Chapitre 23

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- Vous fatiguez tous le monde avec vos incessantes disputes! Puisque vous avez suffisamment d'énergie à revendre pour vous taper dessus vous allez tous les deux aider en cuisine. Le service commence dans une dizaine de minutes et il y a un déchargement de marchandises à faire. Au boulot !

Je grogne de mécontentement avant de le suivre, Keran sur mes talons.

Au moment où nous sortons de la pièce un étrange frisson remonte le long de ma colonne vertébrale et un vertige m'oblige à me rattraper au mur.
Par chance personne n'a daigné me lancer un regard à ce moment.

La vache ! C'est pas bon du tout ça!

Mes bras deviennent subitement engourdient et mes jambes flageolantes.

Je grommelle dans ma barbe.

De pire en pire. Qu'est-ce qu'il se passe sérieusement ?

Je grimace et tente de rattraper le groupe de soldats. Il ne faudrait pas que j'ai davantage de gens sur le dos à cause de cette broutille.

Le trajet me semble interminable. Les discutions des soldats résonnent dans mon crâne et l'effort fournis pour tenter d'arrêter mes tremblements me laissent pentelante de fatigue.
Il va bien falloir qu'un jour je me calme avec mes conneries.

Je ne peux retenir une grimace lorsque je remarque la charrette que nous devons décharger. Elle est remplis à craquer de sacs de farine et de blé, ainsi que des tonneaux de vins. Que des choses lourdes et encombrantes. Il ne manquait plus que ça!

Devant moi Keran lance un juron dans sa barbe avant de se mettre au travail.
Je soupir avant de faire de même. Ce ne peut pas être pire que mes entraînements chez les Ombres de Sa.

Je m'approche du premier sac de farine et commence à le soulever mais une vive douleur à mon épaule me fait le lâcher précipitement.
Je pose vivement mes mains sur la blessure et grimace. Il manquerait plus que je rouvre cette plaie et ce serait la cerise sur le gâteau.

Je lève mes doigts au niveau de mes yeux et un soupir de soulagement franchit mes lèvres quand je constate qu'aucune trace de sang ne tâche ma peau.

Je jette un regard à Keran. Il me regarde avec un étrange regard.

- Laisse je m'en occupe. Contente toi de faire rouler les tonneaux que je descendrai de la charrette jusqu'aux cuisines.

Je me pince les lèvres pour retenir le fond de mes pensées. Passer pour la faible de service m'agasse au plus au point, mais je dois malheureusement avouer que la situation m'oblige à être raisonnable. Mais il pourrait quand même faire un effort pour me donner des directives ! J'ai l'impression qu'il parlait à un larbin incapable !

Je me résigne en serrant les poings et me dirige vers les tonneaux qui n'attendent que moi pour être rangé.
J'espère que mon pas incertain ne me trahira pas.

....

Une bonne heure passe avant que nous réussissions à vider complètement le chargement. Le marchand, sortit de je ne sais quel endroit, nous remercie avant de partir.
J'ouvris la bouche pour tenter de remercier Keran de m'avoir ménagé un peu,même si j'avais dans la perspective de devoir m'arracher la gorge pour faire sortir ces quelques mots, lorsqu'un violent fraca me fait brusquement tourner la tête en direction des cuisines.
Un hurlement de rage fait trembler le bout de bâtisse avant qu'un jeune cuisinier ne prenne ses jambes et son cou et sorte en courant comme si il avait le diable à ses trousses. La réalité ne devait pas en être si éloigné  puisque le cuisinier sort à sa suite, rouge de colère, une lourde casserole en fonte dans la main, avec des intentions tous sauf amicale envers le pauvre bougre qui est sortie en courant.

Les Murmures Du VentOù les histoires vivent. Découvrez maintenant