[Nda: parce que je suis très gentil.le et parce que joyeuses fêtes mdrr]
Une heure cinquante-deux. Le garçon soupire ; pourquoi est-il venu si tôt ? Heureusement, il a pensé à prendre L'ouragan d'étoiles. Il secoue la tête pour se remettre les idées en place et se replonger dans le livre ; ça l'aidera à patienter. Constant Conclusions de Hotel Books retentit dans son esprit grâce à ses écouteurs, le vent frais s'amuse à tenter de tourner les pages du roman tout en le faisant frissonner ; sans doute pour le punir de ne pas avoir mis le sweat bien chaud du jeune homme. Mais il lui en veut, alors il refuse de porter quelque chose qui lui appartient, pour prouver que lui non plus ne lui appartient pas. Il a décidé d'enfiler un autre pull, mais plus léger, responsable du froid désagréable qui fait hérisser ses poils sous son vêtement. Il lit, il lit encore et encore, pour oublier le froid, pour oublier sa rancœur, pour oublier la venue du jeune homme.
Et puis soudain, plus de froid, plus de rancœur, plus d'attente. Ses yeux écarquillés à la recherche d'une quelconque blague, d'un quelconque signe de songe, d'une quelconque faute de frappe. Sa respiration soudain difficile, sa gorge soudain nouée, son ventre soudain tordu. Non, non, non... l'auteur n'a pas le droit. L'auteur n'a pas le droit de faire ça. Ce n'est qu'un livre, diraient les autres. Mais non, ce n'est pas qu'un livre, c'est le reflet de sa relation avec le jeune homme.
Une présence... non, sa présence l'enveloppe alors, et Luke s'assied à côté de lui. Il sent le jeune homme hésitant, il sent qu'il aimerait dire quelque chose, mais il sent qu'il ne sait pas par où commencer. Il ne tourne pas la tête, il ne veut pas le voir, pas après ce qu'il s'est passé dans les mots d'encre noire.
-Clément a fait une tentative de suicide.
Il sent le jeune homme sursauter, et le devine se tourner vers lui.
-Il va s'en sortir ?
Pas de « ce n'est qu'un livre. » Merci, Luke.
-J'en sais rien. C'est une fin de chapitre.
Il ferme le bouquin, et le range dans son sac. La froid l'agresse à nouveau, et le vent menace de rabattre sa capuche à tout instant. Comme d'habitude. Il se passe une main nerveuse dans les cheveux.
-Clément a tenté de se suicider à cause de Théo. À cause de Théo, putain !
Il a crié les derniers mots. Il ne voulait pas, mais il n'a pas pu s'en empêcher. Est-ce que tu vas faire comme Théo ? Est-ce que tu vas me pousser au suicide ? Le jeune homme a dû deviner ses questions silencieuses, parce qu'il l'entend souffler bruyamment.
-Ethan, tu n'es pas Clément, d'accord ? Tu n'es pas Clément, tu es Ethan. Et je ne suis pas Théo, je suis Luke. C'est compris ? Tu ne vas pas essayer de te suicider, parce que je te jure que sinon je te tue de mes propres mains. Tu peux demander à ma mère, ça fait mal, une tentative de suicide. Ça fait mal physiquement et mentalement. Ça fait souffrir celui qui est passé à l'acte et ça fait souffrir son entourage. On ne s'en remet jamais vraiment. Donc je te le répète, tu n'es pas Clément.
-Alors ne te conduis pas comme Théo !
Le jeune homme souffle une deuxième fois, ce qui pousse le garçon à tourner la tête vers lui. Et putain, il en a marre de le trouver beau. Le vent fait voler ses cheveux dans tous les sens, et les extrémités de son manteau semblent vouloir le fuir. Puis il voit ses mains, ou plutôt ses phalanges, qui ne sont que de vulgaires plaies ouvertes.
-Qu'est-ce que tu t'es fait ?
Luke baisse les yeux sur ses doigts légèrement tremblants à cause du froid avant de regarder partout, sauf dans la direction du garçon.
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L'Ouragan d'Étoiles
RomanceDeux histoires d'amour, en parallèle. Deux garçons qui s'opposent, deux filles qui se complètent. Un livre, un sourire. Une valse de sentiments qui les entraîne dans les abîmes de leurs âmes. Une vague de chansons qui les emporte dans les astres de...
