29.

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Hilda comprit qu'elle était effectivement pris au piège lorsque la partie prit fin et que le grec gagna la partie haut la main. Elle n'avait jamais aussi mal joué de sa vie, même pas quand elle était apprentis ! Elle déglutit péniblement et regarda le jeu comme s'il y avait une issue, mais c'était bel et bien un échec total.

L'homme se redressa et elle le suivi du regard. Il se dirigea vers le mini-bar et se versa une rasade de bourbon. Quand à elle il lui servi un verre d'eau qu'il pris d'une carafe en cristal posé sur le comptoir.

Il revint vers elle et lui donna le verre, elle le remercia et but une longue gorgée.

L'atmosphère était tendue et elle ignorait pourquoi. Et ce mystère lui nouait l'estomac. Il ne la quittait plus des yeux, même à travers son verre. Il but le contenu d'un trait et le posa sur la table.

— Vous avez perdu, souffla t-il en prenant une pièce du jeu qu'il fit jouer entre ses doigts.

Elle acquiesça. Pourquoi le lui rappelait t-il ? Quelque chose lui disait que c'était pour lui signifier ce que cette défaite impliquait. Elle lui devait une faveur à laquelle elle n'avait pas le droit de refuser.

Elle frisonna et son verre trembla dans sa main. C'était donc ça ! Soudain sa poitrine se comprima. Qu'avait-il l'intention de lui demander ? Elle tenta de se souvenir du prochain défi après celui de porter des vêtements d'autres couleurs. Mais son esprit était déjà bien trop troublé par ses craintes que rien ne lui revint.

— Et si nous allions au bord de la piscine ? Lui proposa t-il.

Hilda l'observa sur ses gardes tout en acceptant sa proposition. Un peu d'air frais lui ferait sans aucun doute du bien. Il prit son verre et le déposa sur la table de billard. Elle le suivit en silence et c'est là qu'elle eut un déclic.

— Vous avez une piscine ? Lui demanda t-elle en rompant le silence.

Le milliardaire opina, et un sourire se dessina sur ses lèvres.

— Vous étiez très secoué pour me poser cette question trois minutes après que je l'ai suggéré, fit-il.

Il avait raison.

— Nous n'allons pas à la piscine, ajouta t-il. Mais dans la serre.

Effectivement, il avait emprunté le chemin qui y menait. Dehors l'air était glacier. Mais sa chaleur interne était suffisant pour la réchauffer.

Dans la serre, il s'y mêlaient chaleur et fraîcheur et les parfums des fleurs emplissaient l'air.

— Comment vous sentez vous ? Lui demanda Cyriac en caressant les pétales de jonquilles.

— Très bien, répondit-elle.

— Mieux qu'à votre réveil ou avant de vous coucher ?

Elle se figea.

— Je sais que quelque chose vous a ébranlé émotionnellement, avança l'homme. Suis-je allé trop vite en vous demandant de porter cette robe ?

Elle secoua la tête, ce n'était pas une réponse à sa question. Mais plutôt une sorte de signal pour lui dire qu'elle ne souhaitait pas en parler.

— Alors il s'agit de la liste que j'ai dressé pour vous ? Quelque chose ne vous plaît pas.

Elle fit non encore une fois. Comment lui dire que c'était juste un rêve qui l'avait mise dans cet état ? Il penserai qu'elle n'est pas prête. Hors elle avait besoin qu'il agisse comme si elle était normal, qui la traite normalement, sans traitement de faveur et surtout qui ne la voit pas comme une femme brisé et fragile qu'il faut traiter avec soin et beaucoup de précaution.

Une si troublante proposition.Où les histoires vivent. Découvrez maintenant