Chapitre 56.

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-Putain, il y a vraiment trop de gens.

Le garçon lâche un léger rire moqueur devant l'exaspération de son compagnon.

-On est à Paris, et c'est toi qui as décidé de notre destination, souviens-toi.

L'autre grogne.

-Ouais, bah j'avais jamais pris le métro de ma vie. Mais quelle horreur ! Et puis les gens mal-éduqués aussi, j'en ai marre.

-Il nous reste quatre jours. Un mot, et je nous trouve des billets de train en direction de Brest pour demain.

-T'es complètement fou, c'est cher le train !

Au même moment, le jeune homme se fait violemment bousculer, ce qui le fait souffler bruyamment.

-Alors ?

Un long, long soupir s'envole dans le ciel gris de la capitale.

-D'accord.

***



-Quelle salope.

-Je savais bien que c'était louche que le prof d'Espagnol parte comme ça, en plein milieu de l'année.

-Mais vous êtes sûrs que c'est vrai ?

La jeune fille marche, les yeux rivés sur son téléphone pour ne pas avoir à croiser le regard des élèves, les dents serrées et l'esprit brouillé par la haine.

-Emma ? Emma !

Élisa la rejoint en courant, et cale son pas sur le sien.

-Hé, pourquoi...

-Nouvelle rumeur lancée hier soir. Elle s'est vite propagée, celle-là.

-Quels enfoirés.

Emma soupire, et secoue la tête.

-Non, ce ne sont pas des enfoirés. C'est pas leur faute s'ils sont beaucoup trop crédules. Il n'y a qu'une seule fautive, ici.

Elle relève les yeux, juste assez longtemps pour croiser le regard empli d'une fierté malsaine de Vanessa. Élisa le remarque, et se mordille la lèvre inférieure.

-Je vais aller lui parler.

-Quoi ? Non ! Putain, Élisa !

La danseuse ignore les paroles de son amie et marche d'un pas décidé vers Vanessa, qui hausse un sourcil en la voyant arriver.

-Pourquoi t'as fait ça ?

L'autre regarde autour d'elle ; personne ne s'intéresse à leur conversation. Elle soupire, et murmure :

-Ce ne sont pas tes affaires.

-Mais...

-Élisa, arrête, la coupe brutalement Emma en posant une main sur son épaule. Elle a raison, ce ne sont pas tes affaires.

Et Élisa les regarde se regarder. Et ce qu'elle comprend lui donne envie de pleurer.

Qui est-elle pour se mettre en travers de ce regard ?


***



-Alors comme ça, vous allez partir ?

-Ouais, en Bretagne. C'est vrai que j'avais un peu mis Paris sur un piédestal, et...

-Un peu ? Raille Ethan en tirant sur sa cigarette.

-Bref, je pensais que ce serait autre chose. Et puis ça devrait nous faire du bien de partir loin de tout.

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