Chapitre 8 (Maelie)

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Le cours de droit international touchait à sa fin et je m'en réjouissais. J'avais trouvé la journée longue, très longue même. Sans doute avais-je un peu perdu le rythme de la vie universitaire. Il me faudrait pourtant le retrouver sans tarder car les mises en garde s'étaient multipliées aujourd'hui. Il nous était grandement conseillé de nous mettre au travail dès à présent. Le responsable pédagogique du Master avait d'ailleurs bien résumé cet état d'esprit : « Vous vous demandez si vous êtes en avance ? Alors dites-vous que vous êtes en retard. »

Je quittai les locaux de l'université et m'engouffrai dans le premier bus que je trouvai. Il était bondé et je dus voyager écrasée contre la vitre, entre un ouvrier à la carrure de rugbyman et un groupe de lycéens qui s'enthousiasmaient devant les vidéos qu'ils regardaient sur leurs téléphones. Arrivée à mon arrêt, je fus contrainte de jouer des coudes à plusieurs reprises pour enfin parvenir à m'extirper de la marée humaine.

La pluie, qui avait été présente toute la journée, redoublait d'intensité et des bourrasques de vent, d'une violence inhabituelle, me chahutait tandis que je marchais péniblement sur le trottoir pour regagner mon domicile.

Je remontai la fermeture éclair de ma veste au maximum et m'armai de mon parapluie ; de biens vaines protections pour affronter cette déferlante. Déjà mouillée de la peau jusqu'aux os, je comptais mètre après mètre avec pour seule pensée que d'aller m'abriter au plus vite. Je m'inquiétais pour l'ordinateur qui se trouvait dans mon sac. Il m'avait coûtée une petite fortune et je ne tenais pas à ce qu'il meurt prématurément, noyé à cause des intempéries.

A ma grande surprise, je vis bientôt un véhicule s'arrêter tout près de moi. Le conducteur, que je peinais à distinguer à travers la buée qui recouvrait la vitre de la voiture, semblait me faire signe de monter. Je m'executai, sans trop réfléchir, trop heureuse d'échapper à la tempête.

Une fois assise à ses côtés et tandis que je tâchais de mettre de l'ordre dans mes cheveux qui collaient à mon front, je lançai à mon bienfaiteur sans toutefois le regarder :

_ Merci beaucoup. Vraiment. J'ai bien cru que j'allais finir par me liquéfier avec toute cette pluie.

Le fait qu'il tarde à répondre m'inquiéta quelque peu. Aussi, je me demandai ce qui m'avait prise de monter dans la voiture d'un inconnu faisant fi de toutes les règles élémentaires de prudence que mes parents n'avaient pourtant pas manqué de me rabâcher maintes et maintes fois. Et si je me trouvais assise à côté d'un psychopathe ? Cette seule pensée suffit à faire poindre en moi la panique.

Je tentai de me rassurer en songeant que ce genre de prédateur était assez rare mais il n'en demeurait pas moins que je goûtais peu à son silence. Fort heureusement, il se décida enfin à parler, me libérant d'un poid certain :

_ De rien. C'est bien naturel. Où dois-je vous conduire ?

Je répondis d'abord sans trop réfléchir, toujours occupée à me battre avec mes cheveux qui étaient dans un tel état que quiconque qui me verrait ainsi jurerait que je venais de sortir d'une séance à la piscine.

_ 11 Rue de Boigne, si ça ne vous dérange pas.

Soudain, j'eus comme un déclic. Je connaissais cette voix. Je l'avais entendue récemment. Très récemment. Aujourd'hui même. Non, ça ne pouvait pas être lui.

Pour en avoir le coeur net, je lançai un regard en direction du conducteur et là je me trouvai stupéfaite de constater que mon intuition était la bonne.

C'était bien lui. Je venais de monter dans la voiture d'Alex Mavri.

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