Chapitre 84 (Maelie)

3.7K 249 13
                                        

Le doyen qui se déplace dans un amphithéâtre pour faire annuler un cours. Une situation ubuesque qui ne me disait rien qui vaille. Je craignais qu'il n'ait pas apprécié de découvrir ce qu'il y avait entre Alex Mavri et moi. D'ailleurs, il l'avait aussitôt convié à le suivre dans son bureau et je ne doutais pas que sa volonté de s'entretenir avec lui si urgemment avait un lien avec nous deux. Pourvu qu'Alex ne perde pas son travail à cause de moi. Je m'en voudrais vraiment de lui causer des soucis.

Bien que je n'aie pas d'autres cours de prévus dans la matinée, je décidai de rester à l'université pour l'attendre et de prendre mon mal en patience en me rendant à la bibliothèque universitaire. Après tout, faire des fiches de cours était un passe-temps comme un autre. C'était sans compter sur Sofia qui s'était lancée à ma poursuite sitôt le cours annulé, bien décidée à m'extorquer quelques détails croustillants sur ma situation amoureuse.

_ Tu aurais quand même pu me dire que tu te tapais le prof de droit pénal, s'exclama-t-elle d'abord, n'y allant pas par quatre chemins.

_ Je ne me le tape pas. Je sors avec lui, la corrigeai-je aussitôt.

_ D'accord, tu sors avec lui mais tu te le tapes aussi, insista Sofia.

_ On couche ensemble oui. Comme c'est le cas de la très grande majorité des couples qui s'aiment. Et si tu veux tout savoir, je prends mon pied ! dis-je dans un élan de sincérité qui eut le don de la déconcerter quelque peu. 

_ C'est vrai ? Il est si bon que ça ? demanda-t-elle, d'un air délicieux.

_ Oh que oui. Le meilleur de tous. Et pourtant tu n'es pas sans savoir que j'en ai vu passer quelques uns des hommes, ajoutai-je avec un enthousiasme évident.

_ Arrête, je vais finir par t'envier.

Elle se plongea dans ses pensées un instant avant de poursuivre :

_ Ce doit être l'expérience. C'est l'avantage d'avoir un mec vieux...

_ Comment ça vieux ! Tu rigoles ? Il a à peine trois ans de plus que moi, la repris-je d'un air indigné.

_ Pas faux, concéda-t-elle, visiblement en pleine réflexion pour trouver une autre explication aux performances sexuelles de haute volée de mon amant.

Elle en conclut finalement :

_ En fait, c'est juste un bon coup, voilà tout. Tu en as de la chance. Toi au moins tu as un mec qui te fait jouir...

En réaction à ce cri du coeur, nous partageâmes un bref éclat de rire. Cette discussion teintée de légèreté me faisait le plus grand bien après les remarques d'un goût douteux que certains m'avaient faites en amphithéâtre un peu plus tôt, quand d'autres, moins courageux, se fendaient de commentaires dénigrants directement sur mes réseaux sociaux, bien cachés derrière des pseudonymes. J'avais beau tout faire pour donner le change du mieux possible, cette situation m'était très pénible à tel point que je me demandais si je parviendrai à la supporter.

Le visage soudain beaucoup plus grave, je décidai de m'en confier à Sofia : 

_ Enfin bon, avec ces satanées photos de nous qui se baladent sur internet, je ne sais pas si on peut dire que j'ai vraiment de la chance...

_ Votre relation dérange parce-qu'elle n'est pas classique, c'est tout. Tu ne dois pas accorder un importance démesurée à ce que les gens pensent.

_ Tu sais qu'il y en a même qui disent que je suis avec lui juste pour avoir de bonnes notes et m'assurer la sélection en Master 2 ? Comment peuvent-ils imaginer une chose pareille ? Je suis une fille sincère, je ne suis pas quelqu'un d'intéressé, déplorai-je.

_ La jalousie fait dire beaucoup de bêtises. Et puis, quand on y pense, pourquoi aurais-tu besoin de faire ça ? Tes notes sont excellentes de toute façon. C'est ridicule. Tu sais ce que je crois ? Que ces gens sont des cons. Ne les écoute pas.

_ J'essaye mais c'est plus difficile que je ne le pensais...

_ Il n'y a qu'une seule question qui vaille vraiment la peine d'être posée, est-ce que tu aimes Mavri ?

_ Bien sûr que je l'aime.

_ C'est tout ce qui compte. Sois heureuse avec lui et, pour le reste, ça finira bien par se tasser.

_ J'aimerais pouvoir te croire. Mais il est actuellement dans le bureau du doyen et je crains que ça n'ait à voir avec toute cette histoire.

_ Tu n'en sais rien. Si ça se trouve, c'est pour un tout autre motif.

_ Je ne veux pas qu'il se fasse virer à cause de moi... dis-je, à deux doigts de fondre en larmes.

Sofia me prit dans ses bras pour me réconforter.

_ Ils ne peuvent pas le virer pour ça. Vous ne faites rien d'interdit. Et puis ne t'en fais pas trop pour lui. Je ne le connais pas très bien mais il m'a l'air d'un type plutôt difficile à impressionner.

Sofia était décidément d'un soutien sans faille et je me sentais privilégiée d'avoir une amie comme elle, à qui je pouvais me fier en toutes circonstances.

Love and Justice Des histoires addictives. Découvrez maintenant