Le son désagréable d'un interminable ronflement sort peu à peu Luke de son sommeil (pourtant lourd). Thomas, couché sur le ventre, la bouche légèrement entrouverte, lui donne un concert privé, son bras droit emprisonnant le torse du pauvre malheureux. Ce dernier soupire bruyamment, tente de dégager ses jambes entremêlées à celles de son meilleur ami, n'y parvient pas, abandonne au bout de deux minutes en poussant un grognement tout sauf élégant.
-Toto, bordel, dégage de là !
Un nouveau ronflement lui répond.
-PUTAIN, TOTO !
-Quoi ? Quoi ?
Thomas ouvre brusquement les yeux en se redressant et regarde autour de lui, perdu. Luke souffle et lui frappe la poitrine.
-Tu ronflais, imbécile.
-Ah, c'est que ça ? Je peux me rendormir, alors ?
-NON ! S'écrie Luke. J'suis plus fatigué, ajoute-t-il en râlant.
Son meilleur ami soupire, amusé, et se lève en le traitant d'enfant. Il prend l'ordinateur de son hôte posé sur le bureau en bois avant de retourner sur le lit et allumer l'écran. Thomas ouvre ensuite l'onglet d'Internet et, sous le regard gêné de Luke, tombe sur la dernière page que ce dernier est allé voir, soit le synopsis d'un livre.
-L'ouragan d'étoiles ? Qu'est-ce que c'est ?
-Un... livre... hésite le jeune homme en se tordant les doigts.
-Non, jure ! Raille Thomas. Je pensais que c'était une plante ! Ça parle de quoi ?
-Oh, de rien, juste... heu...
Si son ami d'enfance découvre quel est le sujet principal de l'histoire, le pauvre garçon est fichu. Malheureusement, l'autre se penche légèrement pour... lire le résumé. Et merde.
-Des pédés ? S'esclaffe Thomas. Sérieux, Lulu, pourquoi tu veux lire un bouquin qui parle de pédés ? Cliché, en plus ! Un populaire et un paumé! Mais bordel, depuis quand t'es une tapette qui lit ce genre de choses ?
-Mais non ! C'est... c'est pour ma mère, bafouille l'enfant Lived, tentant de calmer son ami hilare.
Ce dernier, incapable de contrôler son rire, se frappe la cuisse à répétition.
-LES GARS ! Hurle Jules depuis la chambre adjacente, FERMEZ-LA, IL EST TROIS HEURES DU MAT' !
***
Trois heures six. Et Ethan est incapable de dormir. Il a essayé, vraiment, mais il ne peut fermer l'œil. Alors il se lève, s'habille d'un jogging noir et d'un pull gris sombre, chausse ses baskets bleu foncé, attrape une boite planquée sous son matelas, la place dans la poche ventrale de son sweat, branche ses écouteurs à son téléphone, lance une musique, ouvre la fenêtre, enjambe le rebord et saute sur le toit de la petite cabane collée à son mur. Il descend assez rapidement et rabat la capuche sur sa tête pour sortir de son terrain.
Le garçon marche dans la rue déserte, Car radio, de Twenty one pilots, emplissant son esprit. Il croise bien quelques personnes, amoureux en fuite ou ivrognes désœuvrés. Certains le saluent, d'autres l'ignorent.
« Sometimes quiet is violent. »
Il est parfaitement d'accord avec cette phrase de la chanson. Parfois, le calme est violent. Il tourne machinalement à droite, avance d'encore quelques centaines de mètres et pousse le petit portail du parc de jeux. Il n'y va que la nuit, pour être seul, pour ne pas entendre les hurlements des gamins qui, à peine sortis de l'école, se ruent à cet endroit. Lui aime quand aucun bruit ne l'entoure, hormis sa musique. Il se dirige vers l'une des deux balançoires, s'y assied et exécute de faibles pressions sur le sol pour aller légèrement d'avant en arrière.
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L'Ouragan d'Étoiles
RomanceDeux histoires d'amour, en parallèle. Deux garçons qui s'opposent, deux filles qui se complètent. Un livre, un sourire. Une valse de sentiments qui les entraîne dans les abîmes de leurs âmes. Une vague de chansons qui les emporte dans les astres de...
