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pdv max

Je me réveille lentement, une douleur lancinante parcourant tout mon corps. Mon dos, en particulier, est en feu. Je me redresse un peu sur le canapé de Daniel, luttant contre la fatigue et la douleur. La lumière du matin filtre à peine à travers les rideaux, mais je sais qu'il est temps de bouger. Le rêve que j'ai eu toute la nuit m'angoisse encore : mon père qui s'attaque à Charles, sa violence dirigée vers lui. Je sais que ce n'était qu'un rêve, mais l'idée m'obsède. J'ai besoin de vérifier que Charles va bien, que tout est en ordre de son côté. Il ne mérite pas de subir la colère de mon père, il ne mérite pas d'être pris dans tout ça.

Je m'assois difficilement, me redressant avec précaution, mes muscles encore tendus par la douleur des coups. Je ferme les yeux un instant, cherchant à reprendre mes esprits avant de me lever. Le souvenir de ce qui s'est passé hier me hante, mais je n'ai pas le temps de m'attarder sur ça. Charles... je dois le voir. Je veux être certain qu'il va bien.

En me rendant chez lui, chaque pas est un défi. Mes blessures me rappellent leur présence, mais je continue, parce que je ne peux pas laisser la journée passer sans m'assurer qu'il est en sécurité. Quand j'arrive enfin chez lui, je n'ai même pas eu le temps de frapper à la porte qu'il me voit déjà, ses yeux se posant immédiatement sur moi. Il semble inquiet, quelque chose dans son regard trahit une nervosité que je ne lui connais pas.

"Max... Ça va ?" Il s'approche de moi, son regard scrutant immédiatement mon visage et mon corps. Il me prend dans ses bras, et je me laisse faire, la chaleur de sa présence me réconfortant d'un seul coup. Mais en même temps, je ressens la douleur de mes blessures sous ses gestes, et je ne peux m'empêcher de laisser échapper une plainte de douleur alors que sa main effleure mon dos.

"Max ?" Il me pousse légèrement en arrière pour mieux me voir. Son regard est maintenant plus sérieux, plus concentré. "Qu'est-ce qui t'est arrivé ?"

Je détourne le regard un instant, cherchant une excuse, n'étant pas encore prêt à lui parler de mon père, pas encore prêt à dévoiler cette partie de ma vie. Je me contente de souffler, essayant de dissimuler la vérité, aussi bien que je peux.

"Une chute... un accident pendant l'entraînement," dis-je en essayant de paraître calme, comme si tout ça n'était qu'une petite mésaventure, une simple chute banale. Je sais qu'il ne me croit pas, mais il n'insiste pas, il ne veut pas que je sois mal à l'aise.

Cependant, il voit la vérité quand il remonte doucement mon t shirt. Quand il voit l'état de mon dos, l'intensité de la douleur qui se dégage des marques laissées par la ceinture, son expression change. Il n'a pas besoin de poser de questions. Je vois sa bouche se tendre en une fine ligne, son regard devenu plus sombre, inquiet. Il me regarde intensément, son regard m'indiquant qu'il comprend bien plus que ce que je lui ai dit.

"Qui t'a fait ça ?" Il demande, sa voix faible mais ferme. Il n'a même pas besoin de prononcer le nom de mon père pour que je sache qu'il l'a déjà deviné. Tout le monde sait que mon père n'est pas tendre mais a part Daniel, personne sait vraiment ce qu'il me fait subir. Mais je ferme les yeux, ne prêtant plus attention à la douleur de mes blessures, seulement à la force de ses mots, à la tendresse de son regard.

"Je... je préfère ne pas en parler maintenant." Ma voix est à peine audible, mais il entend. Il hoche la tête doucement, respectant ma volonté de ne pas partager tout ça, mais il n'abandonne pas.

Il me fait m'asseoir sur le canapé, d'une douceur infinie, et se positionne derrière moi. Il me pousse légèrement en avant pour qu'il puisse mieux voir l'étendue des blessures, sa main effleurant ma peau, me donnant une sensation de calme malgré la douleur qui me traverse. Puis, il fait quelque chose que je n'aurais jamais imaginé. Il embrasse mes blessures. Doucement, ses lèvres se posent sur les marques de la ceinture, comme s'il voulait anesthésier ma douleur par la chaleur de son toucher.

Je n'ai pas de mots pour décrire ce que je ressens. C'est comme si chaque baiser effaçait un peu de la souffrance qui m'envahit, comme si la douceur de ses gestes arrivait à faire disparaître la violence de ce qui m'a été infligé. Ses lèvres glissent sur ma peau, et je me laisse aller à cette sensation apaisante, oubliant tout ce qui me tourmente. Tout ce que je ressens maintenant, c'est la chaleur de ses lèvres, la tendresse dans son geste, et la paix qu'il apporte en moi.

Je me laisse aller, le poids de la fatigue et de la douleur me submergeant lentement. Après tout ce que j'ai vécu ces derniers jours, je me sens épuisé, vidé. Je ferme les yeux, me laissant envahir par la chaleur de son corps près du mien, et avant même de m'en rendre compte, je m'endors, blotti contre lui, dans une quiétude que je n'ai pas connue depuis longtemps. Je suis dans ses bras, et je sais que, pour l'instant, rien ne peut m'arriver.

Et je m'endormis, dans le calme de son appartement, avec lui, et juste un peu de réconfort.

Romeo save me ~ LestappenOù les histoires vivent. Découvrez maintenant