PDV Max
Les deux jours avant le retour de Charles me paraissaient interminables. La distance pesait lourdement sur mes épaules, et chaque moment passé sans lui était un défi. Voir les photos de lui et Carlos ensemble n'aidait pas, au contraire. Ça réveillait une jalousie que je n'avais pas envie de ressentir, mais qui était inévitable. Je savais que Charles était avec Carlos pour les bonnes raisons, mais c'était difficile à gérer. Alors, comme à chaque fois que je me sentais trop mal dans ma tête, je me suis plongé dans le sport. Courir, m'entraîner, c'était la seule chose qui me permettait d'évacuer cette angoisse qui me rongeait.
Ce matin-là, alors que je faisais mon jogging habituel, j'ai croisé Pierre, qui courait lui aussi. On s'est salués et on a commencé à discuter de tout et de rien. Mais assez vite, il a compris que quelque chose n'allait pas. Il m'a poussé à parler, à lui dire ce qui me tourmentait. Je n'ai pas tout de suite voulu lui dire, mais il a insisté. Au bout d'un moment, je me suis laissé aller, et je lui ai avoué que le manque de Charles était insupportable, et que la jalousie de le voir avec Carlos, même en photos, me rendait fou.
Pierre a été d'une étonnante compréhension. Il m'a écouté sans me juger, me conseillant de prendre du recul, de ne pas laisser mes émotions m'emporter. Mais c'était plus facile à dire qu'à faire. J'étais tellement dépendant de Charles, de sa présence. Il était devenu un pilier pour moi, et cette absence me minait à chaque heure qui passait.
Le soir venu, je n'avais qu'une envie : entendre la voix de Charles. Et comme si le destin l'avait prévu, mon téléphone vibre. C'est lui. Je décroche presque immédiatement.
"Salut, Maxie", me dit-il d'une voix douce. "J'ai besoin de te dire un truc. Je voulais m'excuser pour passer du temps avec Carlos, je sais que ça te dérange."
Je souris en entendant ses mots. Je savais que Pierre lui avait sûrement parlé. Je n'avais jamais voulu que Charles se sente coupable de quoi que ce soit. Il avait parfaitement le droit d'être avec ses coéquipiers. Je n'étais pas en train de lui faire la morale, mais j'avais simplement besoin qu'il le comprenne.
"Ne t'excuse pas, Charles", lui réponds-je calmement. "Tu n'as rien à te reprocher. J'ai juste... j'ai du mal à supporter la distance. Mais ça, c'est mon problème, pas le tien."
Il reste un moment silencieux, puis il reprend d'une voix presque timide : "Mais dans tous les cas, tu sais que je préfère ta compagnie à celle de Carlos."
Ces mots me réchauffent le cœur. "Tu m'étonnes", lui réponds-je en riant doucement.
On parle encore quelques minutes, mais il y a quelque chose que je n'ai pas pu m'empêcher de remarquer. Depuis qu'il est à Monza, on ne s'est pas appelés en visio a part le premier jour. Et j'avais cette sensation qu'il me manquait encore plus à travers l'écran. Alors, je lui propose, un peu hésitant : "Et si on se faisait une visio ?"
Il accepte tout de suite, et en quelques secondes, son visage apparaît sur mon téléphone. Mais tout de suite, je remarque quelque chose. Ses yeux sont fatigués, et il y a des cernes sous ses yeux. Je n'aime pas ça, ça me fait mal de le voir ainsi.
"Tu n'as pas beaucoup dormi, hein ?", lui demande-je, soucieux.
Il détourne un instant les yeux, essayant d'esquiver la question, mais je sais qu'il me cache quelque chose. Je le pousse doucement à me dire la vérité, et après quelques instants de silence, il avoue : "Je dors très peu. Je... je n'aime pas les chambres d'hôtel où on est logés. Elles me rappellent de mauvais souvenirs. Mais je ne veux pas en parler."
Ça me brise le cœur de l'entendre. Je ne peux pas imaginer ce qu'il traverse, et ça me tue de savoir qu'il n'a pas l'air d'être en paix, même en dehors des courses. Je prends une profonde inspiration, tentant de garder mon calme. "Je suis là pour toi, Charles. Peu importe où tu es, je te soutiendrai. Je reste en appel avec toi dans tous les cas"
Il me sourit faiblement, reconnaissant, et après un moment de silence, il s'endort pendant que je joue à un jeu vidéo pour passer le temps. Je l'entends respirer profondément à l'autre bout de l'écran. Mais soudain, un cri. Un cri perçant. Je sursaute et m'approche de mon téléphone, paniqué.
"Charles ? Charles ?!" je crie a travers le téléphone , mon cœur battant la chamade. Je l'entends hurler à nouveau, cette fois-ci plus fort, et je comprends immédiatement qu'il est en train de faire un cauchemar. Mon cœur se serre dans ma poitrine. Ne pas l'avoir près de moi me brise.
Je n'ai pas les mots pour le réconforter comme je le voudrais, mais je tente de le calmer à distance. "Charles, calme-toi, tout va bien, je suis là, d'accord ? Reste avec moi, tu n'es pas seul." Je répète ces mots plusieurs fois, tout en l'écoutant se rassurer lentement.
Finalement, il murmure, à moitié endormi, "Désolé... Je ne voulais pas... je vais me rendormir. Mais, Max... je veux rêver de ton cul." Il rit faiblement, et même s'il essaie de détendre l'atmosphère, je sens l'angoisse dans sa voix.
Je souris, bien que tout en moi soit inquiété pour lui. "Je serai là pour toi, Charles. Toujours. et mon cul aussi ne t'inquiètes pas bébé"
Et, à l'autre bout de l'écran, il s'endort enfin, tout en me murmurant un dernier mot avant de sombrer dans le sommeil, me laissant seul avec ma pensée : quand tout cela sera fini, je serai là, près de lui, pour veiller sur lui.
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Romeo save me ~ Lestappen
Storie d'amoreCharles, le prestigieux pilote de la scuderia Ferrari cache en réalité homme au cœur brisé malgré les apparences depuis la mort de son père et son parrain. Mais que va-t-il se passé quand Max, son plus grand rival, va commencer a s'inquiéter pour...
