Chapitre 68 (Alex)

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Je voyais bien que Maelie ne parvenait plus à se satisfaire de ne pouvoir vivre notre amour que dans le secret de nos appartements. Elle en voulait plus. Au fond, je pouvais la comprendre. Moi-même, je ne trouvais pas cette situation tenable à long terme. Aussi, il arriva le moment où elle se décida à m'en parler, à sa manière.

_ Et si nous allions dîner quelque part ce soir ?

Bien que cette idée me plaise autant qu'à elle, je m'efforçai de la rappeler aux règles que nous avions fixées :

_ Tu sais bien qu'on ne peut pas. On ne doit pas prendre le risque de sortir et d'être vus.

Elle croisa ostensiblement les bras et couvrit son visage d'un air de réprimande avant d'ajouter d'une voix qui en disait long sur son agacement :

_ J'en ai plus que marre Alex.

Je n'aimais pas ce genre de réponse qui, d'expérience, annonçait toujours une dispute. Je la questionnai, non sans redouter la suite de cette discussion :

_ Marre de quoi ?

_ De devoir me cacher pour pouvoir t'aimer.

Nous y voilà. La seule faiblesse dont pouvait pâtir notre relation sinon parfaite en tout point. Le seul nuage dans un ciel bleu autrement immaculé. Quoi lui dire ? Je n'en savais trop rien si ce n'était que je devais dire quelque chose. Un peu sur la défensive mais surtout mal à l'aise, je lui lançai, essayant de m'exonérer de toute responsabilité alors qu'en fait je trouvais son attitude totalement légitime :

_ Écoute, tu savais à quoi t'en tenir quand nous avons commencé à nous fréquenter.

_ En effet et j'étais d'accord. Seulement, les choses ont un peu changé, tu ne crois pas ?

Elle ajouta, sans me laisser le temps de lui répondre :

_ Nous deux ça fait un moment maintenant. Je t'aime et il est normal que j'aspire à plus qu'à ces seuls instants que nous partageons dans le huis-clos de nos appartements quand bien même ils me sont très agréables. Bien sûr, j'ai conscience que si quelqu'un à l'université venait à avoir vent de notre relation, notre vie deviendrait certainement très compliquée. D'ailleurs, je ne te demande pas une quelconque officialisation. J'aimerais juste, qu'exceptionnellement, nous sortions dîner en amoureux comme le font tous les couples. C'est vraiment trop te demander ?

Voilà qu'elle me suppliait du regard, ce même regard auquel je ne résistais jamais. Cette fois-ci ne fit d'ailleurs pas exception et je finis par lui dire :

_ C'est d'accord pour le dîner. Mais on ne s'éternise pas.

Ravie, elle se jeta à mon cou pour m'embrasser tendrement avant de me lancer, débordante d'enthousiasme :

_ Merci mon chéri ! Je file me préparer. Je veux me faire belle pour toi.

Elle disparut dans la salle de bain pour n'en ressortir qu'une bonne demi-heure plus tard ; maquillée, coiffée, et vêtue d'une robe bustier qui épousait parfaitement chacune de ses formes et ne manquait pas de me mettre en appétit. Je restai de longues secondes à l'admirer ainsi, immobile et incapable du moindre mot tant je me trouvais saisi par sa beauté.

Après quoi, nous montâmes dans ma voiture et nous prîmes la direction du restaurant. Si je n'étais toujours pas rassuré à l'idée que nous nous affichions en public, craignant que quelqu'un nous surprenne, j'étais aussi très heureux d'offrir à Maelie le tête-à-tête romantique qu'elle méritait. Ainsi, je pourrais enfin lui témoigner mon amour comme il se devait.

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