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PDV Charles

Après ma sieste avec Max, je me sentais un peu mieux, prêt à affronter le reste des interviews de la journée. Le mal de tête s'était atténué, et j'avais retrouvé un semblant d'énergie. Ces trente minutes dans ses bras avaient suffi à remettre un peu d'ordre dans le chaos de ma tête.

Le soir, j'avais prévu de dîner avec mon frère, Arthur. Cela faisait longtemps que nous n'avions pas partagé un moment rien que tous les deux. Avant la mort de papa, nous étions très proches. Il était mon petit frère, mon confident, mon allié. Mais après... tout avait changé. Nous nous étions chacun enfermés dans notre douleur, et une distance s'était installée entre nous.

J'avais envie de retrouver cette complicité, de briser ce mur invisible qui nous séparait. Et plus que tout, j'avais besoin de lui parler de Max. De ma vie. De qui j'étais vraiment.

Le dîner se déroulait plutôt bien. Nous parlions de tout et de rien, évitant soigneusement les sujets trop sérieux. Arthur avait grandi, je réalisais à quel point en l'observant. Ce n'était plus le petit garçon que j'avais protégé, mais un jeune homme à part entière.

Au milieu du repas, après une longue hésitation, je posai mes couverts et pris une profonde inspiration.

"Arthur, je dois te dire quelque chose."

Il releva les yeux vers moi, intrigué, mais resta silencieux, m'encourageant à continuer.

"J'aime les hommes."

Les mots étaient sortis plus facilement que je ne l'aurais cru, mais mon cœur battait à tout rompre. C'était la première fois que je le disais à quelqu'un de ma famille. J'avais besoin qu'il sache, besoin de sentir que mon frère serait là pour moi, quoi qu'il arrive.

Arthur resta figé. Il ne dit rien, son visage impassible.

"Arthur ?" insistai-je, ma voix tremblante.

Toujours pas de réponse. Son silence me paralysa. Et si je venais de tout gâcher ? Et s'il ne m'acceptait pas ?

Je sentis ma gorge se serrer, et les larmes montèrent avant que je ne puisse les retenir. J'attrapai mon téléphone et quittai le restaurant précipitamment, incapable de rester une seconde de plus dans cet inconfort insoutenable.

Dehors, l'air frais me frappa, mais il n'apaisa en rien la tempête dans ma tête. Mes mains tremblaient en composant le numéro de Max.

"Charles ?" répondit-il immédiatement, sa voix douce mais inquiète.

Je ne parvins pas à parler tout de suite. Un sanglot m'échappa, et mes pleurs se mélangèrent aux mots que je tentais de dire. "J'ai... j'ai dit à Arthur... pour nous...fin pour moi... et il n'a rien dit, Max. Rien du tout. J'ai juste voulu avancer, et il m'a laissé là, sans un mot."

"Calme-toi, mon ange," murmura-t-il. "Où es-tu ? Je viens te chercher."

Je donnai rapidement ma position avant de raccrocher, incapable de continuer à parler.

Quelques minutes plus tard, les phares familiers de sa voiture illuminèrent la rue, et je vis Max descendre rapidement. Il m'attira dans ses bras sans un mot, me serrant contre lui comme s'il voulait me protéger du monde entier.

"Viens, monte," dit-il doucement, me guidant vers la voiture.

Je m'effondrai sur le siège passager, épuisé émotionnellement. Max démarra, sa main quittant le volant de temps à autre pour se poser sur ma cuisse, un geste rassurant.

"Tu as été courageux, Charles," dit-il après un moment. "Peu importe sa réaction immédiate, ça ne change rien à toi, ni à ce que tu es."

Je n'avais pas la force de répondre, mais ses mots m'apaisèrent un peu. Je fermai les yeux, bercé par le ronronnement du moteur et la présence réconfortante de Max.

Avant même de m'en rendre compte, je m'endormis, épuisé mais soulagé de l'avoir à mes côtés.

Romeo save me ~ LestappenOù les histoires vivent. Découvrez maintenant