Chapitre 43 (Alex)

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Plus ça allait et plus mon comportement à l'égard de Maelie était indigne de la fille exceptionnelle qu'elle était. J'avais vraiment dépassé les bornes en m'en prenant à elle. D'ordinaire, je n'avais rien d'un homme défaitiste mais, là, je m'étais montré sous un si mauvais visage que je doutais de pouvoir décrocher son pardon. Ou alors cela signifiait qu'en plus d'être très mignonne et au combien intelligente elle était aussi pourvue d'une immense bonté.

Mon orgueil m'avait-il fait atteindre un point de non-retour ? Je n'en étais pas certain mais je le redoutais fortement.

Si tel était effectivement le cas, je ne pouvais m'en prendre qu'à moi-même. Ne sachant plus quoi faire pour attirer son attention, j'avais finalement fait n'importe quoi et à présent je m'en mordais les doigts. Cela voulait-il dire que je l'avais perdue pour de bon ? Je n'osais l'imaginer et, pour cause, le simple fait de l'envisager m'était proprement intolérable.

Je voulais donc croire que je pouvais encore me rattraper et, surtout, je refusais de baisser les bras. Une fille comme Maelie méritait toute l'obstination du monde et ça tombait bien parce-que j'en avais à revendre.

Bizarrement, le fait que nous soyons fâchés avait eu le don de m'éclaircir les idées. Bien sûr, la situation, en soi, n'avait pas changé et était toujours aussi compliquée si ce n'était plus encore.

J'étais un jeune professeur sur le point de se fiancer avec une fille qu'il n'aimait plus et qui était tombé amoureux de l'une de ses étudiantes dont il ne faisait guère de doute qu'elle le détestait. Sur le papier, j'avais connu des contextes plus favorables. Mais, cela étant, je savais ce qui comptait vraiment à mes yeux désormais. C'était Maelie et rien d'autre, et j'étais bien décidé à tout mettre en oeuvre pour gommer au plus vite l'impression lamentable que je lui avais faite ces derniers jours.

Sauf que pour accomplir ce qui tenait d'un véritable exploit, je n'aurai certainement pas le choix. Je devrai jouer cartes sur table avec elle et peut-être même lui livrer mes sentiments. Ça ne me posait pas de problème. Je m'en sentais prêt. Quant aux conséquences qui pourraient en découler, je préférais tout simplement ne pas y penser car, pour l'heure, je m'apprêtais à utiliser mon va-tout en allant directement sonner à la porte de ma voisine pour qu'enfin nous puissions avoir une discussion franche à même de mettre fin à ce conflit ridicule.

J'étais bien conscient que je m'aventurais dans une entreprise à haut risque et à l'issue incertaine. Mais je ne pouvais pas me laisser ronger par la culpabilité et les remords plus longtemps. Je devais faire quelque chose dès maintenant.

J'avais beau être convaincu du bien-fondé de mon initiative, je n'en menais pas large au moment de me présenter sur le palier de l'appartement de Maelie. En fait, j'angoissais de l'accueil qu'elle allait me réserver. Bien sûr, je ne m'attendais pas à ce qu'il soit très chaleureux mais j'espérais qu'elle ferait au moins l'effort de m'écouter. Cela dit, ça n'avait rien de sûr et je savais que je devrai me montrer particulièrement persuasif pour parvenir à mes fins de réconciliation.

Je pris une longue inspiration et m'armai de tout mon courage pour enfin me décider à presser le bouton de la sonnette. Les quelques secondes qui s'écoulèrent ensuite me parurent interminables. Je les passai parfaitement immobile, en sueur et avec le palpitant à son paroxysme tant mon émotion était forte. Ce fut alors que je me rendis compte de la folie que j'étais en train de faire. A tel point que, l'espace d'un instant, je pensai même renoncer et filer me réfugier chez moi. Mais je n'en eus pas le temps car, bientôt, je vis la poignée s'abaisser et la porte s'ouvrir.

Je n'avais plus le choix et je m'apprêtais à faire un grand saut dans l'inconnu.

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