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PDV Max

Avant les qualifications, je retrouvais Charles pour boire un café. Il semblait tendu, son esprit occupé par les pensées qui tournaient en boucle. Je savais qu'il n'était pas du genre à laisser transparaître ses émotions, mais je pouvais voir que la pression qu'il ressentait en venant sur les terres de Ferrari, le pesait énormément.

Je voulais absolument le détendre, faire en sorte qu'il puisse un instant se libérer de tout ce qui l'encombrait. Pour lui, mais aussi pour moi, car ça me faisait mal de le voir dans cet état. Il méritait de se sentir léger avant de monter dans sa voiture, prêt à tout donner. Mais malgré mes tentatives pour détendre l'atmosphère, il restait tendu, trop concentré, ses yeux rivés sur l'horizon, perdu dans ses pensées.

J'essayais de le faire sourire, de lui parler d'autres choses que de la course. On parlait de tout et de rien, mais à chaque fois, je le sentais revenir à cette angoisse qu'il n'arrivait pas à évacuer.

"Qu'est-ce que je peux faire pour toi, Charles ?" demandai-je, en le regardant attentivement, cherchant à comprendre ce qu'il ressentait.

Il tourna lentement son regard vers moi, un regard qui semblait chargé de mille pensées. Il hésita un instant, puis, d'une voix plus calme que d'habitude, il répondit avec une honnêteté brute, ses joues rougissante:

"J'ai besoin de toi, Max... pas de quelqu'un d'autre. J'ai besoin de toi. D'un contact, juste de toi."

Je compris alors qu'Il voulait de la proximité, de la chaleur, quelque chose de réconfortant, de réel. Et c'était de moi qu'il avait besoin et ça réchauffait mon coeur. C'était tellement simple, mais en même temps, c'était tout.

Sans réfléchir, je pris sa main, entrelaçant mes doigts avec les siens. Charles sembla surpris au début, mais il ne se retira pas. Il ferma les yeux un instant, comme si il laissait la chaleur de mon geste l'envahir. J'avais l'impression qu'il cherchait à s'ancrer dans quelque chose de tangible, quelque chose de rassurant.

"Tu vas bien, tu sais," murmurai-je doucement. "Tu es prêt, tu n'as pas à t'inquiéter."

Je le guidai alors, discrètement, dans un coin isolé, loin des regards. Là, dans l'ombre des tentes, je le pris dans mes bras. Tout en le serrant contre moi, je sentais sa tension se relâcher, peu à peu. Ses bras s'enroulèrent autour de mon dos, et je le laissai se détendre lentement. C'était comme si la pression qu'il portait depuis des jours s'échappait enfin.

Je l'embrassai doucement sur la tempe, un baiser léger, presque imperceptible, mais chargé de tout ce que je voulais lui dire. "Tu n'es pas seul, Charles. Je suis là."

Il ferma les yeux un instant, un petit sourire timide apparaissant sur ses lèvres. Puis il se recula légèrement pour me regarder. "Merci, Max. Ça me fait du bien d'être juste... avec toi."

Je souris, touché par ses mots. Puis je le pris à nouveau dans mes bras, le serrant un peu plus fort, comme si tout ce qui comptait à cet instant était de lui offrir un peu de réconfort. Charles, dans sa combinaison Ferrari, semblait presque vulnérable, mais c'était ce qui le rendait encore plus attirant à mes yeux.

Le moment était court, mais il était juste. On se sépara alors, non sans un dernier regard, et Charles partit retrouver sa voiture pour commencer les qualifications. Je savais qu'il était un peu plus léger, que ma présence l'avait aidé à alléger un peu son fardeau. Mais je savais aussi qu'il restait tendu, que la pression était toujours là.

Les qualifications commencèrent, et je restai concentré, tout en sachant que dans quelques heures, tout pourrait basculer. La Q1 et la Q2 passèrent sans trop de difficulté. La voiture était bonne, mais pas parfaite. Je savais que Charles attendait plus, mais il ne pouvait pas tout contrôler. Et moi non plus. Mais ce qui se passa ensuite changea la donne.

En pleine Q3, Checo me rentra dedans brutalement, et un choc sourd secoua ma voiture. L'aileron avant était cassé. J'avais beau essayer de repartir, la voiture était injouable. Impossible de prendre la piste pour le dernier tour.

Je savais immédiatement que je partirais dixième pour la course. La rage m'envahit. Mon poing se serra sur le volant, mais plus que tout, je savais que Charles aurait voulu que je sois mieux placé. Je voulais briller pour lui.Mais tout était fichu. Et ça, c'était quelque chose que je n'arrivais pas à accepter.

La colère montait en moi, plus forte à chaque seconde

Romeo save me ~ LestappenOù les histoires vivent. Découvrez maintenant