Je le regarde, surpris, un peu amusé. Il y a quelque chose dans sa voix qui change. Il est plus léger, comme si parler de Charles l'avait apaisé un peu. C'est fou comme il a l'air différent quand il parle de lui, et je le sais, moi, à quel point il tient à Charles, même s'il ne l'admet pas pleinement. Je le laisse continuer.
"Je... je sais pas pourquoi ça m'a fait autant de bien," reprend-il en se redressant un peu, comme si l'idée de parler de Charles lui donnait un peu de force. "Je suis content qu'il pense à moi, mais en même temps... ça me perturbe. Ça me donne l'espoir qu'on pourrait peut-être être plus qu'on est. Mais c'est tellement compliqué."
Je hoche la tête, écoutant attentivement, même si je sais que Max ne se permettra jamais de sauter le pas. Ses sentiments pour Charles sont évidents, mais il n'ose pas les confronter. Je sais aussi que Charles est important pour lui, qu'il représente quelque chose de différent dans sa vie. Mais il est pris dans cette bataille intérieure, entre l'envie de s'ouvrir à lui et la peur de tout perdre.
"Tu mérites d'être heureux, Max," dis-je doucement, en posant une nouvelle fois ma main sur son bras. "Si Charles te fait sentir bien, alors accroche-toi à ça. Mais n'oublie pas que tu n'es pas seul. Je suis là, ok ?"
Max ferme les yeux un instant, prenant une profonde inspiration, comme s'il voulait se concentrer sur ses pensées avant de répondre. Puis il se tourne vers moi et me sourit, un sourire un peu fatigué, mais sincère.
"Merci, Daniel," murmure-t-il. "Vraiment."
Je lui rends son sourire et hoche la tête, sachant que ce n'est qu'un petit pas, mais c'est un pas important. Et ce soir, je vais le laisser se reposer, penser à ce qui le rend heureux, sans lui forcer la main. Ce soir, il a besoin de calme et de paix. Et peut-être qu'un jour, il saura affronter ses peurs et se laisser aller à ce qu'il ressent pour Charles, sans toute cette culpabilité.
Mais pour l'instant, il dort. Et moi, je veille sur lu
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Romeo save me ~ Lestappen
RomanceCharles, le prestigieux pilote de la scuderia Ferrari cache en réalité homme au cœur brisé malgré les apparences depuis la mort de son père et son parrain. Mais que va-t-il se passé quand Max, son plus grand rival, va commencer a s'inquiéter pour...
