« Il est un endroit perdu
Il est un endroit tu sais
Où je recueille en passant
Mes deuils et mes tourments
Il y avait un cimetière là
Et moi j'y ai planté des roses
Que les poussières des âmes en pleurs
Oui qu'elles viennent nourrir les fleurs »
Les paroles, très lentes, se fraient un chemin dans l'esprit du garçon et instaurent un rythme alangui aux battements de son cœur. Le froid s'immisce sous son léger sweat, mais il ne frissonne pas. Les températures chutent depuis quelques jours, mais jamais au point de transformer la pluie en neige. C'est le sud de la France, après tout, l'hiver est toujours plus doux que glacial. En ce moment, les gens sont heureux, en particulier les enfants ; c'est compréhensible, son téléphone portable affiche la date du vingt-trois décembre, depuis deux heures et trente minutes. Trente-et-une minutes, à présent.
« Il est de ces destins maudits
Il est de ces mots qu'on se dit
Il est un endroit de fantômes
Il est des lignes au creux des paumes
Il est des soirs mélancolie
Il est des brouillards dans la nuit
Là-haut sur la campagne belle
Il est la terre des tourterelles »
Il y a seize heures et trente-et-une minutes, il est allé à la gare. Pour accompagner ses deux amies. Il avait envie de pleurer. Et il a vu les yeux humides de sa meilleure amie. Ils se sont enlacés, comme la première fois, et il a hésité à ne plus la lâcher, à la garder prisonnière de ses bras pour l'éternité. Mais il l'a lâchée. Puis il a pris l'amie de sa meilleure amie, qui pendant ces quelques jours est aussi devenue son amie, dans ses bras. Là, par contre, il n'a pas pu s'empêcher de lui murmurer « prends soin d'elle, s'il te plaît » à l'oreille. Elle a compris, il sait qu'elle a compris, parce qu'elle l'a serré légèrement plus fort contre elle, comme pour répondre « promis » et ça l'a rassuré. Il a fini par la lâcher elle aussi. Et il les a regardées monter dans le train. Et il les a regardées partir. À ce moment là, il a eu l'impression qu'une partie de son être lui avait été arrachée. Ça lui a fait mal.
« Il est des murs qui m'emprisonnent
Et si moi là je t'abandonne
Si l'amour parfois doit s'enfuir
Tu sais c'est pour mieux revenir »
Il coince une cigarette entre ses lèvres, et l'allume. Il ferme les yeux, recrache la fumée.
« Dans mon château de brume
Juste en-dessous la lune
Je suis princesse parfois
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L'Ouragan d'Étoiles
RomanceDeux histoires d'amour, en parallèle. Deux garçons qui s'opposent, deux filles qui se complètent. Un livre, un sourire. Une valse de sentiments qui les entraîne dans les abîmes de leurs âmes. Une vague de chansons qui les emporte dans les astres de...
