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PDV Charles

La semaine à Monza se déroulait comme prévu. L'équipe Ferrari avait mis les bouchées doubles pour travailler sur la voiture, et moi, j'étais plongé dans les simulations sans relâche. Il y avait tellement de pression, surtout après ma victoire, et je savais que tout le monde attendait de moi que je sois au sommet de ma forme. Mais au fond de moi, j'étais épuisé. Le départ de ce matin avait été compliqué, le cœur lourd, laissant une étrange sensation de vide à chaque kilomètre parcouru. Quitter Max m'avait fendu le cœur, mais je n'avais pas le choix. La saison continuait, et je devais me concentrer sur mon objectif principal : la performance.

Dès que je suis arrivé sur place, cependant, Carlos est apparu. Il était toujours de bonne humeur, et malgré la lourdeur de la journée, sa joie était contagieuse. Je n'ai pas pu m'empêcher de sourire en voyant sa silhouette. Mais alors qu'il me racontait une de ses anecdotes, mon téléphone vibra. C'était Max.

Je m'éloignai de Carlos pour répondre, et quand la conversation se lança, un vide immense se fit ressentir. « Tu me manques... » lui écris-je, sincèrement. Je savais que ce n'était pas l'endroit pour montrer ma vulnérabilité, mais c'était plus fort que moi.

Le dîner du soir se déroula en tête-à-tête avec Carlos. Nous parlions de tout et de rien, de la course, des prochaines étapes, et bien sûr de notre équipe. Mais au fond de moi, je ne pouvais pas m'empêcher de penser à Max. Les moments passés à ses côtés me manquaient. Une petite partie de moi se rebellait contre le fait qu'il ne soit pas là pour me soutenir, pour partager ces instants.

Soudain, mon téléphone vibra à nouveau. C'était Max.

Il m'écrivit : « T'es en train de dîner avec Carlos ? Je devrais vraiment marquer sur ta peau au marqueur que tu m'appartiens? ou t'embrasser devant lui de manière indécente peut être ? »

Je rigolai nerveusement, mais une bouffée de chaleur monta en moi. Cela me faisait du bien de lire ces messages, même s'ils étaient teintés de jalousie. Je savais que Max n'aimait pas me voir entouré d'autres personnes, même si c'était Carlos.

Quand je rentrai à l'hôtel ce soir-là, je ne pus m'empêcher de l'appeler. J'avais besoin d'entendre sa voix. Il décrocha presque immédiatement.

« Charles... » Sa voix me fit fondre, comme un baume apaisant sur toutes les tensions accumulées. J'essayai de parler, mais la frustration, la fatigue, et surtout ce sentiment d'abandon me submergèrent. Sans m'en rendre compte, les larmes commencèrent à couler.

« Pourquoi pleures-tu mon ange ? » me demanda-t-il, sa voix empreinte de douceur et de préoccupation.

Je reniflai, prenant une profonde inspiration pour me reprendre. « C'est juste... c'est la fatigue, Max. Tout est trop... J'ai du mal à être ici sans toi. »

Il se tut un moment, avant de répondre, la voix calme et rassurante. « On va se retrouver bientôt à Monaco, je te promets. Tiens bon. Je serai là, comme toujours. »

Ses mots m'apaisèrent, mais une grande partie de la douleur demeurait. Nous passâmes alors en visio, et je le vis apparaître à l'écran, torse nu, ses muscles marqués par les années de travail acharné, mais ce qui m'attira le plus furent les cicatrices qui marquaient son corps. Je savais qu'il n'était pas encore prêt à m'en parler, mais je pouvais voir dans ses yeux qu'il en avait souffert.

Je lui souris doucement, tentant de cacher la tristesse qui m'envahissait. « Tu es beau, tu sais ? Même avec toutes tes cicatrices. D'ailleurs tu es encore plus beau avec, ca fait ton charme et j'ai envie de toutes les embrasser. »

Il sembla surpris par ma remarque, mais il ne répondit pas tout de suite. Il savait que ces cicatrices n'étaient pas simplement physiques, mais aussi mentales, et je ne voulais pas insister, du moins pas encore.

Je pris une profonde inspiration et murmurais, « Je tiens à toi énormément, tu sais ? C'est ça qui compte.»

Un léger sourire apparut sur ses lèvres. Il se redressa dans le fauteuil, son regard plus doux, presque vulnérable. « Ça compte pour moi aussi, Charles. »

Je fermai les yeux quelques secondes, essayant d'absorber la douceur de ces mots. Je savais que cette relation, malgré toutes les complications, serait celle qui me ferait traverser tout cela. Et bientôt, très bientôt, nous serions à nouveau ensemble.

Romeo save me ~ LestappenOù les histoires vivent. Découvrez maintenant