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Si elle ne l'avait pas reconnu tout de suite en ouvrant les yeux, elle aurait sans aucun doute bondit sur ses pieds , songea Hilda.

Le milliardaire était penché au dessus d'elle et la contemplait avec une telle concentration...

— Pourquoi me regardes-tu ainsi ? L'interrogea t-elle.

Elle cligna des yeux pour s'adapter à la lumière qui baignait la pièce.

— Épouses moi.

La déclaration inattendue la laissa sans voix. La brume de fatigue dans laquelle est flottait encore s'évapora.

— Pardon ? S'enquit t-elle incrédule.

L'homme s'écarta et se passa une main nerveuse dans ses cheveux en bataille. Il avait l'air embarrassé. C'était la première fois qu'elle le voyait dans un tel état de nervosité.

— Je te demande de m'épouser, répéta t-il. Deviens ma femme.

L'épouser ? Sa femme ?

Les mots résonnaient de manière superflue dans sa tête. La veille encore il lui donnait toutes les raisons du monde de ne pas s'attacher à lui, et de ne rien attendre de lui sur le plan émotionnel. Elle avait du mal à comprendre.

— Dis quelques chose, lui ordonna la voix tendue du grec.

Elle remarqua que son regard s'était fait plus obscure et que toute trace d'appréhension l'avait déserté. Elle lisait de l'impatience dans ses pupilles sombres et ombrées de cils épais.

— Je... j'avoue ne pas comprendre, bafouilla t-elle. Hier tu disais que tu n'étais pas fait pour moi, que je ferais mieux de m'en aller et que le bébé...

Elle n'acheva pas sa phrase. Elle avait compris ! C'était pourtant évident.

— Tu fais ça pour le bébé, indiqua t-elle livide.

L'homme ne répondit pas. Ce n'était sans aucun doute pas nécessaire. Elle aurait volontiers accueilli l'une de ses nausées matinales afin de le fuir et de s'enfermer dans la salle de bain et se laisser aller aux larmes. Sauf que ce matin, ses malaises semblaient lui avoir accordé quelques heures de répit.

— Non, je ne t'épouserai pas.

Elle quitta le lit et eut le réflexe de dégager sa main avant qu'il ne la touche. Pourquoi ne pouvait-il pas l'aimer ? Elle avait pourtant tout essayé.

— Tu refuses ? S'étonna t-il. Tu n'as pas envie ?

Bien sûr qu'elle en mourrait d'envie. Mais lui le désirait t-il vraiment ? Elle ne voulait pas qu'il l'épouse pour le bébé. Ce qu'elle voulait c'était qu'il l'épouse pour elle, parce qu'il la voulait elle et parce qu'il l'aimait.

— Le mariage n'est pas la solution à notre situation.

L'homme bondit à son tour sur ses pieds et elle se sentit moins à l'abris tout as coup. Il n'avait que quelques pas à faire pour la rejoindre. Elle croisa les bras contre sa poitrine comme si ce simple geste pouvait faire office de barrière.

— Tu as raison, convint-il en faisant un pas dans sa direction. C'est l'unique solution, corrigea t-il.

Elle sentit un doux frisson la parcourir au regard qu'il fit courir sur son corps.

Elle n'était pourtant pas plus présentable que lui. Avec sa nuisette légère et rendu transparente par les rayons de soleil, sa chevelure en bataille et ses cernes. Elle n'arrivait pas à croire qu'il puisse la désiré.

Mais était-ce vraiment une surprise ? Lui-même simplement vêtu d'un bas, le visage encore marqué par les derniers vestiges du sommeil était séduisant. Elle avait très envie de glisser ses doigts sur son torse tout en muscle et sentir sa peau velouté sous ses doigts. Á cette pensée, ses tétons se durcirent.

Une si troublante proposition.Où les histoires vivent. Découvrez maintenant