11.

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Un homme dangereux et détestable, voici ce qu'était réellement Cyriac Kreïyos se dit Hilda en rangeant son jeu d'échecs. Elle avait bien essayé de se concentrer mais c'était impossible avec toutes les pensées qui défilaient dans sa tête et troublait son esprit.

Pourquoi était-il venu ? S'était-il inquiété pour elle ? Bien sûr que non. Il s'inquiétait de la renommée de son établissement. Tout comme madame Sienna n'osait pas avouer son échec uniquement pour les apparences. Tout le monde se souciait de la réputation du centre ou de leur propre réputation. Ils se moquaient bien de son état de santé à elle. Elle n'avait jamais été importante pour personne. Ni avant, ni maintenant, ni jamais. Elle soupira et ramena ses jambes vers son torse qu'elle entoura de ses bras.

— Pourquoi est-ce que je m'accroche à la vie ? Se demanda t-elle.

Elle n'avait pas de raison de vivre. Et son espoir de guérison s'éteignait peu à peu.  Elle n'arrivait même pas à supporter la présence d'un homme combien de temps lui faudrait t-elle encore pour vaincre ce traumatisme ? Elle était fatiguée de luter. Mourir était peut-être la solution. Elle contenterait tout le monde ; Mme Sienna ne serait plus obligée de s'occuper d'elle, Tara ne se déplacerait plus pour la voir, sa mère ne se sentirait plus obligée de lui écrire des lettres et la réputation du centre serait sauve, ainsi que celle du milliardaire. En effet, sa mort réglerait définitivement le problème.

— Vous attendez quelque chose de meilleur de la vie, déclara une voix gutturale. Vous aspirez au bonheur et vous avez envie de le découvrir.

Hilda suffoqua lorsque Cyriac Kreïyos pénétra définitivement dans la chambre. Elle ne sût dire ce qui la troubla le plus. Qu'il soit dans sa chambre sans s'y être fait inviter ou qu'il ait écouté sa question. Les deux sans doute. Il déposa sur la table son inhalateur et remit ses mains dans ses poches. Son attitude était étrange pourtant son expression était impassible. Impossible de deviner ses intentions.

— Je vous le rend, avança t-il. Inutile de vous torturer davantage vous avez bien assez souffert.

Hilda déglutit péniblement. Que savait t-il de la souffrance qu'elle avait enduré ? Et alors qu'elle ne bougeait toujours pas de son siège, elle vit une lueur de tristesse traverser son regard et son cœur se serra.

Il savait !

Et il avait pitié d'elle ! C'était la raison pour laquelle il lui rendait son inhalateur. La jeune femme sentit une boule se former dans son ventre et la nausée la gagna. Elle s'empressa de saisir son inhalateur et insuffla l'air qui y était contenue. La conversation qu'il avait eut plus tôt lui revint à l'esprit. Elle plongea ses yeux aux cernes creuser dans les siens.

— Vous savez tout ? Lui demanda t-elle d'une voix tremblante.

Il grimaça et se détourna. Ce fût suffisant comme réponse à Hilda. Il maintenait une distance plus considérable que celle qu'il s'était imposé depuis son arrivée. Et elle était sûre qu'il l'aurait touché s'il ne savait pas la vérité.

— Je n'ai pas besoin de votre pitié ! S'écria t-elle en déposant l'inhalateur sur la table.

Elle préférait encore le Cyriac Kreïyos froid et intransigeant qui la traitait comme une personne plutôt que comme une petite chose fragile.

— Je n'éprouve pas de la pitié pour vous, grogna gentiment le milliardaire. Si je vous ai remis votre inhalateur c'est pour autre chose.

Une chose qui risquait de lui couper le souffle. Il lui fit face à nouveau et fourra ses mains dans ses poches. Il admira les rayons de soleil éblouir son visage pâle. Ses petites lèvres charnues étaient sèches, elle était recroquevillée sur sa chaise comme un petit animal apeuré. Ses cheveux bruns tombants sur ses épaules et encadrant son visage en cœur.  Ses habits trop grands pour elle lui conféraient une apparence de poupée de chiffon. Et ses yeux gris perçant le transperçaient jusqu'à l'âme.

Une si troublante proposition.Où les histoires vivent. Découvrez maintenant