Chapitre 4 (Maelie)

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Arrivée dans le hall, je filai aussitôt retrouver mes amies, Sofia et Julie. Elles m'attendaient tout près de l'amphithéâtre où devait avoir lieu notre premier cours. Nous nous étions rencontrées en première année et depuis nous formions un trio inséparable à l'université. J'étais heureuse de les revoir après la longue trêve estivale. Elles m'avaient beaucoup manquée.

Dès lors que je fus parvenue à leur hauteur, elles se jetèrent tour à tour dans mes bras pour m'embrasser.

_ En ne te voyant pas venir, on a eu peur que tu nous ais lâchement abandonnées, blagua Julie.

_ J'ai déjà consenti trop d'efforts pour arrêter maintenant. Non, c'est simplement que j'ai eu un peu de retard à l'allumage ce matin.

_ Moi aussi. La rentrée, c'est toujours difficile, ajouta Sofia. Surtout quand le réveil sonne et qu'il faut affronter le mauvais temps pour retourner en cours.

_ Je ne dirais pas ça. Me concernant, ma journée a bien débuté.

_ Comment ça ?

Je me décidais à confier aux filles ce qui n'avait de cesse d'occuper mes pensées :

_ J'ai rencontré un mec dans l'ascenseur ce matin.

_ Genre ? L'ascenseur est tombé en panne et vous avez fait connaissance comme dans les films ? s'amusa Julie.

_ J'aurais bien aimé. Cette abrutie de machine ne fonctionne jamais mais le jour où il faudrait justement qu'elle soit en panne elle marche parfaitement. Cherchez l'erreur.

_ Mais alors ce mec ? demanda Sofia, curieuse.

Rien que d'en parler, je me sentais de nouveau envahie par un flot d'émotions.

_ Il était beau mais beau si tu savais. Grand, musclé, un regard à tomber par terre, des lèvres qui ne demandent qu'à être embrassées, un petit cul comme je les adorent, une voix grave et pleine d'autorité. Un homme un vrai quoi !

_ Et ben dis-donc. Il a fait son petit effet celui-là on dirait, s'amusa Sofia.

_ J'en suis encore toute chamboulée, reconnus-je. En plus, je l'ai croisé dans mon immeuble donc il y a une chance qu'il soit mon nouveau voisin. Tu imagines ? Ce serait génial.

_ J'en connais une qui va se mettre au porte à porte si c'est le cas, me taquina Julie.

_ Je la vois déjà très bien en train de vendre des calendriers dans sa montée, ajouta Sofia sur le ton de la rigolade.

_ Et ben quoi ? Tu dis ça parce-que tu n'as pas vu ce type. Dans le cas contraire, je peux t'assurer que tu viendrais les vendre avec moi les calendriers !

Nous partageâmes un sourire qui se prolongea plusieurs secondes. Puis, Sofia demanda, changeant ainsi de sujet :

_ Et sinon ces vacances ?

_ Tu parles de vacances. Je les ais passées à vendre des pains au chocolat...

_ Pourquoi tu t'infliges ça ? me questionna Julie.

_ Parce-qu'on a pas toutes la chance d'être fille d'ingénieurs.

_ Tu parles d'une chance. Si tu connaissais mes parents, tu ne m'envierais pas du tout, révéla-t-elle.

_ Soit. Enfin, tout ça pour dire qu'il faut bien que je finance mes études et aussi que je paye mon loyer si je ne veux pas donner une bonne raison à mon bailleur qui n'attend que ça de me mettre à la porte.

_ Il t'embête encore ? s'enquit Julie d'un air désolé.

_ Oui. Il refuse toujours de réparer la douche. Ça fait des semaines que je me lave à l'eau froide et je commence à en avoir un peu marre de claquer des dents en sortant de la salle de bain.

_ Quel con celui-là ! trancha-t-elle spontanément.

_ Tu l'as dit ! Je lui mettrais bien mon poing dans la figure si ça ne risquait pas de me rendre SDF, et s'il ne faisait pas deux fois ma taille et au moins 120 kilos...

_ C'est vrai qu'il n'aurait pas volé une bonne correction, affirma Sofia, compatissante avec moi.

_ N'est pas né celui qui la lui donnera si tu veux mon avis, soupirai-je.

_ J'espère que tu as tort.

_ J'aimerais bien.

Un employé de l'université passa devant nous et fendit la foule qui était amassée devant l'entrée de l'amphithéâtre pour venir en ouvrir les portes. Le cours allait bientôt commencer.

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