Elle m'avait poussé à bout et j'avais fini par céder. Assailli par ses questions, car en fait ce dîner avait davantage des allures d'interrogatoire, je m'étais laissé aller à une nouvelle effusion de sentiments et je lui avais livré plus ou moins tout ce que j'avais sur le coeur. Il en était définitivement fini de ma crédibilité quand je lui racontais vouloir garder mes distances.
De toute façon, je devais me rendre à l'évidence. J'étais dans l'incapacité de me passer de Maelie. Cette soirée l'illustrait parfaitement. Certes, c'était elle qui avait tout fait pour provoquer notre rencontre dans ce bar puis pour m'inviter chez elle mais je n'avais pas non plus opposé beaucoup de résistance pour l'en empêcher. Pire, elle semblait avoir interprété cet hommage que je venais de lui rendre comme un appel du pied, la poussant à se montrer plus insistante encore.
_ Personne ne m'a jamais rien dit d'aussi gentil. Ça me touche. Il va falloir que je vous remercie comme il se doit pour ces belles paroles, s'exclama-t-elle en me lançant un regard sans équivoque quant à la manière dont elle comptait me témoigner sa gratitude.
Les événements prenaient une tournure inquiétante. Si je voulais entretenir l'espoir de sortir de cet appartement avec la conscience tranquille, il fallait que je parte sans traîner. Je me mettais donc en quête d'une bonne excuse qui puisse me permettre de déguerpir pendant qu'il était encore temps. Pas vraiment inspiré, j'invoquai finalement une raison qui n'avait rien d'original :
_ Bon, je vais y aller. Ce n'est pas tout mais j'ai des copies à corriger.
_ Vraiment ? Nous ne sommes pourtant pas en période d'examen.
Évidemment, ma justification était totalement absurde et Maelie n'avait pas manqué de le remarquer.
Je tentai de sauver les apparences et m'inventai un plan B tout en sachant indubitablement qu'il n'était guère plus convaincant que le plan A :
_ Et je me lève tôt demain matin.
_ Ah bon, me lança-t-elle, amusée et sans doute parfaitement consciente que je me payais sa tête une nouvelle fois.
_ Absolument. Il se trouve que je vais au sport de bonne heure. Il faut bien que je m'entretienne.
_ Je comprends mieux pourquoi vous êtes si bien bâti, me répondit-elle en me détaillant d'un regard très intéressé.
Je tâchai d'ignorer cette avance à peine dissimulée et je m'empressai d'amorcer ma fuite.
_ Il est donc préférable que je ne tarde pas. Merci beaucoup pour le repas, c'était un véritable régal.
A cet instant, je sentis la pointe de son pied venir caresser ma jambe sous la table. Les choses allaient beaucoup trop loin et, plus que jamais, je craignais de perdre le contrôle. Traversé d'un vent de panique, je bondis littéralement de ma chaise pour aussitôt me ruer vers l'entrée de l'appartement. Maelie m'emboita le pas pour finalement me rattraper et venir se planter devant la porte. De là, elle se pressa contre moi et vint s'agripper à ma chemise. Puis, elle s'approcha encore, à tel point que nos fronts n'étaient plus séparés que par quelques centimètres. Alors, elle me susurra :
_Vous êtes sûr de vouloir partir ? Non parce-que je n'ai aucune envie de rester seule ce soir...
Un peu sous le choc de ce qui était en train de se passer, je ne répondis pas. Sans aucunement s'en émouvoir, Maelie entreprit de déboutonner doucement ma chemise jusqu'à finir par l'ouvrir complètement. Après quoi, elle fit courir ses doigts le long de mon torse puis de mon ventre...
Je ne devais pas la laisser continuer. Je devais faire quelque chose pour mettre un terme à ce numéro de charme. N'importe quoi mais quelque chose. Seulement, je ne pouvais pas. J'étais dévoré par ce désir qu'elle m'inspirait et qui se faisait, chaque seconde, plus tenace. La tentation était trop grande. Il suffisait d'un rien pour que j'y succombe.
Maelie voulut défaire la ceinture de mon pantalon. Je puisai tout au fond de moi des ressources insoupçonnées pour attraper sa main, comme un moyen de la retenir. Elle plongea ses yeux dans les miens, peut-être pour juger de ma détermination à la repousser. J'esquivai son regard et entreprit de la contourner pour espérer sortir. Mais elle ne me laissa pas faire. A croire qu'elle avait décidé de garder la porte comme si sa vie en dépendait. Elle était à nouveau toute proche. Ne sachant plus quoi faire pour éviter l'inévitable, je la questionnai avec une inquiétude palpable :
_ Vous jouez à quoi au juste ? Rassurez-moi, vous n'allez quand même pas me séquestrer ?
Elle esquissa un sourire avant de me répondre :
_ Seulement si vous ne me laissez pas le choix. Mais je crois pouvoir vous convaincre sans avoir à en arriver là.
_ Vous vous méprenez. Je dois absolument partir et rien de ce que vous ferez n'y changera quelque chose, lui assurai-je encore.
_ Même ça ?
Elle commença par retirer son haut puis fit déscendre doucement sa jupe le long de ses jambes.
_ Qu'est-ce que vous faites ? m'enquis-je, sur le point de fondre.
_ Je me mets un petit peu à l'aise. Il fait chaud ici, vous ne trouvez pas ?
Enfin, elle s'allégea de ses sous-vêtements pour se trouver complètement nue face à moi, me laissant stupéfait mais surtout subjugué par sa beauté dont je comprenais qu'elle serait fatale à ma résolution de me tenir loin d'elle.
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Love and Justice
RomansaQue seriez-vous prêt à sacrifier par amour ? Votre travail ? Votre ambition ? Votre honneur ? Vos fiançailles ? Votre famille ? Et a-t-on le droit d'aimer n'importe qui ? Jusqu'où Alex Mavri, jeune professeur en droit privé et spécialiste du droit...
