Side Story - Première fois : Calden

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Bonjour à tous,

C'est avec plaisir que je vous retrouve pour une petite et courte side story – comme prévu.
Cette série s'intitule :
– Première fois

Il y a quatre chapitres de prévu, uniquement, pour cette story.

Le délai de parution n'est pas encore défini, mais j'essaierai d'être rigoureuse.

Merci pour votre fidélité !



**






Je suis un dompteur.
Un dompteur de bêtes féroces.
Lorsque vous êtes pris en chasse par l'une d'elles, deux solutions s'offrent à vous :
Vous courbez l'échine.
Ou vous l'affrontez.

J'ai choisi l'affrontement.



Sora.



*




_ Mets-le !
_ Non !
_ C'est pas une foutue question, p'tite teigne.
_ Je ne porterai pas ça, s'insurgea Sora.
_ C'est quoi ton putain de problème ? grogna Kenneth d'une voix caverneuse. On t'entend brailler comme un louveteau à l'aube. Pourquoi tu chiales ?
_ Il veut que je porte le masque ! Mais je n'ai rien fait de mal !!
Kenneth lança un regard sombre à Call, qui haussa les épaules.
_ T'es pas au courant ?
_ Au courant de quoi ? rétorqua Sora avec agressivité.
_ Putain, pourquoi c'est toujours sur ma gueule que ça tombe ? marmonna Kenneth à Call.
_ Gueule d'amour, répondit calmement Call.
_ Il t'est interdit, insista Kenneth, son ton coupant comme une lame. Interdit de sortir à découvert.
_ Quoi ?! Pourquoi ?! explosa le jeune lycan.
_ T'as déjà maté ta tronche, mon cœur ? lâcha Call d'un ton assassin.
_ Oui ! Tous les matins ! Je croyais qu'il n'y avait que des grands soldats aguerris ici, mais s'ils ont peur de ce qu'ils voient, qu'ils détournent les yeux. J'ai pas choisi d'avoir une peau de cadavre, ni ces yeux bizarres ! Et ce masque n'a même pas de filtre solaire, je souffrirai toujours. Il sert à rien !
_ Un cadavre ? grogna Call. On n'a pas vu la même chose. T'as la peau laiteuse, des yeux d'mercure, une bouche de suceuse et un cul aguicheur comme pas deux ! Tu crois vraiment qu'tu vas pouvoir sortir comme ça ? Face de lune, tu vas porter c'masque à chaque fois qu'l'envie t'prendra de r'nifler d'l'air frais ! Fais pas chier ! Va t'habiller et couvre-toi, on n'a pas toute la journée.
Sora ne répliqua rien, mais opta pour l'option « regard enflammé ».
Call, pourtant, ne répliqua pas.
Il serait intransigeant : sa petite teigne ne poserait pas le moindre centimètre de peau dehors sans la protection qu'il jugerait adéquate. Il était le maître de cette cérémonie. À lui de décider ce qui était le plus à même de protéger son précieux trésor.
_ C'est comme ça, reprit-il. Trop d'mecs tarés dehors qu'attendent qu'à t'reluquer.
_ Et t'en sais quelque chose, répliqua le jeune homme.
Le regard froid que posa Calden sur l'oméga ne fit même pas frémir Sora, qui avait désormais l'habitude de ces petites rixes avec le Lycan.
_ Je préfère rester ici, conclut le jeune homme.
Il quitta le salon commun d'un pas souple et, au grand étonnement des Grands Mâles, la porte de sa chambre ne fit aucun bruit lorsqu'elle se referma.
_ T'as vu ? Même pas foutu de claquer une porte correctement, nargua le noiraud.
Call haussa les épaules.
_ Il va s'y faire.
_ Je m'en tape, lâcha Kenneth. Tant qu'il obéit.
Cependant, le noiraud n'eut pas le temps de quitter la pièce que déjà, la porte de la chambre s'ouvrait de nouveau.
L'oméga leur fit face rapidement, et ses yeux rouges apprirent aux Grands Mâles qu'il regrettait déjà la conclusion de cette énième altercation.
_ Un livre. Je veux un livre, se contenta de dire le blanc.
_ Et le mot « s'il te plaît » t'arrache la langue ? gronda Call.
_ Par pitié, mon Seigneur, soyez bon avec votre humble esclave en lui prêtant un ouvrage pour passer le temps de ces interminables journées de solitude durant lesquelles il jubile de ne pas voir vos sales faces !
_ Avec plaisir, mon cœur, répliqua immédiatement Call. Un dictionnaire, ça t'va ?
_ Quelle générosité ! Comme ça, je t'apprendrai un mot nouveau chaque soir, entre deux jérémiades, quand tu viendras gratter à ma porte pour m'implorer une caresse.
_ On fait comme ça ! Allez, à ce soir, chéri.
_ Crève dans un fossé pendant ton entraînement !
Et Sora disparut de nouveau, aussi rapidement qu'un nuage de fumée.
_ Charmant début de journée. Il est en pleine forme, se contenta de dire Aaron, qui venait de faire irruption dans le salon.
_ Ah ! Rien d'mieux qu'ses mots doux pour bien commencer la journée, gloussa le Grand Limier.
_ Pas de sortie aujourd'hui, Call ? demanda l'Érudit.
_ Nan. Pas de masque, pas d'air frais.
_ Va te faire foutre ! cria Sora à travers la porte.
_ Toi aussi, mon cœur. Amuse-toi bien.
Call était, une nouvelle fois, rassuré. Est-ce qu'il provoquait sa petite teigne tous les matins ? Bien entendu.
Au-delà du fait qu'il exigeait de Sora qu'il masque son visage, c'était aussi la meilleure façon de passer une journée tranquille, loin du stress que lui causeraient les petites envies de plein air de son tendre amour. Le Grand Limier se sentait sur un petit nuage, tout simplement.
N'allez pas lui faire dire qu'il n'avait pas confiance en ses hommes pour surveiller ce petit démon. Ce n'était pas le cas.
Il n'avait pas confiance en Sora.
Bien sûr, la hargne de l'oméga s'était apaisée au fil du temps, ne laissant qu'une colère diffuse.
Ils avaient été patients, et aucun Grand Mâle n'avait forcé leur relation. Mais la cérémonie de l'Union, qui avait eu lieu plus de quatre mois auparavant, semblait rester de marbre dans l'esprit du jeune homme.
Cependant, pour le plus grand plaisir de tous, Sora avait cessé de hurler d'agonie chaque matin et de pleurer chaque soir.
Il ne cherchait plus non plus à se déchirer le visage, ni à se scarifier les bras.
Et surtout... surtout, il avait fini par accepter la présence permanente des quatre Grands Lycans à ses côtés.
Pourtant, Call avait été le seul à bénéficier de quelques nuits d'amour. Le Grand Limier avait été doux, patient. Il avait aimé et respecté ce corps qu'il idolâtrait, et Sora avait éprouvé un plaisir nul autre pareil dans ses bras.
Ces quelques nuits les avaient rapprochés, plus encore, car Sora l'avait aimé, Call le savait, et il n'avait pas besoin des mots doux du jeune homme pour le confirmer.
Pourtant, un matin, le petit nuage du Grand Limier s'était évaporé.
Il avait trouvé son oméga recroquevillé dans la douche, pleurant toutes les larmes de son corps, s'arrachant même ses tout petits cheveux blancs, qui semblaient ne pas vouloir pousser.
C'est la boule au ventre que le Grand Mâle avait compris que l'oméga se battait contre lui-même. Même la présence de La Lumière ne suffisait pas à calmer la folie qui avait saisi l'esprit du jeune Lycan.

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